LA DRAGONNE

LA DRAGONNE    

 

Un nouveau personnage a fait son entrée récemment au Service de police de la ville de Montréal. Elle s’acharne contre le détective Kean et s’ingénie à le garder à l’écart.

Qu’est-ce qui se trame derrière tout cela ? Pourquoi veut-elle absolument accuser un innocent ?

Kean devra changer d’emploi s’il veut continuer son enquête. Pas facile tout cela pour lui. Voyons comment il va s’en sortir.

Vous aimerez cette histoire trépidante !

 

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MAGOUILLES

Kean se rendit au parc. Attendit un long moment avant de voir venir un véritable colosse. Un gars qui devait peser dans les 125 kilos et qui faisait presque deux mètres. Kean le regarda venir, en compagnie de Gil, sans broncher.

Gil montra Kean du doigt qui attendait assis sur un banc.

— Il est là, il nous attend, Burns.

Les deux hommes s’approchèrent et prirent place aux côtés de Kean.

— Alors, mec, tu veux vendre ?

— Ouais, répondit Kean, sans même regarder le gars. J’ai besoin de fric.

— Bon, laisse-moi t’expliquer la mise en marché.

Et le gros homme de lui donner le mot de passe et la façon d’agir sans être remarqué.

— Ce sont de petites quantités que tu donnes. J’ai apporté un sac dans lequel tout est emballé individuellement. Tu laves les vitres, tu donnes le mot de passe et si la personne te répond : d’accord, tu lui files un emballage. C’est tout simple et ça marche du tonnerre. Habituellement, ils ont l’argent tout prêt. En fin de journée, tu rapportes l’argent à Gil et on te file ton pourcentage.

— Combien ?

— 30%, c’est le prix.

— Non, j’veux 50%. Après tout, c’est moi qui fais l’travail.

Burns jeta un coup d’œil à Gil. Ce dernier haussa les épaules. Kean comprit que 50% était le vrai prix.

— Tu as une bonne tête, on m’a dit que tu ramassais plus d’argent que les autres à laver des vitres, je veux bien te donner 40%.

— Non, c’est 50% ou j’le fais pas.

Le gros homme soupira et prit le sac.

— D’accord, dit-il en le tendant à Kean.

À ce même moment, trois hommes se dirigèrent vers le trio. Marcel s’approcha de Burns et lui lança :

— Police, je vous arrête.

Burns voulut s’enfuir mais deux hommes le retinrent. Il s’en défit facilement et se mit à courir. L’un des policiers sortit son taser et lui lança les aiguillons électriques dans le cou. Cela eut pour effet de lui couper les jambes. Entretemps, Gil se retrouva menotté et déjà, un policier l’amenait vers son véhicule.

Burns lança un regard assassin à Kean en lui criant :

— T’es qui, toi, faux jeton !

— Le faux jeton, je ne crois pas que ce soit moi, amigo.

— Beau travail, Kean, lui dit Marcel. Nous allons faire parler ces deux-là.

— Je veux en être…

— Il n’en est pas question, tu n’es plus policier.

— Dans ce cas, Max Bernard assistera à l’interrogatoire. Je veux Joe Plourde.

— D’accord, Max pourra venir.

— Je l’appelle immédiatement. Ne commencez pas sans lui.

Kean fit le numéro de portable de Max.

— Hé vieux, c’est moi. On vient d’arrêter les gars qui peuvent nous conduire à Joe Plourde. Marcel Bichon, que tu connais, accepte que tu assistes à l’interrogatoire. Ils se rendent à Parthenais, tu peux venir ?

— Je ne peux pas mais j’irai quand même. Alors, tu les as eus ?

— Ouaip, ils se servaient des squeegee pour vendre leur drogue au coin des rues. J’espère seulement qu’il n’arrivera pas malheur au Faucon.

— Qui ?

— Laisse tomber, c’est un gars qui m’a aidé mais qui ne fait pas partie du réseau. Rends-toi à Parthenais et moi je vais tenter de le retrouver.

Kean parcourut les rues afin de trouver le Faucon. Il s’informa auprès des autres mais personne ne l’avait vu depuis l’avant-veille.

Bon Dieu, où est-il passé, celui-là ? se demandait Kean, inquiet.

Il revint à la soupe populaire et ne le vit pas. Il s’informa auprès du cuisinier qu’il connaissait.

— Non, je n’ai pas vu le Faucon. Parfois, il ne vient pas lorsqu’il rencontre son fils. Il a un droit de visite et ne le manque jamais. Il l’aime énormément, son petit gars.

— Cela me soulage de penser qu’il est avec son enfant. Si tu le vois, téléphone-moi. Tu as toujours mon numéro ?

— Bien sûr, Kean, que je l’ai.

Rassuré, Kean sortit et se rendit attendre à la SQ.

 

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Des intrigues policières

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Une auteure productive

Une auteure productive

Voici une vidéo présentant une auteure productive. Elle ne présente que ses livres de la Série Enquête, car elle en a écrit plusieurs autres. Les histoires de la série Enquête sont individuelles. Ce sont les enquêteurs qui sont les mêmes personnages. On s’y attache, bien sûr.

Voici donc quelques livres captivants de Louise Alarie.

 

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Tous écrits par Louise Alarie, rappelez-vous de ce nom !

Voici les liens pour vous les procurer ou en voir un extrait :

 

Soeur Jeanne :

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https://itunes.apple.com/ca/book/serie-enquete-s-ur-jeanne/id722426975?l=fr&mt=11 

https://store.kobobooks.com/fr-ca/ebook/soeur-jeanne

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/SrJeanne.html

 

Enlèvement :

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https://store.kobobooks.com/fr-ca/ebook/enlevement-2

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/Enlevement.html

 

Prédateurs :

http://www.amazon.com/dp/B00H3QXBKA

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https://itunes.apple.com/ca/book/serie-enquete-predateur/id773481948?l=fr&mt=11

https://store.kobobooks.com/fr-ca/ebook/predateur-1

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/Predateur.html

 

Sale Affaire :

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https://store.kobobooks.com/fr-ca/ebook/sale-affaire-1

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/Sale_Affaire.html

 

LES BÉBÉS ÉPROUVETTES :

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Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/BebesEprouvettes.html

 

Le Caméléon :

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Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/Cameleon.html

 

Tu m’appartiens

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https://store.kobobooks.com/fr-ca/ebook/tu-m-appartiens-3

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/TuMAppartiens.html

 

KIDNAPPING :

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https://store.kobobooks.com/fr-CA/ebook/kidnapping-6

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/KIDNAPPING.html

 

UN TUEUR EN SÉRIE :

http://www.amazon.com/TUEUR-EN-S%C3%89RIE-Enqu%C3%AAte-French-ebook/dp/B01EQQBGUQ

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https://store.kobobooks.com/fr-ca/ebook/un-tueur-en-serie

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/TUEUR.html

 

DRAME À L’INTERNE :

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https://www.kobo.com/ca/fr/ebook/drame-a-l-interne

Un extrait : http://livresenligne.ca/Alarie_2/DrameInterne.html

 

Le SERPENT Celui qui se venge :

https://www.amazon.com/dp/B06XXVLYTM

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https://www.kobo.com/ca/fr/ebook/le-serpent-7

Un extrait : http://plein-de-livres.com/le-serpent/

 

Et pour voir d’un coup d’oeil toutes ses publications c’est ici :

http://livresenligne.ca/Site/L.Alarie.html

 

Bonne lecture !

 

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LES GUÊPES

LES GUÊPES Roman policier

 

Une intrigue policière comme vous les aimez. Cette histoire vous conduira où vous ne vous y attendiez pas. Attaquer par des guêpes ? Quelle sorte de guêpe peut tuer un homme ?

De plus, l’auteur a eu le courage de le publier au fur et à mesure de son écriture sur ce site, mais le voici complété et bien captivant, à vous d’en juger…

Vous pouvez aussi retrouver Normand Jubinville, l’auteur de Fausses Pistes, La Femme secrète, Chamane Sanglant et bien d’autres, sur www.livresenligne.ca

 

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7. Des guêpes partout !

— Comme je vous l’ai expliqué, commença Pierre Brault, nous étions sur la terrasse pour célébrer le retour de la sœur de ma conjointe. J’ai pris quelques photographies pour immortaliser l’évènement, dont une juste avant de voir le sac de plastique rouler dans le restaurant.

Pierre sortit son smart phone et montra l’image à l’inspecteur. Elle présentait les visages souriants de deux jeunes femmes.

— Si j’agrandis l’image et que l’on regarde entre les deux personnes, on peut apercevoir le phare avant d’une motocyclette en arrière-plan, du moins il me semble. Il faisait nuit, la photo est sombre et floue, mais j’ai l’impression que le passager tient un sac blanc et qu’il le lance par-dessus sa tête. Voyez-vous la même chose ?

Boileau ajusta ses lunettes et s’approcha de l’écran. Aussitôt, il décrocha le téléphone et composa.

— Mademoiselle Fontaine, pouvez-vous venir à mon bureau ?

— (…)

— Oui maintenant.

— (…)

— Merci, dit-il en raccrochant le combiné.

Julie Fontaine se présenta quelques secondes plus tard. Boileau lui montra la photographie.

— Peut-on l’améliorer afin de discerner l’arrière-plan ?

— On peut toujours essayer, confirma-t-elle. Si monsieur veut bien venir avec moi, je vais transférer une copie du fichier sur mon ordinateur, avec votre permission, bien sûr.

L’homme accepta d’un signe de tête et suivit Julie.

— Merci Monsieur Brault, lui dit Boileau. Vous nous avez peut-être apporté une pièce significative de ce puzzle.

L’enquêteur Steve se présenta dans l’embrasure de la porte.

— Est-ce que je peux vous déranger ?

— Entrez. Qu’y a-t-il de neuf dans le dossier ?

— Malheureusement rien. Nous avons visité une trentaine de maisons, mais n’avons rien trouvé. Par contre, à plusieurs reprises personne ne répondait à la porte. Les occupants étaient absents, probablement au travail.

— Il est aussi possible que notre suspect demeure dans l’une de ces habitations et, dans ce cas, il ne se montrera pas.

— Nous devrons donc procéder par élimination. Alors, j’ai besoin de votre autorisation pour effectuer des heures supplémentaires afin de compléter notre enquête ce soir.

Je vais encore défoncer mon budget ! se dit Boileau.

— C’est bon. Fais ce qu’il faut.

— Merci Monsieur l’Inspecteur. J’ai autre chose à vous communiquer.

Boileau adopta une posture d’écoute, Steve continua :

— Les patrouilleurs routiers m’ont signalé qu’il s’est produit un accident sur l’autoroute, en direction de Montréal. Selon le premier constat, une dame a soudainement changé de voie et frappé un autre véhicule qui allait la dépasser. Les deux se sont retrouvés dans le fossé. Il n’y a pas de blessures graves, seulement des ecchymoses. La conductrice affirme qu’elle a perdu le contrôle de son automobile en tentant de chasser une guêpe ou une abeille s’étant introduite dans l’habitacle.

— Ça ressemble à un simple accident de la circulation. En quoi sommes-nous concernés ? objecta Boileau.

— Je vous rappelle que nous avons demandé à être informés de tout incident impliquant des abeilles ou des guêpes.

— Tu as raison, avoua Boileau. J’espère seulement que nous ne serons pas débordés par des rapports sans liens avec notre mandat et nos dossiers.

L’inspecteur s’affaira à noircir quelques formulaires tout en essayant de ne plus penser à ses enquêtes. Il appelait ça « recharger ses neurones ». Ayant terminé sa journée, il décida de prendre un apéritif quelque part avant de rentrer. Machinalement, il se dirigea vers le resto-bar « Le Papillon ».

Ce n’est peut-être pas la meilleure façon de relaxer, pensa-t-il, se moquant de lui-même.

En s’approchant, il nota que les paniers de fleurs décorant la terrasse avaient disparu. En prenant une table, il remarqua un avis inscrit sur un tableau noir :

« Attention aux guêpes !
Couvrez vos verres. »

Décidément, le patron devient paranoïaque, mais c’est compréhensible après ce qui est arrivé…

Un vieux monsieur très digne s’occupait du service. Boileau commanda une bière qu’on lui servit avec deux sous-verres en carton, l’un en dessous et l’autre par-dessus.

— C’est une façon originale de présenter les consommations, commenta Boileau.

— Les guêpes adorent la bière, rétorqua le serveur. Elles viennent se noyer dans les verres. Si vous en avalez une par mégarde et qu’elle vous pique dans la gorge, ce peut être très dangereux.

— Je comprends. C’est juste qu’on ne voyait pas ça avant.

— C’est vrai, avoua le serveur, mais il y a davantage de guêpes cette année. Il vaut mieux se méfier.

Boileau entreprit de déguster son breuvage à petites gorgées, tout en replaçant minutieusement le couvercle de carton. Regardant autour de lui, il constata que les autres clients attablés à la terrasse suivaient aussi la consigne de sécurité. Par contre, il ne vit aucun insecte ailé.

J’entends beaucoup parler de guêpes ces jours-ci. Y a-t-il vraiment un plus grand nombre de ces bestioles dans la nature ?

Il se souvint à ce moment que l’entomologiste retraité, rencontré à l’hôpital, lui avait offert de répondre à ses questions, le cas échéant. Il consulta son carnet et composa le numéro de Victor Beauregard.

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DRAME À L’INTERNE

Drame à l’Interne est le dixième roman policier écrit par Louise Alarie dans la Série Enquête.

Les deux enquêteurs en ont plein les bras avec des gens qui ne cessent de disparaître ou même de se faire tuer.
Deux policiers du Centre opérationnel semblent impliqués dans une affaire louche.
De quoi s’agit-il ? Cela a-t-il un rapport avec les meurtres ?
Et surtout, quelle est la cause de tout cela et comment le prouver ?
N’arrivant pas à mettre le doigt dessus, ils déploient leurs hommes dans le but de mettre la main sur le chef des criminels.
Y arriveront-ils ou seront-ils obligés de faire appel à des forces policières supérieures ?

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En voici un extrait :

LA MAUVAISE NOUVELLE

Pendant ce temps à la maison, Kean reçut un appel. Croyant que c’était sa femme, il répondit. Il eut la surprise d’entendre la voix de Cynthia.

— Kean, c’est moi, Cynthia. Écoute, il n’y a rien qui presse mais j’aimerais te parler de quelque chose qui m’intrigue depuis un certain temps.

— Cynthia, je suis sur mon patio en train d’écouter chanter les petits oiseaux, ça te dirait de passer me voir ?

— Avec plaisir, un peu de soleil ne me fera que du bien. Ma mère est sortie et je suis libre comme l’air. J’arrive !

Cynthia, sergent-détective dans le même Centre opérationnel que Kean et Max, est une jeune femme de trente-deux ans qui possède un diplôme en sociologie. Elle a choisi d’aller vivre avec sa mère après que cette dernière eut une attaque. Elle vit maintenant dans une jolie propriété sur Pie IX, qui appartient à sa mère médecin.

Vingt minutes plus tard, elle se gara devant la résidence de Kean en prenant soin de se placer derrière sa Lexus afin de laisser la place libre pour la voiture d’Elwin.

Elle fit le tour de la maison sachant que Kean se trouvait sur le patio. En l’entendant arriver, il se leva, défroissa son short, posa sa pipe et Cuicui sur la table. L’oiseau rouspéta et s’enfuit se coller au cou de Youston, le Golden des Butler.

En entendant venir une étrangère, ce dernier se tint debout complètement éveillé se préparant à aboyer. Kean lui fit un signe de paix que le chien comprit.

Cynthia apparut dans le soleil avec ses multiples frisettes et secoua la tête pour les dégager de son front.

— Viens, jolie Cynthia, lui dit Kean en souriant.

Elle s’avança tout en jetant un regard d’envie sur ce si bel homme. Un léger trouble se logea dans son ventre.

— Viens t’asseoir, prendrais-tu un jus ou un thé glacé ? Du thé, j’en ai de prêt.

— Un thé glacé ferait bien mon affaire. Il fait si bon aujourd’hui. Quel temps superbe !

— Je reviens tout de suite.

Pendant ce temps, elle se pencha vers Youston afin de le gratter entre les oreilles. Et quelle ne fut pas sa surprise de sentir un petit oiseau jaune gigoter sous ses doigts.

— Seigneur ! Il y a un oiseau dans ton pelage !

Youston fit un drôle de mouvement avec ses sourcils comme pour lui accuser réception. L’oiseau se déplaça à peine en lui lançant une série de trilles. Au même moment Kean revint avec les breuvages.

« Dieu qu’il a de belles jambes, cet homme ! » se dit-elle en acceptant le verre.

— Alors, Cyn, qu’est-ce qui t’amène ? lui demanda Kean complètement inconscient de l’attrait qu’il lui inspirait.

Elle se concentra et se rembrunit avant de répondre.

— Il y a quelque chose de pas net au poste.

Kean fronça les sourcils, cessa de boire avant de demander :

— Qu’est-ce qui n’est pas net ?

— Peut-être que je me trompe mais j’ai entendu une conversation entre deux policiers qui m’a mis la puce à l’oreille.

— De quoi s’agissait-il ? s’informa Kean calmement.

— D’un chargement. Les deux hommes parlaient d’un paiement important qui leur reviendrait. Je n’en sais pas plus. Je me suis retrouvée un instant dans leur vestiaire, je cherchais Claude, j’ai ouvert la porte et avant d’appeler, j’ai entendu un peu de leur conversation. Ils ne m’ont pas vue, j’en suis sûre.

— Qui étaient ces hommes ?

— L’agent Sergio Carpini et l’inspecteur Garry Cournoyer.

— Gary Cournoyer ? Tu en es sûre ?

— Oui, c’était bien lui. Je l’ai vu de dos mais je connais bien sa voix et sa stature.

— Dieu du ciel ! J’espère que tu as mal entendu.

— Je… je ne crois pas, Kean, répondit la jolie petite policière. J’ai parfaitement compris qu’il s’agissait de recevoir de l’argent d’un chargement. Un chargement de quoi ? Cela, je l’ignore.

— Je connais Carpini qui ne m’inspire guère confiance. Il cherche toujours à m’éviter en tant qu’agent. Il a reçu plus d’une plainte de la part du public. Mais l’inspecteur Cournoyer a toute ma confiance, du moins, il l’avait.

Pendant un moment, Kean ne dit plus rien. Il se représentait simplement l’homme en qui il croyait.

— C’est pareil pour moi. J’ai eu à travailler avec Carpini et son attitude est vulgaire et indécente. Il se fait une spécialité de blesser les gens, de ne pas les écouter lorsqu’ils racontent et de les regarder avec dédain. Surtout les immigrés, il les bafoue copieusement et les traitent de bougnouls devant eux.

J’ignore pourquoi on ne se débarrasse pas de cet individu.

— À cause de son père qui est représentant à la ville. Malgré les nombreuses plaintes, les semonces et les punitions, nous n’arrivons à rien avec cette tête brûlée.

— Son père n’est qu’un conseiller municipal, il n’est tout de même pas le maire ! S’il est embringué dans une sale affaire, nous devrons agir cette fois sans s’occuper du père.

— Tout ce que je peux te dire c’est que nous le surveillerons jusqu’à ce que nous ayons des preuves contre lui ou contre l’inspecteur. Un simple petit bout de conversation ne nous mènera pas loin.

— Non, je le conçois très bien. Je tenais tout de même à te le dire.

Après le départ de Cynthia, Kean se mit à réfléchir :

« Je ne serais pas vraiment surpris que Sergio Carpini soit un policier ripou. Je l’ai si souvent vu mal se comporter. Mais l’inspecteur Cournoyer, j’ai du mal à croire qu’il se soit lié à lui. Je vais demander à Claude de faire quelques vérifications bancaires. Oui, c’est la meilleure façon de procéder avant d’alerter mon chef. God ! comme si nous avions besoin de ça ! »

Désormais, le patio, le soleil, la pipe ne l’intéressait plus. Il se sentait incapable de penser à autre chose. Sergio Carpini, un flic ripou dans nos rangs.

Il décida de faire un saut au Centre opérationnel et de parler de vive voix à Claude Surrey. Il fit entrer le chien et l’oiseau dans la maison et partit malgré les vives objections de Youston.

Une fois au Centre, il se dirigea vers le bureau de Claude.

— Salut, vieille branche !

— Ma biche, que fais-tu ici en cette magnifique journée de congé ?

Il raconta à Claude ce que Cynthia lui avait appris.

— Oh, que c’est une très mauvaise nouvelle, ça ! s’ébaudit Claude les yeux écarquillés.

— Si tu vérifiais ses finances, nous aurions peut-être un début de quelque chose.

— Oui, je peux le faire mais ce n’est pas très orthodoxe. Tu crois que l’inspecteur Cournoyer pourrait être de mèche avec Carpini ?

— Je n’en sais rien, Claude. Je ne fais que répéter ce que Cynthia est venue me dire. Mais j’ai confiance dans le flair de cette femme.

— Bon, d’accord, je vais faire une petite recherche. Si tu passais devant la maison de Carpini, question de voir comment il vit.

— Ce n’est pas une mauvaise idée, s’il vit au-dessus de ses moyens, cela pourrait être un début de preuve. À ce que je sache, ce type n’est pas né avec une cuiller en argent dans la bouche…

— Non, ma biche, ce n’est pas comme toi !

Kean se contenta de sourire, chercha l’adresse du policier et la trouva.

Il se dirigea vers la propriété de Sergio. En passant devant chez lui, il eut la surprise de découvrir une superbe maison de deux étages tout en pierre véritable. Un aménagement floral digne d’un jardinier chevronné sur un immense terrain de pelouse si verte qu’on la croirait artificielle. Une piscine creusée et un jacuzzi, le tout d’une valeur inestimable à cause de ce quartier très cher dans Ville Saint-Laurent.

Garé devant chez lui, il téléphona à Claude afin de lui décrire l’endroit.

— Cherche s’il a reçu un héritage ou si sa femme vient d’une famille riche. Oh, en parlant de sa femme, elle vient de sortir de sa maison.

— Décris-la moi, veux-tu ?

— C’est une très belle blonde, mince, pas très grande, joliment vêtue, longues jambes, environ vingt-cinq ans. Maquillage vulgaire, elle fait un peu poupée. Un homme l’attend de l’autre côté de la rue. Elle monte dans sa voiture et… Oh, my God ! Ils s’embrassent à pleine bouche et je te jure qu’il ne s’agit pas de Sergio.

L’homme a une superbe voiture sport. Une Lamborghini de l’année. Le peu que je puisse voir, il semble très jeune.

— À tout hasard, prends le numéro de sa plaque.

— C’est déjà fait, t’inquiète.

— Es-tu sûr que ce soit sa femme ? Sergio est tout de même âgé d’une cinquantaine d’années.

— Non. Je vais sonner afin de m’en assurer.

Il le fit mais personne ne vint ouvrir.

— Peut-être que madame a des exigences que notre pauvre Sergio ne peut y faire face.

— Bon, je repars. Cherche bien et tiens-moi au courant. Je retourne à la maison consoler mon Youston.

Claude partit d’un grand éclat de rire.

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