Aimez-vous lire ?

Aimez-vous lire ?

Moi aussi, bien sûr !

Surtout éditrice (Les productions luca), mais aussi auteure et traductrice, j’aimerais vous présenter le travail produit.

Plusieurs livres sont du domaine public, mais croyez-le ou non, j’ai tout lu, et j’ai dû corriger les fautes d’orthographe et de frappe.

J’ai tout formater, j’ai créé les couvertures et je les ai publiés.

Tout cela, en pensant à vous, lecteurs, pour que votre lecture soit plus fluide, donc plus facile à lire.

J’ai remarqué que l’introduction est quelquefois trop longue, mais ensuite, on se retrouve avec un livre qu’il nous faut lire jusqu’au bout tellement il est intéressant.

J’ajoute que si ces livres méritaient d’être publiés à l’époque, ils méritent aussi d’être lus.

En plus des livres de la page précédente, voici la liste des publications :

Lucie Brodeur

Lire, c’est amusant !

Je soigne mon diabète Trucs Santé de LUKA

Mes chansons de Terrains de Jeux de Lucie Brodeur

Coloration, APPRËTS de Lucie Brodeur

De Ralph Waldo Emerson

Amitié, Amour

La campagne Canadienne de Adélard Dugré, S. J.

Notre premier romancier Québécois : Philippe Aubert de Gaspé

Notre premier roman Québécois : Les anciens Canadiens

Les Mémoires de Philippe Aubert de Gaspé

L’influence d’un livre de Philippe-Aubert de Gaspé (fils)

Un oeil sur la Franc-maçonnerie Joseph de Maistre

GLISSADE de Edith Wharton

Des légendes canadiennes de Honoré Beaugrand

Les Campagnes du Canada de Honoré Beaugrand

6 mois dans les Rocheuses de Honoré Beaugrand

Contre-Guérilla de Honoré Beaugrand

Notre historien Francis Parkman de H. R. Casgrain

Notre Historien National F. X. GARNEAU de H.R. Casgrain

Le Royaume du Saguenay de Eugène Achard

Récits laurentiens du Fr. Marie-Victorin

Missionnaire chez les Amérindiens

Missionnaire au pays des Esquimaux

François de Bienville de Joseph Marmette

Trois Héros de la colonie de Montréal de Paul Dupuy (1831-1891)

Élisabeth Impératrice d’Autriche de Maurice Paléologue

Montferrand l’athlète canadien de Benjamin Sulte

La Bataille de Châteauguay de Benjamin Sulte

AU COIN DU FEU Des histoires courtes Benjamin Sulte

L’expédition militaire de Manitoba 1870 de Benjamin Sulte

Voyage à Terre-Neuve Comte Arthur de Gobineau

La Nation Canadienne de Charles Gailly de Taurines

Le notaire Jofriau de Adrienne Senécal (1897-1940)

Forestiers et Voyageurs de J.-Charles Taché

Les îles du Golfe Saint-Laurent  de Narcisse-Henri-Édouard Faucher

Journal d’un vicaire de campagne de Joseph Raîche

Albani (Emma Lajeunesse) de Napoléon Legendre

Duel au balai de Ch. Wilhelm

Le maître de forges de Georges Ohnet

La Niania de Henry Gréville

L’ingénue de Henry Gréville

Péril pour la famille de Henry Gréville

Douce Carmen (ou Cité Ménard) de Henry Gréville

Douce Carmen de Henry Gréville

Nikanor de Henry Gréville

Angèle L’enfant du village de Henry Gréville

Marier sa fille de Henry Gréville

Un crime inattendu de Henry Gréville

Idylles d’une époque Des histoires courtes de Henry Gréville

Clairefontaine de Henry Gréville

Dosia la mal élevée de Henry Gréville

La seconde mère de Henry Gréville

Croquis Des histoires courtes de Henry Gréville

L’expiation de Savéli de Henry Gréville

Le mors aux dents de Henry Gréville

Louis Breuil Un pantouflard ? de Henry Gréville

Blanche imperturbable de Henry Gréville

LUCIE et le libre arbitre de Henry Gréville

Suzanne et son père de Henry Gréville

Xénie et son drôle d’héritage de Henry Gréville

Les Koumiassine Tome I de Henry Gréville

Les Koumiassine Tome 2 de Henry Gréville

La maison de Maurèze de Henry Gréville

Le moulin Frappier de Henry Gréville

Chénerol père et fils de Henry Gréville

Le vaillant Don Quichotte, Tome I, de Cervantès

Le vaillant Don Quichotte, Tome II, de Cervantès

Nos Patriotes de 1837-1838 de Laurent-Olivier David

Nos hommes et nos croyances de Laurent-Olivier David

Le tourbillon de neige de Alexandre Pouchkine

L’exil d’un Patriote de Auguste Fortier

La maison du coteau de Joseph Provost

Croquis laurentiens du Fr. Marie-Victorin

Le Chef Hélika L’Indien blanc de Charles DeGuise

Le trésor de Montcalm de H. de la Blanchère

La fille du brigand de Eugène L’Écuyer (1822-1898)

La légende de l’isle aux Démons de Louis-H. Taché

Le rebelle de Régis de Trobriand

Testament politique de Louis-Joseph Papineau

Sabre et scalpel de Napoléon Legendre

Vieux Doc Au temps du curé Labelle de Edmond Grignon

Si les Canadiennes le voulaient ! de Laure Conan

Originaux et Détraqués / 12 types Québecquois de Louis Fréchette

MUSIQUE Vol 1 / 2 de Léo-Pol Morin

MUSIQUE Vol 1 / 2 de Léo-Pol Morin

La légende du Chien d’or Notre histoire de William Kirby

Jacques Cartier et la découverte de la Nouvelle-France de Charles de la Roncière

L’horloge qui chante de Albert Aubert

Plus fort que la haine de Léon de Tinseau

Le Cap au Diable de Charles DeGuise

Missionnaire en Colombie Britannique A.-G. Morice.  O.M.I.

Le fratricide de J.-F. Morissette

Chasse au cheval blanc  Le cheval sauvage de Thomas Mayne-Reid

Le futur avocat de Mme Leprohon

La fille des Indiens Rouges de Émile Chevalier

Les Nez Percés de Émile Chevalier

L’île de Sable de Émile Chevalier

L’Enfer et le paradis de l’autre monde de Émile Chevalier

La fille du pirate à Montréal de Émile Chevalier

La Tête-Plate de Émile Chevalier

Les derniers Iroquois de Émile Chevalier

La capitaine de Émile Chevalier

Aventuriers à la Baie d’Hudson de Émile Chevalier

La Huronne 1 / 2 de Émile Chevalier

La Huronne 2 / 2 de Émile Chevalier

Le Gibet de Émile Chevalier

Peaux-Rouges Peaux-Blanches de Émile Chevalier

Le Chasseur Noir de Émile Chevalier

Poignet-d’Acier de Émile Chevalier

Les Français au Canada Historique de cette colonie de F. Teissier

Fleurs Champêtres de Robertine Barry

Le major Anspech de Marc Fournier

Capitaine Pierre en mer et sur terre 1 de Georges de Boucherville

Capitaine Pierre en mer et sur terre 2 de Georges de Boucherville

Le Grand Meaulnes Illustré de Alain-Fournier

Le Roi des Étudiants de W.-E. Dick

Pour la Patrie de Jules-Paul Tardivel

Le Dragon Royal de Julie Mendès

Des créatures de ce temps de Jules et Edmond Goncourt

Bataille d’âmes de Pamphile Lemay

Picounoc le maudit de Pamphile Lemay

Léontine la fille chérie de Pamphile Lemay

ROUGE et BLEU de Pamphile LeMay

SOUS LES BOIS et EN LIVRÉE de Pamphile LeMay

Fêtes et Corvées de Pamphile LeMay

La cour du grand-duc (Illustré) Nouvelle de Eugène Guinot

Mémoire de Littérateurs de J.-H. Rosny aîné

Fascination de Sabattis  (La Fascination de la Ville)

La Vénérable Jeanne D’Arc de L. Petit de Julleville

La vengeance des Trépassés F.G.

Les aveugles célèbres de Le Vicomte de Broc

IVANHOÉ (Illustré) par Walter Scott traduit Alexandre Dumas

Les Grands Froids L’Histoire sous un autre angle par Émile Bouant

Des histoires de la Hollande de Nicolaas Beets

Stello Le patient du docteur noir de Alfred de Vigny

Histoire des JACOBINS Ces illuminés de 1799 à 1820 par l’auteur de l’Histoire des sociétés secrètes

L’Agence Barnett et Cie de Maurice Leblanc

Ariane Jeune fille Russe de Claude Anet

La fiancée du Rebelle de Joseph Marmette

Le mystère de la chauve-souris de Gustave Toudouze

Le curé médecin de Ernest Legouvé

Antoinette et les soirées à Montréal de R. E. Leprohon

Un pèlerin d’Angkor de Pierre Loti

Mon frère Yves de Pierre Loti

Pêcheur d’Islande de Pierre LOTI

Ramuntcho le montagnard de Pierre LOTI

LA TRAITE DES BLANCHES Le Chemin de Buenos Aires Albert Londres

La femme en blanc 1 / 2 de Wilkie Collins

La femme en blanc Tome 2 / 2 de Wilkie Collins

Le dernier chevalier de Paul Féval

À quoi tient l’amour de Émile Blémont

Sur la côte nord du Saint-Laurent de Napoléon-A. Comeau

1- Ma jeunesse dans la nature

2- Trappeur

3- Chasse et pêche

4- Chasse aux oiseaux

Histoire du Canada

Mémoire d’un pays Vol 1 / 4 (1492-1689) Histoire du Canada de F. X. Garneau

Mémoire d’un pays Vol 2 / 4 (1690-1755)

Mémoire d’un pays Vol 3 / 4 (1755-1792)

Mémoire d’un pays Vol 4 / 4 (1792-1840)

Traduit

SATANSTOË de Fenimore Cooper

Le métier du PORTE-CHAÎNE de Fenimore Cooper

Le domaine RAVENSNEST de Fenimore Cooper

Procès d’une Mystérieuse Inconnue de Fenimore Cooper

Le Feu Follet Français contre Anglais

Sur Mer et sur Terre

Le Camp des Païens

Les lions de mer

Les deux amiraux

LA PRAIRIE de Fenimore Cooper

Le colon d’Amérique de Fenimore Cooper

Voyage chez les Anglais au 17e siècle de Fenimore Cooper

Lionel Lincoln L’Anglais Américain de Fenimore Cooper

L’Ontario de Fenimore Cooper

Le pilote de Fenimore Cooper

L’ESPION de Fenimore Cooper

LE BOURREAU et son héritage de Fenimore Cooper

La Sorcière des Eaux (L’Écumeur de mer) de Fenimore Cooper

MAUD la fleur des bois de Fenimore Cooper

Le Corsaire Rouge de Fenimore Cooper

Série VOYAGES par J. F. de la Harpe

Christophe Colomb 1, Crimes et découvertes 2

Cortez découvre 3, Cortez au Mexique 4

La prise de Mexico 5, Les peuples du Mexique 6

Les peuples du Pérou 7, Chili et Buénos Ayres 8, La nature en Amérique du Sud 9

Brésil 10, Guyane 11

La série TÖPFFER, Créateur de la BD (Illustrée) :

Töpffer No 1 Le jeune Rodolphe, Töpffer No 2 L’adulte

Töpffer No 3 Des nouvelles genevoises

Töpffer No 4 Essai de Physiognomonie

Töpffer No 5 Voyage en zigzag

Töpffer No 6 Réflexions d’un peintre genevois

Töpffer No 7 Réflexions d’un peintre genevois (suite)

Monsieur Pencil     Monsieur VieuxBois

Série La Magie au 19e siècle, de Gougenot des Mousseaux

Les faits No 1, Les anges No 2, Les démons No 3

Les Revenants No 4,   L’âme de la Magie No 5,   L’Invisible No 6

JOHN FISKE

From Cartier to Champlain 1, The beginnings of Quebec 2

The lords of Acadia – Later History of Champlain 3

Wilderness and Empire 4, Witchcraft in Salem Village 5

The Great Awakening 6, Norridgewock and Louisburg 7

The beginnings of the Great War 8

Crown Point, Fort William Henry, and Ticonderoga 9

Louisburg, Fort Duquesne, and the Fall of Quebec 10

English

A Treatise on the Six-Nation Indians by J. B. Mackenzie

Pioneers of France in The New World by Francis Parkman

The Moccasin Maker by E. Pauline Johnson

The Shanty Sled by Hulbert Footner

Sinfully Rich by Hulbert Footner

Easy to Kill by Hulbert Footner

The Velvet Hand New Madame Storey Mysteries  by Hulbert Footner

THE DOCTOR WHO HELD HANDS by Hulbert Footner

THE UNDER DOGS With Mme.Storey by Hulbert Footner

Orchids to Murder by Hulbert Footner

JACK CHANTY by Hulbert Footner

Mme. Storey Investigation I and II

Mme. Storey Investigation III and IV

The Almost Perfect Murder by Hulbert Footner

Echoes of the Jazz Age by Scott Fitzgerald

The Transplanted by Frederick John Niven

Rainbow Valley by Lucy Maud Montgomery

The Dark Road by Harold Bindloss

Goodbye, Stranger by Stella Benson

The Miracle Man by Frank L. Packard

Power of Beauty and a Plain Man’s Love by N.P. Willis

The Path of a Star by Everard Cotes

The Inevitable Millionaires by E. P. Oppenheim

Murder at Monte Carlo by E. P. Oppenheim

Pigeons from Hell by Robert E. Howard

VULMEA The Pirate by Robert E. Howard

WORMS OF THE EARTH  A Short Story by Robert E. Howard

The Story of Edith Percival by M. A. Fleming

The Actress’ Daughter by M. A. Fleming

Gipsy’s Story (Sharing Her Crime) M. A. Fleming

The Giant Atom by Malcolm Jameson

The Tragedy of the Sioux Chief Standing Bear

The British Barbarians by Grant Allen

 

Think and Heal your Diabetes by LUCA

 

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Ne manquez surtout pas l’article précédent avec nos auteurs contemporains : Une bonne lecture ?

 

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Les deux amiraux

Les deux amiraux de Fenimore Cooper

 

La hiérarchie dans la marine ou sur terre, en Angleterre, est d’une grande importance dans les années 1740 et plus.

À cette époque des batailles navales contre les Français, bien sûr, se tramaient également les histoires d’amour et de loyauté envers son pays d’adoption ou d’origine.

Voyez évoluer ces personnages plutôt attachants et découvrez ce qu’il en adviendra.

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Le précipice

Cependant Dutton avait recouvré les connaissances pratiques de son métier. Si le jeune homme était tombé tout à fait au fond, et même quand il n’y aurait pas de brouillard, on ne pourrait pas le voir, car le rocher projette une saillie en avant. Il faut qu’il se soit arrêté à quelque point intermédiaire et au-dessous de cette saillie.

Stimulés par un sentiment commun, les deux hommes s’avancèrent à l’extrémité du plateau, et il suffit d’un seul coup d’oeil pour leur faire connaître toute la vérité. Le jeune Wychecombe, portant les mains en avant pour saisir une fleur, avait tellement appuyé sur le bout du rocher où reposait son pied, qu’il l’avait brisé, et perdu ainsi son point d’appui.

Une présence d’esprit, qui monta presque jusqu’à l’inspiration, et un courage extraordinaire, l’empêchèrent seul d’être brisé en morceaux. Voyant que le rocher cédait sous lui, il se jeta en avant sur une petite saillie, quelques pieds plus bas et à dix au moins de côté de l’endroit où il était auparavant.

Cette saillie raboteuse n’avait que deux ou trois pieds de large, et n’eût fait que retarder sa chute, si la fortune n’y eût fait naître quelques arbrisseaux. Le jeune homme les saisit des deux mains, et par suite de l’élan qu’il s’était donné, se trouva positivement nageant dans l’air. Heureusement ces arbrisseaux étaient trop forts pour se déraciner, et se pelotonnant sur lui-même avec son adresse de matelot, le jeune homme fut promptement sur ses pieds et relativement en sûreté.

Le silence qui avait si fort alarmé Dutton était la conséquence du choc qu’avait éprouvé le jeune officier en se voyant tout à coup jeté dans cette périlleuse position. La pointe du promontoire surplombait à six brasses au-dessus de sa tête le point d’appui qu’il avait trouvé si à propos.

Il sentit qu’il lui serait impossible de se tirer d’une semblable position sans quelque secours étranger. Il ne fallait rien moins que ses habitudes de marin pour s’y maintenir, et encore ne l’eût-il pu faire deux minutes sans l’aide des arbrisseaux dont nous avons parlé.

Dès que le baronnet et Dutton eurent entrevu la position périlleuse du jeune Wychecombe, ils firent en arrière un mouvement d’effroi, comme s’ils eussent craint d’être eux-mêmes entraînés et précipités sur lui. Le lieutenant ne pouvait les voir, car il avait le dos collé contre la paroi du rocher, et l’étroitesse de son point d’appui ne lui permettait ni de se retourner ni de regarder en l’air.

Cependant Mildred, oublieuse de tout danger personnel, avança la tête jusqu’en dehors du plateau, et plongea dans l’abîme avec un courage et une sûreté que la circonstance pouvait seule lui donner, si bien que le jeune homme put apercevoir ses belles tresses blondes qui flottaient des deux côtés de sa figure.

— Au nom de Dieu, Mildred, s’écria-t-il, n’avancez pas ainsi, je vous vois, et nous pouvons nous entendre sans que vous couriez un danger inutile.

— Que pouvons-nous faire pour votre délivrance, Wychecombe ? demanda avec anxiété la jeune fille. Dites-le-moi, je vous en supplie, car sir Wycherly et mon père n’ont pas la tête à eux.

— Créature céleste ! mais vous, vous êtes tout entière à mon danger. Mais, courage, Mildred ! faites ce que je vais vous dire, et tout ira bien. Vous m’entendez, vous comprenez, n’est-ce pas ?

— Parfaitement. Je ne perds pas un mot.

— Courez donc aux drisses des signaux, larguez-en une, et appuyez sur l’autre jusqu’à ce que toutes deux tombent à terre. Quand cela sera fait, je vous indiquerai autre chose. Mais, pour Dieu, tenez-vous plus loin du bord !

L’idée que ce cordage, tout faible qu’il parût, pourrait être de quelque secours, frappa immédiatement la jeune fille, et en un moment elle était au pied du mât. Maintes fois, quand l’ivresse empêchait son père de remplir son devoir, Mildred avait hissé et amené les signaux à sa place, en sorte qu’elle était habituée au maniement des drisses. En une minute elle les dégagea des poulies, et leur longue ligne s’enroula à ses pieds.

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Le Camp des Païens

Le Camp des Païens de Fenimore Cooper

Au 16e siècle, en Allemagne, entre les châteaux et les monastères existait une guerre de territoires, de richesses et de pouvoir. Et cela, chacun à leur façon. Faites la connaissance de ces personnages attachants. Vous aimerez…

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Le forestier rencontre Méta

La femme enveloppée d’une mante avait profité de l’intervention de Gottlob Finck pour quitter l’ermite sans attirer l’attention des bénédictins. Mais elle n’avait pas échappé aussi facilement à la vigilance de Berchtold. Celui-ci échangea avec le vacher un signe d’intelligence, et s’élança sur les traces de la fugitive.

Elle courait avec l’agilité d’un chevreuil et si le forestier avait eu quelques doutes sur l’identité de celle qu il poursuivait, il aurait été du moins convaincu que l’âge n’était point le motif qui lui faisait cacher ses trait.

Elle ne s’arrêta qu’après avoir traversé presque en entier le camp des Païens, et s’appuya contre un cèdre, comme si ses forces eussent été épuisées.

Berchtold avait marché vite, mais avec ce calme et cette dignité que donne la conscience d’une vigueur physique supérieure. Il attribuait d’ailleurs la fuite de la jeune fille à des alarmes instinctives plutôt qu’a une crainte réelle. Il ralentit le pas à son exemple, et s’approcha de la place où elle se tenait toute palpitante, avec la circonspection d’un enfant qui a peur d’effaroucher l’oiseau qu’il vient de faire relever.

— Qu’ai-je donc de si effrayant, Méta ? s’écria-t-il. Me prends-tu pour le spectre d’un des païens qui ont jadis occupé ce camp ? Tu n’as pas l’habitude de redouter ainsi un jeune homme que tu connais depuis ton enfance, et que tu sais honnête et loyal.

— Il n’est pas convenable, répondit la jeune fille interdite, que je me trouve ici à pareille heure. J’aurais dû résister au désir de consulter encore une fois le sage anachorète.

— Tu n’es pas seule, Méta, dit le forestier, qui aperçut au milieu des ruines une domestique de sa compagne.

— Suis-je la fille d’un manant ? répondit la jeune demoiselle avec fierté.

— Je te connais, répondit Berchtold, et je me garderai bien de te prendre pour ce que tu n’es pas. Tu te nommes Méta, fille unique de Heinrich Frey, bourgmestre de Duerckheim. Personne n’est plus instruit que moi de ta condition, car personne ne s’en est occupé plus souvent.

La demoiselle baissa la tête par un mouvement naturel de regret et de repentir. Et lorsqu’elle releva ses yeux bleus, dont un rayon de la lune augmenta la douceur, le forestier y lut une tendre bienveillance.

— Je ne veux, dit-elle, me targuer ni du rang de mon père ni des avantages de ma position, surtout avec toi. Mais je crains que tu ne t’imagines que j’oublie la modestie de mon sexe et la dignité de ma condition. Je crains aussi que tu ne penses… Tes manières ont bien changé, Berchtold, depuis quelque temps.

— S’il en est ainsi, c’est à mon insu. Mais oublie le passé, et dis-moi par quel merveilleux hasard je te trouve, à cette heure de nuit dans cette enceinte redoutée.

— Je puis te renvoyer la question, Berchtold, reprit la jeune fille en souriant, et exiger de toi une prompte réponse, au nom de ma curiosité féminine. Pourquoi es-tu ici à une heure où la plupart de chasseurs sont endormis ?

— Je suis le garde des forêts de messire Emich. Mais tu es la fille du bourgmestre de Duerckheim.

— Cela fait une différence sensible. Si ma mère avait deviné que j’eusse à rendre compte de ma conduite, elle m’aurait dit : Garde tes explications, Méta, pour ceux qui ont le droit de t’en demander

— Et Heinrich Frey ?

— II n’approuverait sans doute ni la visite ni les explications.

— Ton père ne m’aime pas, Méta ?

— Il ne te repousse, maître Berchtold, que parce que tu es tout simplement le forestier du comte Emich. Si tu étais comme ton père un riche bourgeois de notre ville, je suis sûre qu’il aurait pour toi beaucoup d’estime. Il t’aime peu, c’est vrai. Mais, en revanche, tu es en grande faveur auprès de ma mère.

— Que le ciel la bénisse pour ne pas avoir oublié dans sa prospérité les malheureux qui sont déchus. Je pense que par les traits comme par le coeur, chère Méta, tu ressembles plus à ta mère qu’à ton père. Tu ne dédaignes pas le forestier, humble serviteur du comte.

— Pourquoi le dédaignerais-je ? Ses fonctions ne sont-elles pas honorables ? Ne sont-ce pas des nobles qui les remplissent auprès de l’électeur palatin ? Tu sers messire Emich. Mais n’est-ii pas lui-même vassal de l’électeur, qui est à son tour sujet de l’empereur ? Il ne faut pas te ravaler Berchtold !

— Merci, chère Méta. Ta mère était la plus ancienne et la plus intime amie de la mienne, et quelles que soient les distinctions que le monde établisse entre nous, ton excellent coeur ne les accepte pas. Tu es non seulement la plus belle mais encore la plus douce et la meilleure jeune fille de Duerckheim.

L’héritière du plus riche bourgeois de la ville n’entendit pas sans une vive satisfaction les paroles du beau forestier. Un silence éloquent trahit l’émotion secrète qu’elle éprouvait.

— Maintenant, reprit-elle, tu vas savoir le motif de cette visite inusitée. Tu connais l’anachorète des Cèdres, tu sais comment il apparut tout à coup dans le camp des Païens ?

— Sans doute, et tu as déjà pu voir que je lui rendais visite dans sa cabane.

— Il y avait une semaine qu’il l’habitait, quand, pour des raisons que j’ignore, il m’accorda plus d’attention que je n’en mérite, et me témoigna plus d’intérêt qu’à toute autre jeune fille de Duerckheim.

— Quoi ! sa piété ne serait-elle qu’un masque ?

— Tu aurais tort d’être jaloux d’un homme de son âge, dont les yeux creux, la figure fatiguée, portent l’empreinte de la souffrance et des mortifications. Il est fait vraiment pour donner de l’inquiétude à un jeune homme de tournure élégante !

Mais je te vois rougir, maître Berchtold, et je ne poursuivrai pas des comparaisons qui te sont si désavantageuses. Comme je te l’ai dit, j’ignore par quels motifs l’ermite est dirigé. Mais dans les deux visites qu’il fit à Duerckheim, dans celles que les jeunes filles lui rendirent, il se montra préoccupé de mon bonheur et de mon avenir.

Il pensa même au sort qui m’attendait dans cette autre vie vers laquelle nous marchons si vite, quoique nous n’entendions pas le bruit de nos pas.

— Je ne suis pas surpris, Méta, que tous ceux qui te voient et te connaissent te portent de l’intérêt. Et pourtant c’est étrange !

— Que tu justifies bien les remontrances de la vieille Lise ! reprit la jeune fille avec un sourire. Elle m’a dit souvent : Ne te laisse pas prendre au langage mielleux des jeunes citadins ; étudie le sens de leurs paroles, et tu verras qu’elles se contredisent.

La jeunesse est si pressée d’arriver au but, qu’elle n’a pas le temps de séparer le vrai du vraisemblable. Voilà ses propres termes, et ils te sont applicables… Je crois que la bonne vieille s’est endormie sur ce pan de mur écroulé.

— Ne la dérange pas. Les femmes de son âge ont besoin de repos, et il serait cruel de troubler le sien.

Méta avait fait un pas en avant pour réveiller sa suivante. Mais elle céda au conseil que le jeune homme lui donnait.

— Tu as raison, dit-elle. Nous aurions tort de l’empêcher de goûter un instant de repos, après qu’elle a gravi péniblement cette colline.

Je devrais être déjà de retour. Mais ma bonne mère m’excusera, car elle aime Lise comme une personne de sa famille.

— Ta mère est donc instruite de ta visite à l’anachorète ?

— Crois-tu, maître Berchtold, que la fille d’un bourgmestre de Duerckheim soit capable de sortir la nuit sans en avoir demandé la permission ? C’est bon pour les jeunes filles du village ou du château, qu’on accuse de ne pas être très réservées.

— On calomnie étrangement nos montagnes dans les villes de la plaine. Je le jure qu’il y a autant de modestie parmi les femmes desdomaines du comte que chez celles de la cité.

— Je désire qu’il en soit ainsi pour l’honneur de mon sexe. Mais tu n’auras pas le courage, Berchtold, de plaider la cause de Gisèle, la fille du concierge. Je n’ai jamais vu plus de vanité chez une femme.

— On la trouve belle au château de Hartenbourg.

— Voilà ce qui la perd ! Tu la vois souvent, maître Berchtold, et tu as sans doute découvert en elle des qualités qui restent cachées aux étrangers. Elle est venue dernièrement à une fête qui avait attiré à notre église des fidèles de plusieurs lieues à la ronde. Elle était richement parée, et ma vieille Lise la comparait à un oiseau qui lisse ses plumes, et s’imagine que tous les jeunes chasseurs ont les yeux sur lui.

— À quoi bon répéter les propos de cette vieille bonne, qui doit la plupart du temps débiter des folies ?

— Ces folies, je les partage, et j’ai trop profité des enseignements de ma vieille servante pour les oublier aujourd’hui. Je le dirai donc franchement qu’en ce qui concerne la fille du concierge, je suis parfaitement de son avis.

Le forestier avait peu d’expérience du coeur humain. Il éprouvait pour Méta un amour sincère, ardent sans exaltation, exempt de formes conventionnelles et de rêveries romanesques, tel enfin que le ressentent principalement ceux que la Providence a placés dans la classe moyenne, entre la satiété et le dénûment, entre l’excès de la culture intellectuelle et l’ignorance de toutes choses.

 

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Mer et Terre

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L’histoire de ces jeunes qui doivent choisir une carrière. Devenir navigateur ou avocat, voilà ce qui s’offre à eux.
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Une nouvelle île

La Crise vira de bord aussitôt que le cadavre du Grand-Sec eut disparu, et l’équipage sortit du petit havre dans un sombre silence. À voir la tristesse des matelots, on eût dit des hommes en deuil qui s’éloignaient d’un tombeau sur lequel on entendait encore retomber la terre.

Marbre me dit ensuite qu’il avait eu l’intention d’attendre que le corps du pauvre Williams vînt à flotter. Mais la crainte d’être obligé d’engager une lutte avec les naturels l’engagea à quitter ces lieux sans rendre les derniers devoirs à notre digne commandant. Je pense toutefois que nous aurions pu rester encore un mois dans la baie sans recevoir la visite d’un seul Indien.

Il était midi quand le navire se trouva sur le vaste sein de la mer Pacifique. Le vent venait du sud-est et soufflait avec constance. Lorsque nous fûmes à douze milles au large, nous déployâmes les bonnettes de bâbord, et nous gouvernâmes au sud-ouest toutes voiles dehors. L’intention de Marbre était donc de quitter la côte. Il me manda dans la cabine, où je le trouvai occupé à consulter divers papiers et le portefeuille du capitaine Williams.

— Prenez un siège, monsieur Wallingford, dit le nouveau capitaine avec une dignité analogue à la circonstance. Je viens de parcourir les instructions que le défunt avait reçues des armateurs, et je vois que je m’y suis conformé sans le savoir. En tout cas, notre voyage a été productif. Il y a dans la cale 67 370 dollars espagnols, et nos marchandises peuvent être estimées 26 240 dollars.

Or, n’ayant à payer ni droit ni commission, et possédant la somme nette, nous pouvons nous flatter d’avoir fait une excellente opération. Ensuite, notre passage dans le détroit de Magellan nous a fait gagner un mois, et si je croyais rencontrer les Français à l’ouest du cap Horn, je profiterais de mon avance pour tenter une croisière dé cinq ou six semaines.

Toute réflexion faite, nous avons une longue route devant nous. Il vaut mieux gouverner vers la première relâche indiquée par les armateurs.

Après ce discours, le capitaine Marbre me montra une note marginale où l’on donnait au capitaine Williams des instructions supplémentaires, dans le cas où il ne pourrait atteindre complètement le but de son voyage. Je savais que le défunt les aurait négligées, et qu’il comptait aller chercher du bois de sandal aux îles Sandwich, suivant l’usage de tous les navires qui fréquentent cette côte.

Conformément au projet placé en marge, on devait toucher à la dernière des îles Sandwich, et se mettre à la recherche de certaines îles où l’on pensait pouvoir établir des pêcheries de perles. Je dis à Marbre que notre navire était trop grand, et qu’il avait trop de valeur pour être exposé dans une expédition aussi hasardeuse.

Mais le capitaine avait une prédilection particulière pour la pêche des perles. C’était son idée fixe. Quoique cette entreprise ne fut qu’accessoire dans les instructions, il était disposé à la regarder comme le but principal de son voyage.

Marbre avait d’excellentes qualités, mais il n’était pas propre à commander un vaisseau. Personne n’était plus capable de l’arrimer, de le gréer, de le conduire dans les temps les plus contraires, mais il manquait du jugement nécessaire à l’administration d’une propriété importante.

Il ne s’entendait pas plus à l’économie commerciale que s’il n’eût jamais navigué sur des navires marchands. Aussi avait-il végété dans un grade subalterne. L’instinct mercantile, l’un des plus vifs que signalent les études physiologiques, avertissait les armateurs qu’il occupait le poste auquel il était destiné par ses facultés naturelles et ses connaissances acquises.

Les hommes les plus obtus acquièrent un merveilleux degré de perspicacité lorsqu’il s’agit d’intérêt pécuniaire. Bien que je n’eusse que dix neuf ans, je me permis de contre-carrer le capitaine. Les circonstances prévues par la note marginale n’avaient pas eu lieu, et nous devions nous conformer au voeu des armateurs, en prenant du bois de sandal aux îles Sandwich, et nous rendant de là en Chine pour y embarquer des thés.

Marbre fut ébranlé par mes arguments, mais il persista. J’ignore quel eût été le résultat de sa détermination, si le hasard n’avait favorisé nos vues respectives.

Avant d’arriver aux îles Sandwich, Talcott fut promu au grade de troisième lieutenant, à ma vive satisfaction, car notre commun voyage à bord de la Dame de Nantes avait consolidé une liaison basée sur la conformité d’âge et d’éducation.

Les îles Sandwich, où nous jetâmes l’ancre, avaient fait quelques progrès depuis le capitaine Cook. Mais on n’y trouvait pas comme aujourd’hui des églises, des tavernes, des billards, des maisons de pierre. Les habitants ne se convertissaient pas encore à la religion chrétienne, et ne possédaient pas ce mélange d’aisance, de sécurité, de lois et de vices qui constituent la civilisation.

Les sauvages qui vinrent nous rendre visite étaient peu supérieurs à ceux de la côte nord-occidentale. Parmi eux était le patron d’un brick de Boston, dont le navire s’était brisé sur un écueil. Il se proposait de tenter des moyens de sauvetage. Mais il voulait se débarrasser d’une quantité considérable de bois de sandal qui était encore à bord, et que la première tempête pouvait enlever.

Il désirait obtenir en échange des marchandises susceptibles d’être vendues sur place avec avantage, et comptait attendre, pour s’embarquer, un autre navire appartenant aux mêmes armateurs. Le capitaine Marbre se frotta les mains de contentement après avoir visité le navire naufragé.

— La chance est pour nous, maître Miles, me dit-il, et nous partirons la semaine prochaine pour les pêcheries de perles. J’ai acheté pour rien le bois de sandal du navire échoué. Ce soir même nous en enlèverons la cargaison. Le fond est excellent en dedans de l’écueil, et nous pouvons procéder sans risque à notre opération.

Le résultat répondit à l’attente de Marbre, et au bout d’une semaine, nous appareillâmes pour l’Eldorado de perles de Marbre. Nous passâmes la ligne par le 170° de longitude ouest. Un mois après notre départ d’Owyhee ou Hawaï, par une belle nuit étoilée, le capitaine vint nous trouver sur le pont en se frottant les mains, comme il avait l’habitude de le faire quand il était de bonne humeur.

— En vérité, me dit-il, la Providence nous tient en réserve pour de grands événements. Voyez ce qui nous arrive depuis trois ans. D’abord nous faisons naufrage sur la côte de Madagascar, puis nous traversons les mers dans un canot. Nous rencontrons un corsaire de la Guadeloupe, nous finissons par nous en emparer. Ce n’est pas tout.

Après avoir passé hardiment le détroit de Magellan, nous perdons le capitaine Williams, mais en arrivant aux îles Sandwich, nous avons le bonheur de trouver une magnifique cargaison de bois de sandal. Pour mettre le comble à nos aventures, il ne nous faut plus que la découverte d’une île.

— À quoi bon ? répondis-je. Il y a tant d’armateurs qui ont des prétentions sur des îles inconnues, que nous ne gagnerions guère à en trouver une.

— Peu m’importe. Nous aurons du moins l’avantage de baptiser notre découverte. Voyez-vous déjà figurer sur les cartes l’île de Marbre, la baie de Wallingford, les montagnes de Talcott, le cap de la Crise ? Quel honneur pour nous !

— Terre ! s’écria la vigie sur le gaillard d’avant.

 

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Le métier du PORTE-CHAÎNE

Le métier du PORTE-CHAÎNE

Une saga comme vous en verrez rarement…
Développer la colonie en y découvrant les us et coutumes des habitants de cette époque.
Guerre, Indiens, Noirs, Amours, Colonisation, voilà ce qui vous attend dans cette histoire si finement racontée.
Mais qu’est-ce qu’un Porte-Chaîne ?
À vous de le découvrir !

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En voici un extrait :

Sommaire

Introduction

Guerre terminée

Est-ce arrangé ?

Séjour à Satanstoë

On discute avant le départ

Se rendre d’abord à Albany

Traverser le territoire

La première fois

Arriver au domaine

L’édification

La nièce du Porte-Chaîne

Les sortir de la misère

Conclure les bails

Des milliers de pigeons

La terre est-elle ronde ?

Un moulin sur ses terres ?

Chez l’accapareur

Accusé d’être un homme de loi

Prisonnier dans la grange

Un essai raté

Toujours prisonniers

Le jugement

Comment s’échapper…

Une violente interruption

Tentative de réconciliation

Il respire encore

Plus d’un mourant

Promesse

Hommage au Porte-Chaîne

Nous parlions de vous

Conclusion

Est-ce arrangé ?

Heureux Lilacsbush ! heureux bosquet de lilas ! jamais je n’oublierai avec quelles délices j’errais dans ses grottes et au milieu de ses collines. Combien je me réjouissais de penser que j’étais le possesseur de toutes ces scènes de ma première enfance.

Ce fut dans l’été de 1784 que j’allai me jeter dans les bras de ma mère, après une séparation de près de deux années. Catherine riait et pleurait, et me pressait dans ses bras comme elle eût fait cinq ans plus tôt, bien qu’elle fût alors une ravissante jeune fille de dix-neuf ans.

La tante Marie me donna une poignée de main, un baiser sur le front, et me sourit affectueusement, à sa manière calme et paisible. La maison était sens dessus dessous.

Car Jaap rentrait avec moi, la laine de ses cheveux blanchie, et entouré d’une foule de petits Satanstoë (car tel était son nom de famille, quoique sa femme se fit appeler miss Lilacsbush). Enfants et petits-enfants, tous l’accueillirent avec des démonstrations de joie, et pendant vingt-quatre heures ce fut un tumulte à ne pas s’entendre.

Le lendemain je fis seller mon cheval pour me rendre au village de Satanstoë, et visiter ma grand’mère, que rien n’avait pu déterminer à abandonner les soins de sa maison pour venir habiter Lilacsbush.

Le général, c’est ainsi qu’on appelait mon père, ayant rendu sa visite quelques jours plus tôt, s’abstint de m’accompagner. Mais ma soeur y consentit avec joie. Elle montait parfaitement à cheval.

Jaap, qui avait acquis le privilège de faire à peu près ce qui lui convenait, ou qui ne faisait absolument rien lorsqu’il ne nous accompagnait pas en campagne, fut dépêché une heure avant notre départ vers madame Littlepage, ou sa vieille, vieille maîtresse, comme le drôle avait coutume d’appeler ma grand’mère, pour lui faire savoir que nous nous invitions à dîner chez elle.

Dans certains pays du globe, les habitants sont dégradés à ce point que les plus proches parents n’oseraient prendre une telle liberté. La fils n’oserait prendre sur la table une assiette sans la permission de son père. Dieu soit loué ! nous n’avons pas encore, en Amérique, atteint ce degré de civilisation.

Il n’y a pas chez nous de père, de grand-père ou d’aïeul qui n’accueille autrement son descendant qu’avec un sourire de bienvenue, qu’il vienne peu, souvent ou comme il voudra.

Vers les neuf heures d’une belle matinée du mois de mai, je m’élançai, en compagnie de Catherine Littlepage, tous deux à cheval, sur la vieille route de Kingbridge (du Pont du Roi). Cette dénomination, ainsi que celles de rois, reines et duchesses, subsiste toujours, comme des jalons pour servir à l’intelligence de notre histoire.

C’est ainsi que toutes choses de ce monde sont, par leur nature même, temporaires et périssables, ce que ne devraient jamais oublier ceux qui ont plus de hasards à courir dans les révolutions du globe.

Nous nous arrêtâmes à la porte de l’auberge de Kingsbridge pour souhaiter le bonjour à l’hôtesse, madame Light, qui en était propriétaire depuis un demi-siècle, et qui avait vu grandir deux générations de notre famille. Cette loquace ménagère avait ses qualités et ses défauts, mais l’âge lui avait donné une sorte de droit à notre sollicitude, et je ne pouvais passer sa porte sans m’y arrêter, ne fût-ce qu’un instant. Elle accourut en personne sur le seuil pour nous saluer.

— Je l’avais rêvé, monsieur Mordaunt ! s’écria-t-elle dès qu’elle m’aperçut. J’ai rêvé de votre retour il n’y a pas plus d’une semaine ! Il y aurait folie à le nier… les rêves disent quelquefois vrai !

— Qu’avez-vous donc rêvé cette fois, madame Light ? lui demandai-je, sachant bien qu’il fallait laisser courir sa langue pour être plus tôt débarrassé d’elle.

— À la dernière chute des feuilles je rêvai que le général était de retour, et il revint, en effet. Pourtant, vous le savez, monsieur Mordaunt, ou major Litilepage, comme ils disent que je dois vous appeler, les on dit se réduisent souvent à néant. Pourtant j’ai rêvé la semaine dernière que vous reviendriez certainement sous huit jours, et vous voilà de retour en chair et en os.

— Pour cette fois, le rêve ne vous a pas donné le démenti, ma bonne hôtesse.

— C’est égal. Il ne m’arrive pas souvent de croire aux rêves. Mais Jaap s’est arrêté ce matin ici pour faire rafraîchir son cheval, et j’ai prévu que mon rêve allait se réaliser. Et cela, sans échanger un seul mot avec le nègre.

— Cela m’étonne, madame Light, car vous aimez assez échanger quelques paroles avec vos hôtes.

— Jamais avec les noirs, major. C’est leur donner une licence dont ils sont toujours disposés à abuser. J’abhorre l’effronterie chez un nègre, c’est pourquoi je les tiens tous à distance. Que de choses nous avons vues se passer, major, depuis votre départ pour la guerre, et combien de changements ! Notre clergé ne prie plus pour les rois ni pour les reines, pas plus que s’ils étaient tous disparus de la terre.

— C’est vrai, mais actuellement nous prions pour le congrès.

— Je souhaite que tout cela tourne à bien ! Mais je vous dirai, major, que les officiers de Sa Majesté dépensaient plus largement et payaient en monnaie de meilleur aloi que les colons. Ils ont tous passé par chez moi. J’en ai vu des régiments, et je dois leur rendre cette justice en toute conscience.

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Le Corsaire Rouge

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Le Corsaire Rouge

Oubliée à cause de la révolution américaine et ses batailles, cette histoire de pirate est peu commune. Découvrez cette personnalité changeante et puissante qui avait la réputation de faire frémir, juste à la prononciation de son nom.
Mais qui était-il en réalité ? À vous de le découvrir !

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Voici un extrait :

Amis ou ennemis ?

Ravi de son succès, heureux de s’être acquitté honorablement d’une manoeuvre difficile, Wilder ne songea plus qu’à se distraire par une conversation agréable, et il se rapprocha de madame Wyllys, qui contemplait le Dauphin avec une singulière admiration.

— L’équipage de ce vaisseau est vraiment extraordinaire, lui dit-elle du plus loin qu’elle l’aperçut. Il ne donne aucun signe de vie, et l’on dirait qu’il appartient à un vaisseau-fantôme. Cependant, si je ne me trompe, il a failli être compromis par le voisinage de la Caroline.

— Un choc a été à craindre pendant quelques instants, madame. Mais à présent nous sommes hors de danger.

— Grâce à vos talents, reprit la gouvernante. Mais la manière dont vous vous êtes tiré d’affaire, en même temps qu’elle atteste votre capacité prouve combien vous aviez été injuste envers le vaisseau sur lequel nous sommes. Je vois que vous avez voulu vous divertir aux dépens de trois femmes faibles et crédules.

— Sur mon honneur, madame, je suis encore convaincu de ce que j’ai dit, et je répète que ni ma mère, ni ma femme, ni ma soeur ne se seraient embarquées sur la Caroline avec mon consentement.

— Vos regards, votre voix, votre air de bonne foi forment une étrange contradiction avec vos paroles, jeune homme. Ils sont de nature à inspirer la confiance, et cependant vous n’articulez aucune raison décisive. Peut-être dois-je rougir de ma faiblesse, mais j’avoue que la tranquillité mystérieuse de ce négrier me cause un trouble inexplicable. Elle pourrait inspirer les plus terribles soupçons.

J’ai entendu dire qu’on avait vu déployer de faux pavillons sur la côte, que des vaisseaux avaient été pillés. On assure même que le fameux Corsaire Rouge s’est lassé des excès qu’il avait commis dans les colonies espagnoles, et qu’il croise maintenant dans la mer des Antilles.

Wilder ne fit aucune réponse et baissa les yeux vers le pont. La gouvernante rêva un instant, et le changement qui s’opéra sur sa physionomie prouva que les vagues soupçons qu’elle avait conçus étaient trop légers pour se perpétuer.

— Au reste, dit-elle, le métier de négrier est assez vil pour qu’il soit nécessaire d’attribuer à ce navire étranger un rôle plus criminel encore. Oublions-le, monsieur Wilder, et revenons à vos singulières assertions relativement à la Caroline.

— Je les maintiens, madame, mais il m’est impossible de les énoncer plus clairement.

— Le péril n’est-il pas diminué par votre présence ?

— Diminué, mais non pas détruit.

Jusqu’alors Gertrude avait plutôt écouté parce qu’elle n’avait pu s’en dispenser, qu’en prêtant une attention réelle à la conversation. Mais en ce moment elle se tourna vers Wilder avec un peu de vivacité et même d’impatience. Ses joues se colorèrent, et elle demanda avec un sourire qui aurait pu arracher un aveu à un homme plus endurci :

— Vous est-il défendu de vous expliquer ?

Le jeune capitaine hésita, autant peut-être pour contempler les traits naïfs de Gertrude que pour arrêter une réponse. Le sang monta à son front basané, et ses yeux brillèrent d’un rayon de plaisir. Puis il se rappela soudain qu’il différait à répondre, et dit :

— Je suis certain que je puis en toute sûreté me fier à votre discrétion ?

— N’en doutez pas, reprit madame Wyllys. Jamais nous ne consentirions à vous trahir.

— Me trahir, madame ! je ne crains rien pour moi. Vous me faites injure en me supposant capable d’appréhensions personnelles.

— Nous ne vous soupçonnons de rien d’indigne, dit Gertrude précipitamment. Mais… nous tremblons pour nous-mêmes.

— Eh bien, donc, je vous tirerai de votre inquiétude, fût-ce aux dépens de…

Il fut interrompu par quelques mots adressés par l’un des lieutenants à l’autre, qui était alors à la hune.

— Ohé ! criait-il, l’équipage du négrier vient de découvrir que son vaisseau n’était pas fait pour être mis sous verre !

— Oui, oui ! répondit l’autre lieutenant. Nous voyant en mouvement, il s’est souvenu de ses projets de voyage. Il fait le quart à son bord comme le soleil au Groenland, six mois dessus et six mois dessous.

Cette saillie, comme toutes celles des lieutenants, excita un rire bruyant parmi les matelots, qui la répétèrent en y ajoutant leur propres observations, mais d’une voix moins élevée par déférence pour leurs supérieurs.

Cependant les yeux de Wilder s’étaient fixés sur le Dauphin. L’homme qui était resté si longtemps assis au bout de la grande vergue avait disparu, et un autre marin marchait résolument sur l’autre bras de la même espar. Il s’appuyait sur le boute-hors, et tenait à la main le bout d’une corde qu’il semblait vouloir remettre en place.

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MAUD la Fleur des bois

MAUD la Fleur des bois

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Il a fallu se battre avant d’en arriver à ce que les contrées d’Amérique deviennent indépendantes de l’Angleterre.
Voyez comment certaines familles étaient partagées par le camp à choisir.
Pour les Anglais ou pour les Américains ? Être neutre ne semblait pas une option.
Découvrez comment ceux qui ont pu s’en sortir l’ont fait ?

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Voici un extrait :

Anglais ou Américain ?

L’approche de la nuit en mer, ou dans un désert, a toujours quelque chose de plus solennel qu’au milieu des régions civilisées. L’isolement du marin augmente à mesure que l’ombre s’épaissit, et son infatigable vigilance semble déjouée par des ténèbres qui lui ôtent tout moyen de reconnaître l’heure.

Ainsi, dans les forêts ou dans les clairières isolées, l’obscurité accroît les mystères des bois, et rend moins efficaces les précautions prises contre le danger.

Le soir de ce jour, le major Robert Willoughby se tenait à la fenêtre un bras passé autour de la taille élancée de Beulah. Maud restait à l’écart. À mesure que le crépuscule se retirait, laissant d’épaisses masses d’ombres envelopper les bois, et augmentant la tristesse de la solitude, le major en ressentait les pénibles impressions avec une violence dont il n’avait jamais fait l’épreuve.

— Votre résidence est bien isolée, mes soeurs, dit-il d’un air pensif, mon père et ma mère ne parlent-ils jamais de vous ramener dans le monde ?

— Ils nous conduisent tous les hivers à New-York, à présent que mon père est membre de l’assemblée, répondit tranquillement Beulah, nous comptions vous y trouver la saison dernière, et nous avons été bien désappointés en ne vous voyant pas arriver.

— Mon régiment a été envoyé à l’est, vous le savez. Et venant de recevoir mon grade de major, je ne pouvais m’absenter. Voyez-vous quelqu’un ici, outre ceux qui appartiennent à la maison ?

—Oh ! oui, s’écria Maud avec vivacité.

Puis elle s’arrêta, comme si elle eût regretté d’avoir parlé, et poursuivit après un moment de silence et d’un ton plus calme :

— Ce lieu est très retiré, sans aucun doute, mais nous recevons de temps des visites.

— De qui ? de chasseurs, de trappeurs, de colons, de sauvages ou de voyageurs ?

Maud ne répondit pas, mais Beulah prit la parole quand elle vit sa soeur garder le silence.

— Nous voyons un peu de toutes ces classes, dit-elle, principalement de la dernière. Il nous vient un ou deux chasseurs par mois dans la bonne saison. Les colons sont rares, et l’on sait d’ailleurs que mon père n’est pas disposé à vendre.

Les Indiens se montrent plus fréquemment, mais nous en avons eu moins pendant l’absence de Nick que lorsqu’il était avec nous. Toutefois il en passe au moins une centaine par an, en comptant les femmes. Ils arrivent par bandes de cinq à six.

Quant aux voyageurs, ce sont en général des intendants, des chercheurs de terre, ou quelques propriétaires qui vont visiter leur domaine.

— Il est singulier qu’on vienne chercher une terre dans un désert comme celui-ci. Quels propriétaires avez-vous vus ?

— Un vieillard et un jeune homme. Le premier était, je crois, associé de feu sir William, qui avait une concession près de la nôtre. Il s’appelait Fonda. L’autre appartenait à la famille Beckmann, qui a hérité d’un domaine considérable à peu de distance d’ici. Il paraît que sa concession est de 100,000 âcres.

— Mais a-t-elle trouvé le sol ? Il y a bien souvent de la différence entre les espérances et la réalité.

— Nous avons vu ce jeune homme deux fois, à l’aller et au retour. Il était satisfait. La dernière fois il fut retenu par une chute de neige, et passa quelques jours ici. Il partit avec nous pour New-York, et nous avons eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois l’hiver dernier.

— Maud, vous ne m’avez rien dit de tout cela ! Les visiteurs de cette espèce sont-ils assez communs pour que vous n’en parliez pas dans vos lettres ?

— Je n’en ai pas parlé ! Beulah aura de la peine à me le pardonner. Elle croit sans doute plus que moi M. Evert Beckmann digne de figurer dans une lettre.

— Je le regarde comme un jeune homme honnête et distingué, répondit tranquillement Beulah, mais avec une rougeur inusitée que dissimula l’obscurité, je présume toutefois qu’il lui importe peu d’occuper une place importante dans les lettres de vos soeurs.

— Eh bien, j’apprends des nouvelles, dit le major en riant, et maintenant, Beulah, si vous voulez me confier un secret du même genre relativement à Maud, je serai au fait de tous les mystères de la famille.

— De tous ? répéta Maud avec vivacité. N’y aurait-il rien à dire d’un certain major Willoughby, mon frère ?

— Bien absolument. Mon coeur est rude et sain comme le chêne, et j’espère le conserver ainsi. En tout cas, ce que j’aime est dans cette maison. À vous dire vrai, mes amies, un soldat ne peut guère songer qu’à son devoir, surtout au moment où la querelle devient sérieuse entre la mère-patrie et les colonies.

— Pas assez sérieuse, mon frère, dit Beulah, pour amener des catastrophes. Evert Beckmann écrit qu’il y aura des troubles, mais sans graves violences, sans effusion de sang.

— Si je me le rappelle bien, la famille Beckmann est dévouée au roi d’Angleterre. Quelle est l’opinion de cet Evert ?

— J’ose dire que vous le qualifieriez de rebelle, répliqua Maud en riant. Beulah préfère garder le silence. Il n’est pas exalté, mais il se glorifie du titre d’Américain, qu’il oppose à celui d’Anglais. Mais vous-même, Robert, à quel parti appartenez-vous ?

— Moi, je suis à la fois Américain et Anglais. Américain, parce que mon père était du Cumberland et Anglais, en qualité de sujet du royaume.

— Comme saint Paul était Romain, dit Maud. Quant à moi, je n ai qu’un seul caractère. Ou, si j’en ai deux, ce sont ceux d’Américaine et de citoyenne de New-York. Si j’étais homme, si je portais l’uniforme, peut-être aurais-je aussi de la sympathie pour l’Angleterre.

— C’est trop se préoccuper, ma soeur Maud, d’une mésintelligence peu sérieuse. Les paroles aigres ne peuvent enfanter que des paroles plus aigres encore, tel est l’avis d’Evert Beckmann.

— Puissiez-vous prophétiser vrai ! repartit le major d’un air pensif. La solitude de ce bien m’alarme, et je souhaite qu’on puisse décider mon père à passer plus de temps à New-York. Est-ce dans ses intentions, témoigne-t-il parfois quelque inquiétude ?

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L’Ontario

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L’Ontario est un roman populaire illustré, de Fenimore Cooper, traduit par de la Bédolière.

Il raconte l’histoire de coureurs des bois, navigateurs, Iroquois, Mohican et d’une jeune fille que l’on amène à son père au fort Oswego.

Que d’incidents pour traverser ces contrées sauvages remplis de tribus malfaisantes.

Suivez les aventures de ces pionniers, vous ne serez pas déçus, assurément !

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