L’Ile d’Orléans

L’Ile d’Orléans

 

Les Soirées Canadiennes sont des histoires captivantes qu’on ne rencontre pas ailleurs.

Vous aimerez revivre de ces époques parfois bien lointaines, mais vécues par nos compatriotes.

Vous apprendrez, entre autres, comment se protéger des feux-follets.

L’Ile d’Orléans a joué un rôle important dans notre histoire, à vous de le découvrir !

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Un extrait :

L’arrivée

Pendant que je me livrais à toutes ces réflexions, le bateau touchait au quai.

Il était alors, une heure et demie. De sorte que ce fut après une demi-heure environ de la plus heureuse des navigations possibles que le débarquement eut lieu. Quel débarquement prosaïque !

Pas de vigie pour nous annoncer d’avance que nous allions toucher au terme de notre course. Pas une seule bouche, chargée de faire entendre à nos oreilles ce mot magique : « Terre ! Terre ! » mot trois fois béni qui caresse si délicieusement l’oreille de tout navigateur.

Parmi cette foule de voyageurs qui encombraient le bateau, pas un seul individu n’eut l’air de se rappeler qu’il allait fouler le sol privilégié de l’Ile de Bacchus, de vénérable mémoire.

Pas un, non plus, qui fit mine seulement de craindre l’apparition soudaine d’un de ces redoutables loups-garous ou feux-follets traditionnels, dont la patrie de ces fiers insulaires a été de temps immémorial, la terre de prédilection.

Au sortir du bateau, ma première visite fut pour les ruines de l’ancien fort des Hurons. Ces ruines furent découvertes en 1856, par M. N. H. Bowen, à une petite distance seulement du quai.

C’est un mur de cinq pieds d’épaisseur, recouvert, lorsqu’on fit les excavations, d’un pied de terre, où poussaient à l’envi les unes des autres, les ronces et les jeunes érables.

Ainsi que je l’ai déjà mentionné en passant, ce fut en l’an 1651 qu’un assez fort parti de Hurons vint se réfugier à l’Anse-du-Fort. Ce parti était composé de cinq à six cents personnes environ.

Aidés de leurs missionnaires, ils se mirent à défricher la terre et à cultiver. Pendant la première année néanmoins, ils vécurent de la charité et des aumônes des Français, auxquels ils témoignèrent toujours la plus vive reconnaissance et l’attachement le plus sincère.

L’année 1652 fut encore pour ces infortunés une année de tristesse et de deuil. Six hommes de leur bourgade avec trois enfants se rendaient dans un grand canot a Tadoussac, où ils allaient vendre leur farine de blé-d’Inde aux Montagnais. Une tempête les surprit dans le fleuve, et engloutit la frêle embarcation avec ses neuf passagers.

En 1653, il y eut une grande assemblée de Sauvages au bout de l’Ile. Une des cinq nations iroquoises, celle des Onnontagués, — se sentant d’humeur à faire la paix, envoya à cet effet une députation aux Hurons de l’Anse-du-Fort.

Le Gouverneur, M. de Lauzon assista officiellement à cette réunion. Il y eut de part et d’autre des discours et des promesses. Le traité fut scellé par l’échange de présents, et le tout se termina par des fêtes et des réjouissances.

Outre le fort dont je viens de parler, et outre les wigwams hurons, le voyageur, à cette époque, aurait pu voir encore s’élançant du milieu des sapins et des érables qui recouvraient la plage, le clocher d’une petite chapelle construite avec les économies des Français, et avec des peines infinies, pour le service de ces pauvres sauvages.

Rien ne saurait égaler la piété toute primitive de ces fidèles chrétiens ainsi que la vivacité de leur foi. À diverses reprises durant le jour, la cloche faisait entendre ses joyeuses volées au milieu des airs, et conviait les fidèles à l’église.

On y récitait des prières publiques. Puis, un choeur de jeunes huronnes chantaient en leur langue, des cantiques composés par leurs dévoués missionnaires.

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