La mémoire du coeur

La mémoire du coeur

 

Éternel célibataire, avide de pouvoir et orgueilleux, Guillaume Cloutier est un homme dont l’enfance difficile l’a forgé en adulte égocentrique et l’a amené à se battre chaque jour pour maintenir son indépendance.
Flatté par son succès social d’aujourd’hui, il se croit invincible.
Mais sa vie bascule quand il est confronté à la maladie, à la faiblesse, à la dépendance : pour survivre, il doit subir une greffe de coeur.
Il perd totalement le contrôle sur sa vie et suite à sa transplantation, d’étranges rêves et sensations le troublent.
Le monde de l’invisible s’invite maintenant dans son quotidien. Définitivement, il deviendra différent, mais est-ce en mieux ou en pire ? Saura-t-il trouver un quai avant de sombrer ?

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Voici un extrait :

Un coeur de pierre

Élisabeth Samson connait Guillaume depuis plusieurs années. Jeune brunette célibataire de 30 ans, Élisabeth n’est pas très grande, à peine 1 mètre 50. Ses longs cheveux frisés étaient toujours savamment attachés en chignon ou autrement. Elle avait de la classe dans son attitude et ses manières, mais aussi simplement dans sa façon d’être.

Il fut un temps où ils étaient amants. Pendant trois ans, ils avaient même partagé un appartement, avaient été un couple en amour, du moins c’est la lecture qu’en faisait Guillaume. Jusqu’au jour où Élisabeth avait fait ses valises et l’avait quitté, exaspérée « de son manque d’empathie et de son égoïsme chronique ». Ce sont précisément les deux reproches clairement exprimés par Élisabeth lors de son départ.

C’est la rencontre avec Élisabeth qui avait donné l’opportunité à Guillaume d’acheter cette entreprise paysagiste qui faisait son bonheur. Élisabeth travaillait dans cette boîte depuis déjà quelques années quand ils s’étaient rencontrés.

Les anciens propriétaires quittaient le Québec et Élisabeth l’avait su quelques semaines avant que le tout devienne public, ce qui avait positivement avantagé Guillaume dans les négociations. Il avait remporté le gros lot et depuis, l’Oeil vert lui appartenait.

Et comme Élisabeth et lui s’étaient laissés en bons termes, il avait fait le pari de garder son ex comme employée, et il ne l’avait jamais regretté. Élisabeth savait garder sa place, comprenait qu’il était le propriétaire et exécutait ce qu’elle avait à faire avec brio, sans trop se mêler de ce qui ne la regardait pas.

De plus, elle était très compétente, appréciée de tous, ce qui le servait et lui permettait de ne pas regretter sa décision. Aucun conflit, jusqu’à maintenant, n’avait assombri leur situation à l’un comme à l’autre. Et Élisabeth était un beau brin de femme, ce qui ne nuisait à rien pour Guillaume.

Élisabeth était chargée de projets et une conseillère avisée sur les contrats relatifs aux entreprises. Considérant qu’Émile était responsable de l’administration des projets et des relations avec les employés, elle avait peu d’occasions de rencontrer Guillaume, si ce n’est lors de la rencontre hebdomadaire.

Quant au rôle de Guillaume, sa principale responsabilité consistait à trouver les contrats, les négocier et les administrer avec le comptable et finalement, superviser l’ensemble de la boîte. Ils formaient un trio efficace et payant.

C’est pourquoi il en avait fait ses partenaires. La compagnie avait le vent dans les voiles, le trio était tourné vers une même vision d’avenir. Ils détenaient la recette du succès.

Ce matin, son intervention concernant Dion était plutôt inhabituelle, ce n’était pas de son ressort de se mêler de la gérance du personnel.

— Guillaume veut que je vire Dion !

— Pardon ? Mais pourquoi ?

— Parce qu’il est improductif, voilà tout ! Parce qu’il perd son temps et qu’il représente une mauvaise graine au sein de nos employés.

— Guillaume, tu sais bien que c’est faux, lance Élisabeth de sa voix calme habituelle. Il est très intelligent, très efficace et surtout, il est super original dans sa conception.

D’ailleurs, comme j’en ai déjà parlé avec Émile, alors que toi tu veux le congédier, je pensais plutôt lui offrir un poste de responsable de chantiers. J’ai besoin d’un troisième responsable, nos deux équipes n’y arriveront pas cette année.

— Pas question, je ne veux plus le voir ici, c’est réglé !

— Attends Boss, t’es pas sérieux là ? C’est lui qui a eu les meilleures idées l’été dernier sur le chantier des Remparts. Élisabeth, dis-lui.

— Émile a parfaitement raison, Guillaume. Je suis entièrement d’accord avec lui, ce gars est très original et créatif. On en a besoin ! On lui doit le succès du projet de la rue Bouvier, de celui de la Place La Cité et celui des Remparts.

C’est lui qui les a menés à terme l’an dernier, et sans surplus de salaire ! Les problèmes qu’on avait eus au projet des Remparts, c’est lui qui en a trouvé la solution. C’est pas rien ! Tous ces projets de l’an dernier, ça représente 60% de notre chiffre d’affaires, penses-y comme il faut.

— Boss ! C’est toi qui es improductif là !

— Guillaume, plutôt que de l’écarter, au contraire fais comme je te dis, donne-lui plus de responsabilités, nomme-le responsable de chantiers, tu canaliseras son « m’as-tu-vu ? » Et tu l’auras moins sous les yeux puisqu’il sera à l’extérieur, sur les chantiers. Guillaume, écoute-moi. Quand t’ai-je donné un mauvais conseil ?

— Ah ! fais chier tous les deux… OK, je lui donne une dernière chance, et c’est vraiment la dernière, vous avez compris ? Et Émile, j’veux que tu lui passes un moyen savon et je ne veux plus le voir trainer et faire le coq pendant les heures de travail, sinon, c’est moi-même qui le virerai ! OK, foutez le camp maintenant !

Émile, satisfait, laisse apparaître un petit sourire de satisfaction et quitte le bureau expressément, avant que Guillaume ne change d’idée. Élisabeth, se lève tranquillement, termine sa dernière gorgée de café et se dirigeant vers la porte, lentement, lance nonchalamment à Guillaume :

— Mais qu’est-ce qu’il a bien pu te faire ou te dire pour que tu le détestes autant ? Je pense qu’il t’indispose autant parce que c’est une « petite vedette », vive, intelligente, mais macho, tout comme toi. Deux coqs à l’Oeil vert, c’est trop pour toi ?

Tout comme Émile, la jeune femme quitte rapidement le bureau de Guillaume avec un petit sourire aux lèvres, mais pas pour les mêmes raisons. Et c’est ce qui rend Guillaume vraiment exaspéré.

 

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