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Le Corsaire Rouge

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Le Corsaire Rouge

Oubliée à cause de la révolution américaine et ses batailles, cette histoire de pirate est peu commune. Découvrez cette personnalité changeante et puissante qui avait la réputation de faire frémir, juste à la prononciation de son nom.
Mais qui était-il en réalité ? À vous de le découvrir !

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Voici un extrait :

Amis ou ennemis ?

Ravi de son succès, heureux de s’être acquitté honorablement d’une manoeuvre difficile, Wilder ne songea plus qu’à se distraire par une conversation agréable, et il se rapprocha de madame Wyllys, qui contemplait le Dauphin avec une singulière admiration.

— L’équipage de ce vaisseau est vraiment extraordinaire, lui dit-elle du plus loin qu’elle l’aperçut. Il ne donne aucun signe de vie, et l’on dirait qu’il appartient à un vaisseau-fantôme. Cependant, si je ne me trompe, il a failli être compromis par le voisinage de la Caroline.

— Un choc a été à craindre pendant quelques instants, madame. Mais à présent nous sommes hors de danger.

— Grâce à vos talents, reprit la gouvernante. Mais la manière dont vous vous êtes tiré d’affaire, en même temps qu’elle atteste votre capacité prouve combien vous aviez été injuste envers le vaisseau sur lequel nous sommes. Je vois que vous avez voulu vous divertir aux dépens de trois femmes faibles et crédules.

— Sur mon honneur, madame, je suis encore convaincu de ce que j’ai dit, et je répète que ni ma mère, ni ma femme, ni ma soeur ne se seraient embarquées sur la Caroline avec mon consentement.

— Vos regards, votre voix, votre air de bonne foi forment une étrange contradiction avec vos paroles, jeune homme. Ils sont de nature à inspirer la confiance, et cependant vous n’articulez aucune raison décisive. Peut-être dois-je rougir de ma faiblesse, mais j’avoue que la tranquillité mystérieuse de ce négrier me cause un trouble inexplicable. Elle pourrait inspirer les plus terribles soupçons.

J’ai entendu dire qu’on avait vu déployer de faux pavillons sur la côte, que des vaisseaux avaient été pillés. On assure même que le fameux Corsaire Rouge s’est lassé des excès qu’il avait commis dans les colonies espagnoles, et qu’il croise maintenant dans la mer des Antilles.

Wilder ne fit aucune réponse et baissa les yeux vers le pont. La gouvernante rêva un instant, et le changement qui s’opéra sur sa physionomie prouva que les vagues soupçons qu’elle avait conçus étaient trop légers pour se perpétuer.

— Au reste, dit-elle, le métier de négrier est assez vil pour qu’il soit nécessaire d’attribuer à ce navire étranger un rôle plus criminel encore. Oublions-le, monsieur Wilder, et revenons à vos singulières assertions relativement à la Caroline.

— Je les maintiens, madame, mais il m’est impossible de les énoncer plus clairement.

— Le péril n’est-il pas diminué par votre présence ?

— Diminué, mais non pas détruit.

Jusqu’alors Gertrude avait plutôt écouté parce qu’elle n’avait pu s’en dispenser, qu’en prêtant une attention réelle à la conversation. Mais en ce moment elle se tourna vers Wilder avec un peu de vivacité et même d’impatience. Ses joues se colorèrent, et elle demanda avec un sourire qui aurait pu arracher un aveu à un homme plus endurci :

— Vous est-il défendu de vous expliquer ?

Le jeune capitaine hésita, autant peut-être pour contempler les traits naïfs de Gertrude que pour arrêter une réponse. Le sang monta à son front basané, et ses yeux brillèrent d’un rayon de plaisir. Puis il se rappela soudain qu’il différait à répondre, et dit :

— Je suis certain que je puis en toute sûreté me fier à votre discrétion ?

— N’en doutez pas, reprit madame Wyllys. Jamais nous ne consentirions à vous trahir.

— Me trahir, madame ! je ne crains rien pour moi. Vous me faites injure en me supposant capable d’appréhensions personnelles.

— Nous ne vous soupçonnons de rien d’indigne, dit Gertrude précipitamment. Mais… nous tremblons pour nous-mêmes.

— Eh bien, donc, je vous tirerai de votre inquiétude, fût-ce aux dépens de…

Il fut interrompu par quelques mots adressés par l’un des lieutenants à l’autre, qui était alors à la hune.

— Ohé ! criait-il, l’équipage du négrier vient de découvrir que son vaisseau n’était pas fait pour être mis sous verre !

— Oui, oui ! répondit l’autre lieutenant. Nous voyant en mouvement, il s’est souvenu de ses projets de voyage. Il fait le quart à son bord comme le soleil au Groenland, six mois dessus et six mois dessous.

Cette saillie, comme toutes celles des lieutenants, excita un rire bruyant parmi les matelots, qui la répétèrent en y ajoutant leur propres observations, mais d’une voix moins élevée par déférence pour leurs supérieurs.

Cependant les yeux de Wilder s’étaient fixés sur le Dauphin. L’homme qui était resté si longtemps assis au bout de la grande vergue avait disparu, et un autre marin marchait résolument sur l’autre bras de la même espar. Il s’appuyait sur le boute-hors, et tenait à la main le bout d’une corde qu’il semblait vouloir remettre en place.

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