Condamné politique

Notes d’un Condamné politique de 1838

Pour la première fois sous forme numérique.

Voyez, à travers les yeux d’un condamné à mort, les misères qu’il a dû supporter tout au long de cette aventure.

Épargné finalement de la pendaison mais exporté dans les prisons d’Australie. Comment l’humain peut-il supporter tout cela ? À vous de voir.

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Un extrait :

Durant le combat

Le 9 Novembre, sur les neuf heures du matin, des hommes de piquet vinrent nous avertir que l’ennemi s’avançait. Des trépignements de joie accueillirent cette nouvelle dans nos rangs, et l’ordre fut aussitôt donné de nous mettre en rang de bataille pour attendre l’ennemi.

Notre commandant, le Docteur Perrigo, après avoir donné ses ordres, s’était absenté, pour s’assurer que rien ne nous menaçait sur les derrières et voir à ce que tout fut mis en règle dans le camp, Il n’était pas encore revenu, lorsque nous vîmes l’ennemi déboucher par le grand chemin.

L’enthousiasme de nos hommes était tel et leur désir d’en venir aux mains si grand que, sans attendre le chef, ils demandèrent à M. Neveu, un de nos officiers, de se mettre à la tête et de prendre le commandement, ce que celui-ci, aussi impatient que les autres, fit, en criant de sa voix de tonnerre et du haut de sa grande taille :

— En avant !

À ce cri répondirent, par un hourra ! nos cinq cents voix, puis de suite nous nous élançâmes, à travers champs, dans la direction des troupes en criant :

— Victoire !

Nous courrions sur l’ennemi, en le prenant en écharpe et nous fîmes une décharge qui ne doit pas avoir eu grand effet, étant tirée de trop loin. Mais dont le bruit joint aux cris que poussèrent, en apparaissant, nos bandes dont l’ennemi ignorait le nombre, qu’il s’exagérait sans doute, eut l’effet de créer une certaine panique, dont nous profitâmes pour recharger nos armes, sans ralentir nos cris et à peine notre course.

Une décharge générale mal dirigée des troupes fit siffler au-dessus de nos têtes une grêle de balles, dont pas un de nous fut atteint, pas plus que des autres décharges qui suivirent. Pendant ce temps-là, nous courrions toujours, à travers les guêrets, les fossés et les clôtures, tirant à volonté, avec un certain effet comme nous le sûmes un peu plus tard.

Enfin, nous allions toucher l’ennemi, lorsqu’une dernière décharge, accompagnée d’un redoublement de cris, acheva de le démoraliser et nous le vîmes prendre la fuite, emportant deux morts et plusieurs blessés, d’après ce que nous remarquâmes nous-mêmes et les informations que nous reçûmes plus tard des gens du voisinage.

Nos gens se mettaient déjà à la poursuite sur le chemin, lorsque le Dr. Perrigo qui nous avait rejoint au bruit de la première volée, s’avança jusqu’aux premiers rangs donnant partout l’ordre de s’arrêter.

Sans doute que notre commandant redoutait, avec raison, une reprise d’offensive de la part de soldats armés de baïonnettes contre nos hommes qui n’en avaient pas, probablement qu’il ne pouvait s’expliquer la retraite précipitée des troupes autrement qu’en supposant, dans ce mouvement, une ruse imaginée pour nous amener à une rencontre corps à corps à armes tout à fait inégales.

Quoiqu’il en soit des opinions de notre chef alors et du motif de la retraite de l’ennemi, nous n’obéîmes qu’à grand regret à l’injonction de notre commandant, et plusieurs de nous, entre autres Chevalier de Lorimier, lui en firent sur le champ de sanglants reproches.

L’ennemi, qui comptait quelques centaines d’hommes, mais pas huit cents comme on nous avait dit, observé par des hommes chargés de ce soin, était bien en retraite.

Après le combat

Nous rejoignîmes, alors, nos quartiers de résidence au camp, dont les logements étaient les maisons et les granges de MM. Baker, Vallée et autres cultivateurs établis à la fourche des quatre chemins.

II faisait froid ce jour-là et il neigeait un peu. La tristesse de l’atmosphère était en harmonie avec notre mécontentement de n’avoir pas profité d’une victoire, acquise sans sacrifice de notre part, qui aurait pu, selon nous, nous fournir des armes et des munitions en abondance.

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Une de perdue Deux de trouvées

Une de perdue Deux de trouvées

Le Capitaine Pierre est un navigateur hors pair. Ce qui ne l’empêche pas d’être attaqué par les Pirates. Voyez comment il se sort de cette situation. À terre, on le piège, on le fait même passer pour mort. Mais ses esclaves noirs lui viennent en aide.

Dans la deuxième partie, il se retrouve en charge d’une immense fortune, avec, entre autres, des plantations aux États-Unis. Voyez le plan qu’il a proposé à ses esclaves noirs pour s’affranchir.

Le capitaine passera dans les villages des Patriotes à l’époque des batailles, toujours à la recherche de quelqu’une. Suivez les évènements qu’il a vécu à Montréal puis à Québec.
Que de péripéties ! Vous aimerez !

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Voici un extrait :

Le Rendez-vous des pirates

Le fameux Lafitte n’existait plus depuis longtemps, mais il avait laissé à sa place, avec le titre de général, son lieutenant Antonio Cabrera, qui ne lui cédait ni en bravoure ni en audace.

Cabrera était le chef et le maître de tous ces pirates. Deux à trois actes de vigueur lui avaient valu l’obéissance la plus passive de leur part. Il avait reçu dans sa jeunesse une éducation distinguée, et était le fils cadet d’une illustre famille de Cadix.

D’un caractère emporté, il avait été obligé de fuir sa patrie, afin d’éviter les rigueurs de la loi pour un duel dans lequel son adversaire fut tué. Après s’être longtemps caché dans les bois, il s’était joint à une bande de brigands, et enfin avait trouvé dans les vaisseaux de Lafitte, le théâtre où il put déployer toute l’énergie de son caractère.

Remarqué par Lafitte pour son courage et par les pirates pour son audace, il remplaça bientôt le lieutenant de Lafitte, qui avait été tué en montant à l’abordage d’un navire marchand.

Quand Lafitte abandonna la vie de pirate et le siège de ses exploits, Cabrera fut unanimement choisi pour chef par tous ceux qui avaient partagé ses périls et admiré son courage, son sang-froid et son admirable présence d’esprit dans les conjonctures les plus désespérées.

Féroce jusqu’à là frénésie durant le combat, il avait souvent montré après la victoire, de ces élans généreux qui quelquefois caractérisent la vie de certains pirates. Ses compagnons l’aimaient pour sa justice impartiale. Jamais il ne voulut prendre plus que la part d’un simple matelot, quand il s’était agi de partager le butin pris en course.

Sévère pour la discipline, aucune faute ne trouvait grâce devant lui. D’une rigueur outrée dans le service, il se fit bientôt des ennemis. Mais sa vigueur sut bientôt mettre fin à tous les murmures.

Un jour que l’un de ses matelots refusait d’accomplir un ordre qu’il lui avait donné, il lui creva la poitrine d’un coup de pistolet. Une couple d’exemples de cette nature eurent bientôt convaincu les mécontents qu’ils avaient trouvé dans Cabrera un autre Lafitte, et tout fut fini.

Quatre vaisseaux étaient mouillés dans l’esterre. Une polacre et une corvette, armées chacune sur le pont de seize caronades et d’un canon de chasse de gros calibre sur l’avant. Et deux petits sloops, montés chacun de six canons. Leurs coques longues et effilées, leurs grandes voiles et la prodigieuse hauteur de leur mâture, annonçaient que tous ces vaisseaux étaient faits pour la course bien plus que pour le transport.

Les divers groupes nonchalamment étendus à l’ombre, savouraient le parfum de leurs cigares. Les uns racontaient les aventures de leur jeune âge, les autres dormaient, ceux ci s’amusaient à boire, ceux-là à des jeux de cartes, de quino et de rouge et noir. Cette vie d’oisive inactivité que les pirates menaient dam l’esterre depuis plus d’une semaine, commençait à les ennuyer.

— Je voudrais bien savoir si le général prétend nous tenir ici encore bien longtemps, demandait un tout jeune homme encore, à un mulâtre d’une taille colossale.

— Piétro, ne t’impatiente pas. Tu en auras bien assez ! Dans dix ou douze jours nous pourrons commencer à nous préparer.

— Quoi ! faut-il attendre encore tout ce temps là ! Ne pourrions-nous pas aller faire une toute petite visite aux environs de la Havane, par exemple, pour voir si nous ne rencontrerions pas quelques-uns de nos bons amis messieurs les Anglais ?

S’ils ne sont pas toujours riches en or, ils ont souvent de certaines gentilles petites créatures, comme celle qui est prisonnière dans la case du général, et qui, depuis une semaine, est assez bête pour se laisser mourir de faim et se dessécher à force de pleurer, plutôt que de…

— Chut ! ne parle pas de la Française. Le général en est fou d’amour, il en est jaloux comme un tigre, et ce qui me surprend, c’est qu’il me semble, foi d’honnête homme, trembler comme s’il avait peur, quand il lui parle.

— Eh bien, parlons d’autre chose, ça vaudra peut-être mieux en effet. Pourquoi le général n’est-il pas venu nous voir depuis deux jours ? Il me semble qu’il ne faut pas tant de temps pour aller à Malance ? Et sa Française, s’il l’aimait tant… Ah !c’est vrai j’oubliais, il n’en faut pas parler ! Mais après tout, nom d’un tonnerre, pourquoi n’en parlerais-je pas moi ? Qui est-ce qui m’empêchera ici ?

— D’abord la prudence. En second lieu le respect pour le sexe. En troisième lieu, et le mulâtre regarda fixement Piétro dans les yeux.

— Et en troisième lieu, quoi ?

—Et en troisième lieu, parce que, entends-tu, je ne veux pas qu’on fasse de réflexions sur la prisonnière du général.

Piétro se mordit les lèvres. Il ne savait que penser du mulâtre. Était-ce obéissance et respect pour Cabrera, ou amour pour la Française qui portait le mulâtre à en agir ainsi. Piétro n’aimait pas Cabrera et encore moins le mulâtre. Il eut donné beaucoup pour connaître les motifs de sa conduite en cette circonstance.

— Mais il me semble, mon cher Burnouf, reprit Piétro après un instant de silence, que le général ne devrait pas être si particulier sur sa Française. Car après tout, ce n’est pas lui qui l’a fait prisonnière ! En bon droit et en stricte justice, elle doit t’appartenir à toi, Burnouf, car c’est toi avec ta polacre qui as attaqué l’anglais. Et quoique Cabrera soit arrivé avec sa corvette quelques minutes après que tu fus monté à l’abordage, c’était encore un de tes gens qui avait empoigné la Française. Cabrera n’avait pas le droit de s’en emparer.

Piétro, en prononçant ces paroles d’un air presque indifférent, n’en avait pas moins suivi avec attention l’expression de la physionomie du mulâtre, dont les épais sourcils s’étaient contractés à mesure que Piétro parlait.

— Les roches entendent, répondit le mulâtre en baissant la voix. Éloignons-nous un peu d’ici.

Et le mulâtre et Piétro allèrent à quelque distance, ce dernier tressaillant involontairement de l’expression féroce du mulâtre.

— Tu penses donc que j’ai droit à la Française ?

— Mais sans doute. Et nous avons tous été surpris de voir que tu te soumettais si bonassement à te la laisser enlever par le général.

— Oui, mais sais-tu que c’aurait été une lutte à mort, entre le général et moi ?

— Tu as donc eu peur, toi Buruouf. Toi qu’on désigne pour notre prochain général, au cas où Antonio Cabrera viendrait à mourir ou à nous abandonner ?

— Peur, nom d’un cratère ! Peur, moi, Jean Burnouf !

— Dame, aussi, pourquoi ne l’as-lu pas disputée au général ?

— Je vais te dire : c’est que je n’étais pas trop sûr que j’eusse le droit de mon côté. Car vois-tu, sans l’arrivée opportune de la corvette, la polacre et son équipage, et moi par-dessus le marché, étions tous flambés. Je craignais que nos gens ne se déclarassent en faveur du général. Ce qui, sans m’avancer, m’aurait rendu tout au moins suspect, pour ne pas dire plus.

Et avec le général il ne fait pas bon de s’y frotter, à moins qu’on ne soit bien sûr de son coup. J’ai mes plans. Je t’en parlerai plus tard. En attendant, il serait à propos d’avoir l’opinion de nos gens.

En ce moment un coup de sifflet se fit entendre sur le roc au-dessus, et se renouvela par trois fois. C’était le signal de l’arrivée de quelqu’un de la bande.

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