Les Missions Mikmaques

Les Missions Mikmaques    

Les Micmacs font partie des peuples algonguins. Ils sont arrivés il y a plus de 10 000 ans par le détroit de Béring, bien avant les Vikings puis les Européens.

Ils se sont installés dans la péninsule de la Gaspésie puis conquirent la Nouvelle-Écosse, l’île du Prince-Édouard, une partie du Nouveau-Brunswick et l’île de Terre-Neuve.

Le missionnaire Pierre Maillard arriva en 1735 à l’île Royale, où il fut accueilli par les Récollets. Il reprit, dans sa mission de l’île du Cap Breton, l’écriture catéchétique pour les Mikmaques et l’enrichit considérablement.

Retrouvez ce qu’il raconte sur cette nation Mikmaque, comprenant les horreurs commises mais aussi leur foi.

 

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Un extrait :

 

Que mangiez-vous ?

C’est ainsi, mon Père, que s’exécutait et se faisait tout ce que je te raconte maintenant. On allumait avec ce feu un gros tas de bois que l’on avait exprès ramassé et amoncelé.

On en tirait le plus de brasier que l’on pouvait, sur lequel on mettait rôtir toute sorte de viande, on arrosait la sèche avec de l’huile de loup-marin, ou de vache-marine, ou bien avec des morceaux de graisse de baleine saisis dans des morceaux de bois fendus en deux, on mettait le même gibier sans le plumer, ni le vider, sur les charbons ardents.

Aussitôt que par l’ardeur du feu la plume avait disparu, ou plutôt qu’elle avait fait sur ce même gibier comme une espèce de croûte mince et brulée, chacun de nous en prenait ce qu’il voulait, le frottait avec précipitation entre ses mains, soufflait dessus, le déchiquetait, et le mangeait de cette sorte.

Pour ce qui est du gros gibier, comme outardes, beccis, cacaouis, moyacs, canards, cravans, cormorans, aigles, goélands, etc. nous en ôtions seulement la plus grosse plume, nous l’éventrions pour en tirer les tripes, précisément.

Nous les mettions sur le charbon ardent, d’où nous ne tardions pas longtemps à les tirer, cuits ou non, pour les manger à belles dents. Il est à remarquer que dans ces festins faits comme à l’improviste, ainsi que dans tous les autres, nous ne laissions jamais les os des viandes sur la place, ni ne les donnions à nos chiens.

Un acte de religion parmi nous était de les ramasser tous fort exactement, et de les jeter dans le feu quand nous en avions, ou dans quelques rivières à castor. De te dire la raison de ceci, mon Père, je ne le sais pas.

Je sais seulement que nos grands pères nous disaient qu’il fallait jeter tous les os des castors que nous mangions, dans des rivières où on y en voyait des cabanes, afin qu’il y en eût toujours de ces cabanes.

Que tous les os de gibier de mer devaient être jetés dans la mer, afin qu’on y en vit toujours de l’espèce. Qu’il ne fallait pas que nos animaux domestiques les rongeassent pour les digérer, vu que cela ne pouvait manquer de faire diminuer l’espèce dont la chair nous avait servi de nourriture.

Les seigneurs jongleurs et moi le premier, qui ai été jongleur en titre d’office avant d’avoir été saintement lavé, n’avions pas d’autres raisons à rendre de ces pratiques à notre jeunesse qui quelquefois nous faisait là-dessus des questions. »

— Mais, lui disais-je en l’interrompant, vous serviez-vous de vases pour faire cuire vos viandes ? Aviez-vous des instruments propres à couper ? Vos canots, qui vous a appris à les travailler comme vous faites ?

— Nous avions, mon Père, me répondait-iI, des espèces de pots, ou si tu veux, de chaudières faites de pierre de grès tendre, que nous creusions avec des os gros et petits tant d’orignal que de castor, mais plus souvent avec des os de castor, dont nous avions rendu pour cela une des extrémités presque toute semblable au taillant de vos ciseaux.

Ce n’était pas sans peine que nous parvenions à les rendre de même pour notre utilité. C’était en les frottant extrêmement longtemps contre ou sur quelque pierre bien dure choisie exprès.

Nous en faisions de petits de grands, de médiocres de ces ciseaux, pour travailler le bois qui entre dans la structure de nos canots, pour faire des flèches de toute sorte de grandeur, au bout desquelles nous savions appliquer des fragments d’os très durs, auxquels nous donnions une figure à peu près semblable au fer dont vous armez au bout les vôtres.

 

 

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