Le rebelle

Le rebelle de Régis Trobriand

Soirées Canadiennes

Tiré des colonnes du Courrier des États-Unis, l’histoire du Rebelle n’est pas celle d’un individu en particulier. C’est celle de mille jeunes hommes, les Patriotes, au cœur haut placé, qui virent leur carrière interrompue, leur avenir à jamais brisé par un de ces accidents populaires dans lesquels ils jouèrent leur existence pour des persuasions chères et intimes.
Les descriptions, quoique fortement colorées, sont encore au-dessous de la vérité, comme pourraient l’attester au besoin les récits mêmes des vainqueurs.

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En voici un extrait :

Une effigie au gouverneur

En ce moment une rumeur sourde d’abord, puis une immense acclamation éclata dans la foule. Des vociférations ardentes, des huées, des applaudissements sans fin tourbillonnaient bruyamment sans qu’on distinguât d’abord le sujet de ce grand tumulte.

Mais bientôt tous les regards, tous les gestes se dirigèrent vers la partie la plus élevée d’une maison située à l’extrémité du village, et le nom du lord Gosford passa aussitôt de bouche en bouche.

La maison qui fixait à un si haut degré l’attention universelle, était surmontée d’un toit de fer-blanc, dont l’inclinaison bilatérale terminait la façade en forme de pignon. Au-dessous du point culminant de cette toiture blanche dont l’éclat fatigant donne une physionomie si particulière aux villes du pays, s’ouvrait une fenêtre surmontée d’une barre de fer saillante.

C’était à ce gibet, qu’au bout d’une corde à nœud coulant, se balançait d’une façon à la fois burlesque et sinistre, l’effigie du gouverneur général des Canadas pour sa majesté la reine d’Angleterre.

Cette lugubre parodie d’une exécution publique eut un effet direct sur les masses, comme tous les actes qui ouvrent brusquement les digues aux passions populaires. Le peuple, en effet, toujours impatient du joug, obéit en rongeant son frein à l’empire des lois établies, mais aussitôt qu’une commotion quelconque vient en ébranler la puissance, sa haine du pouvoir éclate en actes violents et en réactions terribles.

Comme toutes les forces matérielles qui demeurent inertes alors que leur manque un principe moteur ou un concours de circonstances favorables à leur développement, la force brutale des masses ne se fait sentir que mue par un principe intellectuel.

Toutes les sociétés humaines ont tourné sur ce pivot, et les révolutions même les plus sanglantes ont toujours été le résultat d’un grand mouvement moral. Que l’esprit humain marche dans une perfectibilité désirable ou qu’il tourne sans fin dans un cercle vicieux, toujours est-il qu’il subit continuellement de nouvelles transformations et se reproduit sous diverses formes.

Aussi, lorsque l’état politique ou social n’est plus en rapport avec ce mouvement continu, devient-il nécessaire de le changer. Voilà l’ordre providentiel que ne peuvent arrêter ni la tyrannie des armées, ni les digues croulantes des traditions d’un autre âge.

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Forestiers et Voyageurs

Forestiers et Voyageurs

Soirées Canadiennes

Peu de populations présentent, dans leurs caractères typiques, plus d’intérêt que la population française des bords du Saint-Laurent.

Parmi les types qui se sont ainsi développés, celui du Forestier, à cause même du caractère de nos grands bois canadiens, est nécessairement un des plus curieux à étudier. Mais il en est un autre plus curieux encore, parce qu’il semble résumer tous les autres, c’est celui du Voyageur.

Voyageur, dans le sens canadien du mot, ne veut pas dire simplement un homme qui a voyagé. Il ne veut même pas dire toujours un homme qui a vu beaucoup de pays. Ce nom, dans notre vocabulaire, comporte une idée complexe.

Le voyageur canadien est un homme au tempérament aventureux, propre à tout, capable d’être, tantôt, successivement ou tout à la fois, découvreur, interprète, bûcheron, colon, chasseur, pêcheur, marin, guerrier. Il possède toutes ces qualités, en puissance, alors même qu’il n’a pas encore eu l’occasion de les exercer toutes.

Selon les besoins et les exigences des temps et des lieux, il peut confectionner une barque et la conduire au milieu des orages du Golfe, faire un canot d’écorce et le diriger à travers les rapides des rivières, lacer une paire de raquettes et parcourir dix lieues dans sa journée, porté par elles sur les neiges profondes.

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Voici un extrait :

La montée aux chantiers

Il y a de cela déjà longtemps, les fêtes étaient passées. L’Église avait redit ses Noëls si beaux et si touchants. Les jeunes gens de la paroisse avaient, au jour de l’an, fait la quête des pauvres par les maisons, en chantant La Guignolée que j’entendis alors probablement pour la dernière fois.

Les souhaits de bonne année étaient terminés. La besogne ne m’accablait pas, je résolus d’aller visiter les chantiers à bois d’une de nos grandes rivières du bas du fleuve.

Je me joignis donc à des conducteurs de voitures, chargés d’aller porter des approvisionnements à l’un de ces établissements.

Notre petite caravane se composait d’une vingtaine de traîneaux, portant des balles de foin pressé, des barils de lard, de farine, de mélasse, de poissons, de sacs d’avoine, du sucre, du thé et d’autres articles de consommation qu’on expédie, pendant tout l’hiver, pour les hommes et les chevaux employés dans cette industrie.

Le départ avait lieu dans l’après-midi. Nous allions coucher dans les dernières concessions de la paroisse, sur les confins de la forêt, afin de pouvoir arriver, dans la journée du lendemain, au but de notre destination.

Plusieurs jeunes gens des chantiers, qui n’avaient pas voulu passer les fêtes dans les bois, devaient nous rejoindre de grand matin, pour faire route avec nous et charmer ainsi les heures et les fatigues du voyage.

Nous nous distribuâmes dans les maisons voisines de l’entrée du chemin des bois, nous arrangeant de notre mieux pour passer la nuit sans trop gêner nos hôtes, dont l’hospitalité était telle qu’on se fût volontiers privé de tout pour ajouter à notre bien-être.

À l’heure convenue du lendemain, nous vîmes arriver nos jeunes compagnons de route. Ils venaient piquant au plus court, à travers la neige des champs, montés sur leurs raquettes. Ils chantaient, sur un air aussi dégagé que leur allure de voltige, le gai refrain des bûcherons canadiens :

« Voici l’hiver arrivé,
Les rivières sont gelées,
C’est le temps d’aller au bois
Manger du lard et des pois !
Dans les chantiers nous hivernerons !
Dans les chantiers nous hivernerons ! »

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Les Anciens Canadiens

Les Anciens Canadiens

par Philippe Aubert de Gaspée pour les Soirées Canadiennes.

 

Êtes-vous curieux de voir comment cela se passait à cette époque, en Nouvelle-France ?

Rencontrez des personnages attachants et vivez leurs périodes heureuses et d’autres plus malheureuses. Vous en ressortirez enrichis.

 

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PROLOGUE

M. Philippe Aubert de Gaspé, l’auteur de ce très beau roman, est né à Québec le 30 octobre 1786 et mort au même endroit le 29 janvier 1871. Il a été le dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli.

Notre premier romancier québécois a écrit notre premier roman québécois : Les Anciens Canadiens, que je vous présente ici.

Cette oeuvre a eu beaucoup de succès puisque l’on compte une trentaine de retirages. Elle fut traduite en anglais, en espagnol et fut portée à la scène.

M. de Gaspé a eu un de ses fils qui a porté le même nom que lui, Philippe-Ignace-François Aubert de Gaspé, et qui est né en 1814. Il a été journaliste à The Quebec Mercury et Le Canadien. Il est l’auteur du premier roman canadien français publié au Canada : L’influence d’un livre publié en 1837 dans le journal Le Populaire. Il meurt à Halifax en 1841 à l’âge de 26 ans.

Je ne vous présente ici que le roman complet de Philippe Aubert de Gaspé (père), le dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli. Je n’ai pas inclus les 100 pages supplémentaires de notes à propos des différents chapitres.

M. de Gaspé a fait ses études au petit Séminaire de Québec de 1798 à 1806. Il devient avocat en 1811. Il était un grand conteur. Il a exercé plusieurs métiers, dont avocat, lieutenant de milice et shérif. Il a dû faire de la prison, trahi par ses amis, pour un manque de fonds.

Le seigneur de Saint-Jean-Port-Joli a donc connu des moments difficiles avant de pouvoir retourner s’installer dans son manoir.

Vous allez d’abord trouver ce qui a amené M. de Gaspé à écrire un roman à l’âge de 76 ans. Un récit intéressant qui nous permet de mieux comprendre l’homme, son caractère et les moeurs de cette époque.

Vous allez revivre certains épisodes de la conquête de la Nouvelle Angleterre sur la Nouvelle France, qui avait eu lieu quelque trente ans avant sa naissance, donc toujours présente dans l’esprit de ces Anciens Canadiens.

Note à propos de la couverture : Gravure du Château Saint-Louis à Québec (1620-1834) et les habitants de la Nouvelle France en 1780.

INTRODUCTION

Ce chapitre peut, sans inconvénient, servir, en partie, de préface ; car je n’ai nullement l’intention de composer un ouvrage secundum artem ; encore moins de me poser en auteur classique.

Ceux qui me connaissent seront, sans doute, surpris de me voir commencer le métier d’auteur à 76 ans. Je leur dois une explication. Quoique fatigué de toujours lire, à mon âge, sans grand profit, ni pour moi, ni pour autrui, je n’osais cependant passer le Rubicon ; un incident assez trivial m’a décidé.

Un de mes amis, homme de beaucoup d’esprit, que je rencontrai, l’année dernière, dans la rue Saint-Louis de cette bonne ville de Québec, me saisit la main d’un air empressé, en me disant :

– Heureux de vous voir. J’ai conversé ce matin avec onze personnes. Eh bien ! mon cher, tous des êtres insignifiants ! Pas une idée dans la caboche !

Et il me secouait le bras à me le disloquer.

– Savez-vous, lui dis-je, que vous me rendez tout fier, car je vois, à votre accueil chaleureux, que je suis l’exception, l’homme que vous attendiez pour…

– Eh oui ! mon cher, fit-il sans me permettre d’achever ma phrase, ce sont les seules paroles spirituelles que j’aie entendues ce matin.

Et il traversa la rue pour parler à un client qui se rendait à la cour : son douzième imbécile, sans doute.

Diable ! pensais-je, il parait que les hommes d’esprit ne sont pas difficiles, si c’est de l’esprit que je viens de faire. J’en ai alors une bonne provision, je ne m’en étais pourtant jamais douté.

Tout fier de cette découverte, et me disant à moi-même que j’avais plus d’esprit que les onze imbéciles dont m’avait parlé mon ami, je vole chez mon libraire, j’achète une rame de papier foolscap, c’est-à-dire, peut-être, papier-bonnet ou tête de fou, comme il plaira au traducteur. Et je me mets à l’oeuvre.

 

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La route vers l’OR de la Californie

La route vers l’OR de la Californie
Soirées Canadiennes

La ruée vers l’or de la Californie a amené plusieurs Canadiens et autres à s’y rendre. Quel voyage et quelles miséres attendent ces personnages cherchant une vie de rêve pour eux et leur famille.

Illusion et réalité se côtoient dans des histoires réelles de cette vie de voyageurs et de chercheurs d’or.

M. de Boucherville a une façon toute spéciale de raconter ces histoires, incluant les moeurs des gens ainsi que les sensations que vous ressentirez aussi.

Vous en serez aussi captivés que nous, assurément !

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Un extrait :

Second départ

Notre navire habillé de toutes ses voiles, le pavillon au grand mât, annonçait enfin le départ. Cinq nouveaux passagers, au nombre desquels se trouvait une femme du Chili, prenaient place à bord, pour la Californie.

Trois d’entre eux venaient de faire naufrage, dans le détroit de Magellan, d’où ils étaient revenus presque miraculeusement, sur une barque de quelques tonneaux.

Les matelots au cabestan chantaient en choeur, et l’ancre, obéissant aux efforts cadencés, rendait au Francis Depau la liberté qu’il avait perdue depuis cinq jours. Quatre embarcations montées par quelques chiliens nous remorquaient en dehors de la baie, le 24 du mois d’avril 1850.

Le navire remis de sa course périlleuse autour du Cap Horn, reprenaient encore une fois la mer pour près de deux longs mois. Les passagers, plus habitués â la vie du bord et rassérénés par les quelques jours de répit pris à Valparaiso, recommençaient, en entrant sous les tropiques dans l’océan Pacifique, les jeux et les amusements inventés sur l’Atlantique.

Les embarcations nous avaient laissés et la brise de terre faisant place à celle de la haute mer, le navire disparaissait peu à peu de la côte, emportant le souvenir de cette belle terre du Chili et de cette belle race espagnole, la première des nations européennes qui aient colonisé l’Amérique.

La joie et l’abondance régnaient à bord, de nouvelles provisions avaient été achetées et mises à notre disposition. D’immenses quantités de raisins, de noix, d’ananas et autres fruits ne contribuèrent pas peu à nous rappeler le beau pays qui nous les avait donnés.

Pendant près d’un mois les tables de nos cabines furent couvertes de ces fruits délicieux qui servaient d’enjeu à nos joueurs de cartes, durant les belles soirées tropicales.

La brise du Sud-Est, régulière et soutenue, donnait à la mer peu d’agitation et notre navire, presque droit sur sa quille, filait de dix à douze noeuds.

Nous jouissions d’une chaleur modérée par une brise continuelle, et nous étions comparativement à l’aise à bord de notre bâtiment. Notre estimable missionnaire, toujours prêt à se rendre aux désirs de ses compagnons de voyage, vit, avec bonheur, les Canadiens remplir le pieux et saint devoir pascal dans la petite chapelle improvisée tous les matins.

Bien loin du Pays, en pleine mer, les coeurs se trouvaient heureux de recevoir, au-dessus d’un abîme profond, le Créateur de cet immense océan. Le souvenir de ces heures de bonheur ne s’effacera jamais de la mémoire de M. Cénas, ni de celles des passagers canadiens du Francis Depau.

Notre aimable missionnaire offrait au Dieu tout-puissant le St. Sacrifice de la messe, dans sa cabine qu’il avait disposée en petite chapelle; deux ou trois catholiques, à la fois, étaient admis, chaque matin, à recevoir le Dieu de miséricorde.

Malheureusement, ce bonheur allait bientôt finir. Car le navire devait reprendre une course agitée par une mer en fureur, soulevée par les vents variables du nord et de l’ouest.

Depuis notre départ de Valparaiso, nous avions toujours eu en vue une barque américaine en destination de San Francisco. Nous perdîmes de vue ce compagnon de notre course à la hauteur des îles St. Félix, auprès desquelles nous passâmes, de manière à pouvoir en distinguer la belle et riche végétation.

Non loin de ces îles et à quelques milles de notre bâtiment, se jouaient dans les eaux de la mer une nombreuse troupe de baleines. Ces énormes cétacés plongeaient puis, sortant hors de l’eau, lançaient à une grande hauteur des colonnes d’eau vaporisée, de manière à nous représenter de loin le spectacle d’une petite flotte à la voile.

Le bruit de la puissante respiration de ces énormes créatures de la mer arrivait à nos oreilles, comme le bruit d’un rapide, à la veille d’un orage par un temps calme.

Durant une nuit extrêmement chaude, nous étions entre la ligne et le tropique du sud, je m’étais levé et je montais sur la dunette, pour y respirer un peu d’air frais et admirer la beauté du ciel, lorsque le matelot, à la roue me fit signe d’arriver jusqu’à lui, en même temps, il me montrait une énorme baleine dormant paisiblement à côté du navire.

Tout était silencieux à bord et le bâtiment n’avançait qu’avec peine, je m’approchai du sabord et je vis ce monstre de la mer, le dos entièrement sorti hors de l’eau et dans toute sa longueur, presque touchant aux flancs du navire.

Quelques instants après, la baleine disparaissait sous l’eau pour reparaître un peu plus loin, en soufflant violemment une quantité de cette vapeur que l’animal rejette par ses évents.

La chaleur, chaque jour, devenait de plus en plus accablante, le pont était brûlant, la brise de la mer ne suffisait pas à rafraîchir l’atmosphère. Il fallait recourir aux bains, le matin et le soir. Nous prenions ces bains à l’avant du navire sous le buste du père Depau, lequel fut ainsi témoin d’un accident qui heureusement n’eût pas de suite.

Il était huit heures du soir, la brise de neuf heures allait fraîchir et faire avancer le navire avec rapidité, la lune éclairait le sillon tracé par le bâtiment. Lorsque tout d’un coup un appel se fit entendre et on vit, au milieu du sillage du navire, un de nos compagnons qui luttait pour se tenir à flot.

Le cri pénible de « un homme à la mer ! » fut aussitôt répété de bouche en bouche. Le navire fut mis en panne, les chaloupes détachées et des cables jetés au malheureux qui se débattait péniblement et nageait vers nous avec des efforts inouïs.

Grâce à sa vigueur et grâce à la clarté de la lune qui lui laissait voir les objets qu’on lui avait lancés du bord, ce jeune homme réussit à saisir un bout de câble, au moyen duquel il fut retiré sur le bâtiment.

Mais le misérable ne crut pas devoir remercier la Providence, qui venait de le faire échapper à la dent cruelle des terribles requins. Ses blasphèmes nous firent frémir d’horreur, et nous témoignèrent des tristes défauts de son éducation religieuse. Il était américain.

Nous étions alors, à la latitude 6® 57″ nord et longitude 116® 6″ le 25 de mai 1850. Pendant la journée, le second lieutenant avait été sur le point de pêcher un énorme requin, à l’arrière du navire et près du gouvernail.

C’est surtout dans ces latitudes chaudes que ces brigands des mers paraissent à la surface de l’eau, par des temps calmes et à la veille d’orage. À leur apparition qui se fait connaitre d’assez loin, quelquefois, par la projection hors de l’eau d’une longue nageoire dorsale qu’ils roidissent ou couchent à volonté, les marins qui osent prendre un bain à la mer remontent dans les chaloupes et sont bientôt à bord.

 

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Les Missions Mikmaques

Les Missions Mikmaques    

Les Micmacs font partie des peuples algonguins. Ils sont arrivés il y a plus de 10 000 ans par le détroit de Béring, bien avant les Vikings puis les Européens.

Ils se sont installés dans la péninsule de la Gaspésie puis conquirent la Nouvelle-Écosse, l’île du Prince-Édouard, une partie du Nouveau-Brunswick et l’île de Terre-Neuve.

Le missionnaire Pierre Maillard arriva en 1735 à l’île Royale, où il fut accueilli par les Récollets. Il reprit, dans sa mission de l’île du Cap Breton, l’écriture catéchétique pour les Mikmaques et l’enrichit considérablement.

Retrouvez ce qu’il raconte sur cette nation Mikmaque, comprenant les horreurs commises mais aussi leur foi.

 

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Un extrait :

 

Que mangiez-vous ?

C’est ainsi, mon Père, que s’exécutait et se faisait tout ce que je te raconte maintenant. On allumait avec ce feu un gros tas de bois que l’on avait exprès ramassé et amoncelé.

On en tirait le plus de brasier que l’on pouvait, sur lequel on mettait rôtir toute sorte de viande, on arrosait la sèche avec de l’huile de loup-marin, ou de vache-marine, ou bien avec des morceaux de graisse de baleine saisis dans des morceaux de bois fendus en deux, on mettait le même gibier sans le plumer, ni le vider, sur les charbons ardents.

Aussitôt que par l’ardeur du feu la plume avait disparu, ou plutôt qu’elle avait fait sur ce même gibier comme une espèce de croûte mince et brulée, chacun de nous en prenait ce qu’il voulait, le frottait avec précipitation entre ses mains, soufflait dessus, le déchiquetait, et le mangeait de cette sorte.

Pour ce qui est du gros gibier, comme outardes, beccis, cacaouis, moyacs, canards, cravans, cormorans, aigles, goélands, etc. nous en ôtions seulement la plus grosse plume, nous l’éventrions pour en tirer les tripes, précisément.

Nous les mettions sur le charbon ardent, d’où nous ne tardions pas longtemps à les tirer, cuits ou non, pour les manger à belles dents. Il est à remarquer que dans ces festins faits comme à l’improviste, ainsi que dans tous les autres, nous ne laissions jamais les os des viandes sur la place, ni ne les donnions à nos chiens.

Un acte de religion parmi nous était de les ramasser tous fort exactement, et de les jeter dans le feu quand nous en avions, ou dans quelques rivières à castor. De te dire la raison de ceci, mon Père, je ne le sais pas.

Je sais seulement que nos grands pères nous disaient qu’il fallait jeter tous les os des castors que nous mangions, dans des rivières où on y en voyait des cabanes, afin qu’il y en eût toujours de ces cabanes.

Que tous les os de gibier de mer devaient être jetés dans la mer, afin qu’on y en vit toujours de l’espèce. Qu’il ne fallait pas que nos animaux domestiques les rongeassent pour les digérer, vu que cela ne pouvait manquer de faire diminuer l’espèce dont la chair nous avait servi de nourriture.

Les seigneurs jongleurs et moi le premier, qui ai été jongleur en titre d’office avant d’avoir été saintement lavé, n’avions pas d’autres raisons à rendre de ces pratiques à notre jeunesse qui quelquefois nous faisait là-dessus des questions. »

— Mais, lui disais-je en l’interrompant, vous serviez-vous de vases pour faire cuire vos viandes ? Aviez-vous des instruments propres à couper ? Vos canots, qui vous a appris à les travailler comme vous faites ?

— Nous avions, mon Père, me répondait-iI, des espèces de pots, ou si tu veux, de chaudières faites de pierre de grès tendre, que nous creusions avec des os gros et petits tant d’orignal que de castor, mais plus souvent avec des os de castor, dont nous avions rendu pour cela une des extrémités presque toute semblable au taillant de vos ciseaux.

Ce n’était pas sans peine que nous parvenions à les rendre de même pour notre utilité. C’était en les frottant extrêmement longtemps contre ou sur quelque pierre bien dure choisie exprès.

Nous en faisions de petits de grands, de médiocres de ces ciseaux, pour travailler le bois qui entre dans la structure de nos canots, pour faire des flèches de toute sorte de grandeur, au bout desquelles nous savions appliquer des fragments d’os très durs, auxquels nous donnions une figure à peu près semblable au fer dont vous armez au bout les vôtres.

 

 

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Procès de David McLane HauteTrahison

Procès de David McLane Haute Trahison

 

Voici une partie de notre histoire lorsque les Anglais redoutaient l’invasion de la France dans notre colonie.

Les différents témoignages pourraient nous faire croire tout autre chose que la réalité.

Était-ce des témoins fiables ? À vous de juger…

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Un extrait :

Vendredi le 7 de Juillet, à sept heures du matin, le Prisonnier fut mis à la Barre, et les noms des petits Jurés furent appelés. Onze furent récusés de la part de la Couronne, et vingt quatre par le Prisonnier.

Les Messieurs suivants prêtèrent serment :

John Blackwood, James Irvine, John Crawford, James Orkney, John Painter, James Mason Goddard, David Munro, Henry Cull, John Mure, Robert Morrogh, John Jones, George Symes,

Le Greffier de la Cour présenta le prisonnier aux Jurés, sur l’Indictement trouvé contre lui, qui consistait en deux principaux chefs :

— L’un pour avoir conspiré la mort du Roi,
— l’autre pour avoir passé dans le parti des ennemis du Roi.

Sur chaque chef il fut produit quatorze Actes ouverts, dont la substance est comme suit, et qui sont les mêmes pour les deux chefs :

(1) Que le prisonnier, fit le projet, avec diverses personnes inconnues, de solliciter les ennemis du Roi d’envahir la Province ;

(2) Qu’il sollicita les ennemis du Roi d’envahir la Province ;

(3) Qu’il conspira avec les ennemis du Roi à exciter une rébellion dans la Province ;

(4) Qu’il conspira avec diverses personnes inconnues à aider et assister, et à séduire les sujets du Roi pour aider et assister les ennemis dans une invasion de la Province ;

(5) Qu’il excita et sollicita divers sujets du Roi à se joindre dans la rébellion préméditée, et à assister l’ennemi dans l’invasion projetée ;

(6) Qu’il excita et sollicita diverses personnes (n’étant Point sujets) à élever une guerre contre le Roi dans la Province, et à assister l’ennemi dans l’invasion projetée ;

(7) Qu’à cet effet il engagea réellement plusieurs personnes ;

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Sur les côtes de la Gaspésie

Sur les côtes de la Gaspésie

Le voyage d’une autre époque sur un voilier pour faire le tour de tous les points sur les côtes de la Gaspésie.

Mer, nature et épiscopat raconté par un prêtre.

Des aventures dignes de mention et qui sauront vous captiver.

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Voici un extrait :

L’Ile aux Basques

Juin 18 (6 h. A.M.)

Un faible vent nous a, pendant la nuit, portés vis-si-vis de l’île aux Basques, ainsi nommée parce qu’autrefois les Basques avaient, en ce lieu, formé des établissements pour la pêche, pour l’exploitation des huiles de poisson, et surtout pour faire la traite des pelleteries avec les sauvages de Tadoussac.

Durant la première partie du dix-septième siècle, la compagnie de la Nouvelle-France eut plusieurs fois à se plaindre du commerce de contrebande que faisaient les Basques, les Hollandais et aussi les Anglais, quand ils en trouvaient l’occasion.

Jusqu’ici le bulletin sanitaire n’a eu à enregistrer que des rapports favorables : la santé publique était bonne dans la petite communauté, l’appétit était encore meilleur.

Aujourd’hui, il y a perte d’appétit chez M. T., puis chez Hector et enfin chez Jacquot. Ce n’est pas tout : une maladie se déclare, et c’est bien le terrible mal de mer. Tous trois pâlissent, s’agitent et font de violents efforts.

Autour d’eux se rassemble un groupe de spectateurs. Personne, cependant, ne s’apitoie sur le sort des malheureuses victimes. Qu’elle est affligeante la situation d’un pauvre malade, étendu sur les planches du pont, la face dans la poussière, et ne levant les yeux que pour contempler des visages riants !

Prête-t-il l’oreille aux chuchotements des assistants, dans l’espérance de saisir quelques mots d’encouragement ? Il reconnait qu’il est l’objet de leurs mauvaises plaisanteries.

Veut-il se lever pour faire face aux railleurs ? Ses jambes ploient, sous le poids de son corps et le laissent tomber, expose à de nouvelles insultes. Une seule consolation lui reste : c’est l’espérance de pouvoir un jour rire à son aise de ses persécuteurs, lorsqu’ils auront eux-mêmes été abattus et désarmés par la maladie.

Les désastres de la journée sont causés par un fort vent de nord-est, en face duquel la Sara s’agite avec violence.

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L’Ile d’Orléans

L’Ile d’Orléans

 

Les Soirées Canadiennes sont des histoires captivantes qu’on ne rencontre pas ailleurs.

Vous aimerez revivre de ces époques parfois bien lointaines, mais vécues par nos compatriotes.

Vous apprendrez, entre autres, comment se protéger des feux-follets.

L’Ile d’Orléans a joué un rôle important dans notre histoire, à vous de le découvrir !

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Un extrait :

L’arrivée

Pendant que je me livrais à toutes ces réflexions, le bateau touchait au quai.

Il était alors, une heure et demie. De sorte que ce fut après une demi-heure environ de la plus heureuse des navigations possibles que le débarquement eut lieu. Quel débarquement prosaïque !

Pas de vigie pour nous annoncer d’avance que nous allions toucher au terme de notre course. Pas une seule bouche, chargée de faire entendre à nos oreilles ce mot magique : « Terre ! Terre ! » mot trois fois béni qui caresse si délicieusement l’oreille de tout navigateur.

Parmi cette foule de voyageurs qui encombraient le bateau, pas un seul individu n’eut l’air de se rappeler qu’il allait fouler le sol privilégié de l’Ile de Bacchus, de vénérable mémoire.

Pas un, non plus, qui fit mine seulement de craindre l’apparition soudaine d’un de ces redoutables loups-garous ou feux-follets traditionnels, dont la patrie de ces fiers insulaires a été de temps immémorial, la terre de prédilection.

Au sortir du bateau, ma première visite fut pour les ruines de l’ancien fort des Hurons. Ces ruines furent découvertes en 1856, par M. N. H. Bowen, à une petite distance seulement du quai.

C’est un mur de cinq pieds d’épaisseur, recouvert, lorsqu’on fit les excavations, d’un pied de terre, où poussaient à l’envi les unes des autres, les ronces et les jeunes érables.

Ainsi que je l’ai déjà mentionné en passant, ce fut en l’an 1651 qu’un assez fort parti de Hurons vint se réfugier à l’Anse-du-Fort. Ce parti était composé de cinq à six cents personnes environ.

Aidés de leurs missionnaires, ils se mirent à défricher la terre et à cultiver. Pendant la première année néanmoins, ils vécurent de la charité et des aumônes des Français, auxquels ils témoignèrent toujours la plus vive reconnaissance et l’attachement le plus sincère.

L’année 1652 fut encore pour ces infortunés une année de tristesse et de deuil. Six hommes de leur bourgade avec trois enfants se rendaient dans un grand canot a Tadoussac, où ils allaient vendre leur farine de blé-d’Inde aux Montagnais. Une tempête les surprit dans le fleuve, et engloutit la frêle embarcation avec ses neuf passagers.

En 1653, il y eut une grande assemblée de Sauvages au bout de l’Ile. Une des cinq nations iroquoises, celle des Onnontagués, — se sentant d’humeur à faire la paix, envoya à cet effet une députation aux Hurons de l’Anse-du-Fort.

Le Gouverneur, M. de Lauzon assista officiellement à cette réunion. Il y eut de part et d’autre des discours et des promesses. Le traité fut scellé par l’échange de présents, et le tout se termina par des fêtes et des réjouissances.

Outre le fort dont je viens de parler, et outre les wigwams hurons, le voyageur, à cette époque, aurait pu voir encore s’élançant du milieu des sapins et des érables qui recouvraient la plage, le clocher d’une petite chapelle construite avec les économies des Français, et avec des peines infinies, pour le service de ces pauvres sauvages.

Rien ne saurait égaler la piété toute primitive de ces fidèles chrétiens ainsi que la vivacité de leur foi. À diverses reprises durant le jour, la cloche faisait entendre ses joyeuses volées au milieu des airs, et conviait les fidèles à l’église.

On y récitait des prières publiques. Puis, un choeur de jeunes huronnes chantaient en leur langue, des cantiques composés par leurs dévoués missionnaires.

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Trois légendes de mon pays

Trois légendes de mon pays

 

— L’histoire de L’Ilet au Massacre, la première par ordre de temps, nous montre, touchant à son paroxysme, l’état de féroce barbarie dans lequel étaient plongés les aborigènes de l’Amérique du Nord, avant l’arrivée des missionnaires.
— Le Sagamo du Kapskouk nous fait assister à cette lutte tempétueuse qui se fit dans la nature insoumise des Sauvages, lorsque leur fut exposée la doctrine catholique, avec l’alternative de ses promesses magnifiques et de ses menaces terribles.
— Le Géant des Méchins c’est la dernière étreinte de l’erreur aux prises avec la conscience, et le triomphe final de la Religion.
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En voici un extrait :

3. Sur les pistes

Les Micmacs, restés dans le bois pour observer, avaient pu, faisant usage de leur intime connaissance des lieux et profitant de la confiance des ennemis, qui ne soupçonnaient aucunement la présence de batteurs d’estrade autour d’eux, se rendre un compte parfait de tout ce qu’il importait de savoir.

Dans la nuit du départ des deux courriers envoyés à la bourgade du Bic, les éclaireurs avaient facilement découvert que le parti qu’on avait sur les bras était un parti d’Iroquois, composé d’environ cent guerriers d’élite, ayant livré leur âme au carnage et à la dévastation.

Ces guerriers formaient, en toute probabilité, un groupe détaché d’une de ces grandes expéditions qu’à cette époque, et longtemps après encore, les nations iroquoises envoyaient dans toute la vallée du Saint-Laurent.

Bien rarement les Iroquois prenaient une autre route que celle du fleuve, quand ils venaient porter leurs armes jusqu’en ces endroits, pour la raison qu’ils ne connaissaient pas l’intérieur de la vaste étendue de pays qu’il leur aurait été nécessaire de parcourir et que, de plus, il eût fallu traverser le territoire des Abénaquis, tribu vaillante et aguerrie de la nation algonquine, qui ne laissait pas sur ses terres un facile passage aux ennemis de sa race.

Mais très souvent les Iroquois, après avoir cotoyé les rives du Saint-Laurent, s’engageaient dans le cours des grandes rivières, afin d’aller giboyer, quand les provisions manquaient, ou attaquer les petites bourgades de l’intérieur, et même les familles distribuées par groupes au sein des pays de chasse.

Les Micmacs comprirent que les ennemis qu’ils avaient devant eux avaient dû prendre le haut pays par la grande rivière qu’on appelle aujourd’hui des Trois-Pistoles.

Puis s’engager dans cette autre rivière tributaire de la première et qui a nom Bouabouscache, jusqu’à ce que, voyant se multiplier les portages et trouvant sur les bords de la Bouabouscache le chemin plaqué (*) et récemment fréquenté des Micmacs, ils eussent laissé leurs canots, pour se mettre sur les pistes des familles dont le voisinage était, de cette sorte, clairement démontré.

(*) On sait que le mot plaque signifie, dans le langage des forêts, une marque particulière faite sur les arbres et servant d’indication : un chemin plaqué est un sentier marqué de plaques.

Pour qui connaît l’intelligente faculté d’observation et l’acuité d’intuition des sauvages, il y a dans tout cela quelque chose de si naturel qu’on ne concevrait pas que les coureurs n’eussent pas de suite tout deviné.

Ces reconnaissances faites, les Micmacs se divisèrent en deux petites bandes.

— L’une devait suivre les Iroquois sans se laisser découvrir, afin de prendre les devants à temps pour donner quelques heures d’avertissement, aux habitants des cabanes, de l’arrivée des ennemis, et se joindre aux autres guerriers, chargés de la défense du village.

— L’autre bande, composée de cinq hommes choisis parmi les plus intelligents et les plus vigoureux, devait tourner l’ennemi, observer ses brisées, prendre, si possible, préalable indemnité de vengeance, et assurer les moyens de rendre cette vengeance complète.

Suivons un peu ces derniers dans leur mission, aussi délicate et difficile que dangereuse.

Après une demi-journée de marche forcée dans le chemin parcouru par les ennemis, les cinq Micmacs arrivèrent sur le bord de la rivière Bouabouscache, dans un endroit où les pistes des Iroquois s’arrêtaient tout-à-coup.

Les sauvages s’attendaient à cela ; aussi ne furent-ils nullement surpris. Puis, ils connaissaient si bien cette forêt de leur pays qu’il n’était presque pas possible, pour homme ou bête, d’en remuer une branche sans qu’ils s’en aperçussent.

À la suite d’un examen minutieux des bords de la rivière, ils avaient découvert les traces défigurées d’une descente sur la rive sud de la Bouabouscache, d’où les Iroquois, marchant dans l’eau, avaient atteint un gué de rocailles conduisant au chemin pris par eux pour aller au Bic.

D’autres pistes, rendues méconnaissables pour tout autre que des sauvages, menèrent les Micmacs à un amas de branchages, masqué par des arrachis, au pied d’un petit rocher, sous lequel ils trouvèrent entassés vingt canots iroquois, bien différents par la forme des embarcations de la contrée.

Ces canots étaient là, avec les perches et les avirons ; mais il n’y avait rien autre chose. Cependant, il était impossible que les Iroquois eussent emporté au Bic avec eux tout le bagage et surtout les provisions nécessaires à une expédition lointaine en pays inconnu.

On les avait observés, du reste, et ils n’étaient point surchargés.

C’est la coutume des sauvages, quand ils sont obligés de laisser dans les bois les objets qui leur sont d’une utilité première, de ne pas tout mettre dans le même endroit : — c’est ce qu’on appelle faire plusieurs caches ou cachettes.

Les Micmacs continuèrent donc leurs recherches et finirent par découvrir le lieu d’une autre descente, sur la rive nord de la Bouabouscache, à une assez grande distance de l’endroit occupé par les canots, et par trouver la cache des provisions et bagages des Iroquois.

On a tout vu !

Le conseil maintenant !

Puis de suite l’action !

Les sauvages, — comme tous les hommes contemplatifs, — possèdent cette faculté précieuse de concentration, nécessaire à l’unité de but et à la fermeté d’exécution, qu’on appelle le caractère.

Cette qualité se développe chez l’homme qui se recueille, et voilà pourquoi nos sociétés modernes, les moins recueillies, les plus avides de bruit et de frivolités, les plus répandues au dehors, sont aussi, de toute l’histoire, les plus pauvres en grands caractères.

Mettant à profit, dans ce moment, cette qualité si développée chez le sauvage, nos Micmacs firent taire toutes les inquiétudes qu’ils ressentaient pour tant d’êtres si chers laissés derrière eux, et devisèrent des moyens à prendre, tout comme s’il n’y avait eu au Bic rien autre chose qu’un parti d’ennemis exécrés à détruire.

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