SATANSTOË

Fenimore Cooper sur Wikipedia

Satanstoë

Le premier de la série.

Ce livre illustré vous fera connaître la vie aventureuse de l’auteur à la découverte de New-York d’abord, puis de ses nouvelles terres non défrichées.

Il connaîtra la guerre avec les Anglais puis celle contre les Indiens.

À travers cela, vous découvrirez les différentes intrigues amoureuses.

Plein d’aventures !

Sur Amazon

 

Voici un extrait :

Sommaire

Introduction
Visite à l’île de Manhattan
Remplacer M. Worden
Notre première visite à New-York
À la fête des noirs
Remercié
Dîner chez la belle
L’après-théâtre
Visite au domaine
Se diriger vers Albany
Accueillis à Albany
L’amusement en ville
M. le constable à la porte
Toujours à Albany
Trajet sur la rivière par doux temps
Où sont-elles ?
Se sauver du pire
La diseuse de bonne aventure
À propos de la sorcière
Traverser les bois
Trouver cette concession
Suivre l’Indien
Joindre l’armée pour se battre
Le voyage de retour
Des Hurons rôdent
Danger !
Combattre pour arriver au fort
Le feu et l’attaque
Deux prisonniers
La perte de notre ami
Conclusion
Des livres captivants

 

Introduction

Il est facile de prévoir que l’Amérique est destinée à subir de grands et rapides changements. Ceux qui appartiennent plus particulièrement à l’histoire, l’histoire se chargera sans doute de les enregistrer, et elle apportera sans doute dans sa tâche la véracité douteuse et les préjugés qui influent trop souvent sur ses travaux.

Mais il y a peu d’espoir que l’on conserve parmi nous des documents sur la société américaine, sous ses aspects les plus usuels. Nous n’avons rien de ce qui contribue d’ordinaire à perpétuer le souvenir des moeurs.

Point de théâtre national, point de littérature légère, point de mémoires qui racontent une existence circonscrite dans ses propres limites. Comment donc transmettre à 1a prochaine génération les idées et les habitudes distinctives de la nôtre ?

À la vérité, on aura traditionnellement les principaux traits de la société coloniale. Mais si vingt années se passent comme les précédentes, à remplacer les descendants de nos pères par une race entièrement nouvelle, il est probable que les traditions elles-mêmes se perdront au milieu de la foule tumultueuse des étrangers.

En ces circonstances, j’ai donc pris la résolution de tenter un effort, trop faible peut-être, pour conserver les traces de la vie intime de New-York. Et j’ai engagé mes amis de New-Jersey et des contrées plus méridionales à m’imiter en ce qui concerne leur pays.

Je ne saurais dire s’ils accéderont à ma requête. Mais afin que le fruit de mes impressions personnelles ne soit point perdu faute de soins, j’ai, par un codicille de mon testament, enjoint solennellement à mes héritiers d’avoir à continuer mon récit, et de m’imiter, en confiant au papier le résultat de leur expérience.

Cette recommandation s’étend jusqu’à mon petit-fils, si jamais j’en ai un. Peut-être, à la fin de sa carrière, commencera-t-on à publier en Amérique des livres américains, et le produit de nos travaux, poursuivis pendant trois générations, peut ne pas être jugé indigne de voir le jour.

Peut-être trouvera-t-on ce que je vais écrire trop intime, trop exclusivement relatif à des affaires privées, pour captiver l’attention du public. Mais il faut se rappeler que les plus grands intérêts de l’espèce humaine sont la somme de ceux des personnes de modeste condition. Celui qui reproduit fidèlement une seule scène importante prise dans les événements d’une seule vie, contribue au tableau général de son époque.

Comme je l’ai déjà dit, les événements remarquables de mon temps figureront dans des oeuvres plus prétentieuses que la mienne. Ils y seront relatés avec plus ou moins d’exactitude, attribués à des motifs plus ou moins réels.

Mais les sujets plus humbles seront négligés par les écrivains qui aspirent à mettre leur nom à côté de celui de Tacite. Sans leur faire la moindre concurrence, je me contenterai de m’occuper d’incidents de la vie privée, en n’y introduisant des détails d’une nature plus générale qu’autant que ceux-ci seront indispensables à l’intelligence du récit.

Après ces explications, je commence :

Je suis né le 3 mai 1737, sur un isthme appelé Satanstoë (orteil de Satan), dans le comté de West-Chester, colonie de New-York, qui faisait alors partie de l’immense empire de Sa Majesté Georges II, roi de la Grande-Bretagne et de l’Irlande.

Avant de parler de ma famille, je vais tâcher de donner au lecteur une idée plus précise du lieu où le hasard me fit naître. L’isthme de Satanstoë contient exactement 463 arpents et demi d’excellente terre de West-Chester. Il a deux milles de côtes où l’on récolte du varech pour engrais, et plus de cent arpents de marais salants qui ne sont pas compris dans les 463 de terre ferme.

Comme, à l’époque de ma naissance, mon père, le major Evans Littlepage, devait en hériter de mon grand-père le capitaine Hugh Littlepage, on pouvait l’appeler une propriété patrimoniale.

Mon grand-père l’avait reçue en dot de ma grand’mère environ trente ans après la cession définitive de la colonie aux Anglais par les Hollandais ses premiers possesseurs.

C’était là que ma famille vivait depuis près d’un demi-siècle à l’époque de ma naissance. Et depuis bien plus longtemps encore si nous comprenons dans notre compte mes ancêtres maternels. C’est là que j’habite au moment où j’écris ces lignes, c’est là, j’espère, que mon fils unique continuera d’habiter après moi.

Ce petit isthme a été appelé Satanstoë (orteil de Satan) de temps immémorial, en admettant qu’il y ait un temps immémorial dans un pays où la civilisation ne remonte pas à plus d’un siècle et demi.

Ce nom de Satanstoë, dit une vieille légende qui n’a guère plus cours que parmi les nègres, lui vient de ce que le père du mal, chassé pour certains méfaits des Nouveaux-Pays-Bas, avait en fuyant, posé là son gros orteil.

Après cela, si réellement le petit isthme a la forme d’un orteil, ce serait plutôt celle d’un orteil renversé, ce qui viendrait à l’appui de la légende, le diable faisant toutes choses au rebours, comme chacun sait.

Il y a bien eu quelques zélés bigots qui ont voulu faire changer ce nom comme irréligieux et malsonnant. Mais l’usage a prévalu, l’isthme a continué de s’appeler Satanstoë jusqu’à ce jour.

Et j’espère qu’il en sera ainsi tant que la maison de Hanovre régnera sur ce beau pays, c’est-à-dire aussi longtemps qu’il y aura de l’eau dans l’Océan et de l’herbe dans la prairie. Je ne suis pas, moi, partisan des changements de nom inutiles.

Satanstoë n’a guère que l’étendue d’une bonne ferme, aussi n’en offre-t-il que la culture et les embellissements ordinaires. Toutes les constructions y sont en pierre de taille, jusqu’au toit à porcs et aux hangars. Et les murs des enclos feraient honneur à une ville de guerre.

 

Sur Amazon

Le deuxième de la série : Le domaine de RAVENSNEST

Soyez le premier à commenter sur "SATANSTOË"

Laissez votre commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée.


*


%d blogueurs aiment cette page :