Le dernier chevalier

Le dernier chevalier

 

Une Nouvelle-France en Inde ? Toujours la France contre l’Angleterre. En Inde aussi, des guerres entre l’Inde alliée à l’Angleterre et celle amie de la France. Que font les gens en peine d’affaires avec les bureaux officiels ? Et ceux en peine d’amour ? Des personnages attachants…

 

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L’ŒIL DE POLICE

La chose appelée œil de police par les gens du métier et aussi regard, n’est pas du tout une invention moderne. On en trouve des traces assez nombreuses dans l’antiquité, où l’espionnage se pratiquait honorablement aussi bien dans les monarchies que dans les républiques. En fait d’ombrageuses défiances, pourtant, les républiques ont généralement remporté les premiers prix.

À Sparte, c’étaient de simples trous, à cause de l’austérité qui régnait dans cette patrie du vice rogue et tout hérissé de vanité stoïque. Ils y servaient surtout à surveiller les études des jeunes voleurs exercés aux frais de l’État.

Quelle que fût sa forme ou sa dimension, tout œil de police était construit d’après ce principe, qu’étant donné deux pièces contiguës, l’une sombre et l’autre éclairée, l’intérieur de la première échappe à la vue de la seconde, tandis que tout regard partant de la première est maître des moindres détails de sa voisine.

La contiguïté des deux pièces n’est même pas indispensable, quand on se sert de miroirs obliques. Mais à l’ordinaire, dans les auberges, on n’y mettait point tant de façons, et l’œil de la rue Pierre-Lescot, que j’ai vu et touché, consistait tout uniment en un trou carré, masqué, du côté de la chambre obscure, par une planchette, peinte ou plutôt souillée dans le ton exact de la muraille.

Immédiatement au-dessus de la planchette du côté de la chambre éclairée, se trouvait un rayon de sapin, soutenu par deux consoles du même bois. Le tout, vieux et vermoulu, encadrait et dissimulait très suffisamment le regard à travers lequel, malgré la poussière accumulée, on voyait comme s’il n’y eût pas eu de cloison.

Il en était ainsi dans la chambre noire de la veuve Homayras. Son écumoire, placée là peut-être en d’autres temps, dans un but d’espionnage politique, ne servait plus qu’à la cueillette des nouvelles à la main. Et encore fallait-il que ce bon M. Marais fût bien au dépourvu pour venir chercher ses prétentaines dans un quartier si démodé.

Son flair de limier ne l’avait pas trompé tout à fait. Il y avait bien là une aventure. Mais, au lieu d’une comédie à l’eau de rose, il tombait au plein d’un gros drame où il y avait des larmes et du sang.

Voici, en effet ce qu’il vit, et ce que vit Madeleine, inquiète à juste titre pour la bonne renommée de son garni :

Au milieu de la chambre voisine, éclairée par deux bougies et où brillait en outre un feu ardent qui remplissait la cheminée, se trouvait une table, couverte de papiers en désordre.

Par-dessus les papiers, une carte géographique de très grandes dimensions, dessinée et coloriée à la main, était étendue. Elle couvrait presque tout le carré de la table et se déroulait jusqu’à terre, de sorte que l’un de ses angles disparaissait sous le corps d’un homme de 60 ans à peu près, tout sanglant et gisant sur le carreau entre le foyer et la table.

Elle était enluminée si violemment, cette carte, et tracée en traits si distincts, que le regard de Marais et aussi celui de la veuve allaient à elle, bon gré, mal gré, en dépit du cadavre taché de rouge qui en froissait un des coins.

Et, tout en restant fascinés par le tragique spectacle inopinément offert à leurs yeux, ils étaient contraints de lire ces mots, tranchants comme si on les eût écrits avec du feu liquide : Carte des conquêtes de la France… et ce nom, qui flamboyait autour d’une tache pourpre, en forme d’étoile : Madras.

L’homme ne bougeait plus. Il était couché sur le dos, les jambes écartées, la tête renversée dans la forêt de ses cheveux touffus et grisonnants. Mais, loin d’avoir la pâleur de la mort, sa figure, frappée à revers par les chauds reflets du foyer, semblait écarlate.

L’immobilité suprême avait évidemment saisi ses traits dans les contractions d’une puissante colère. Ils étaient beaux, énergiques surtout, malgré les sillons convulsifs, creusés autour de la bouche par un courroux terrible ou une poignante douleur.

Auprès de lui, un couteau, tout mouillé de rouge, jouait avec la flamme de l’âtre comme un long rubis affilé que la langue du feu aurait léché. Au-delà du couteau, une main, si crûment blanche qu’on l’eût dite taillée dans l’albâtre, se tendait immobile, mais crispée et souillée d’une large maculature de sang, vers l’arme qu’elle touchait presque.

Cette main, merveilleusement belle, tenait, par un bras demi-nu et de proportions exquises, au buste gracieux d’une jeune fille, vêtue de noir et bien plus pâle que le prétendu mort.

L’inspecteur et la veuve n’avaient pas de peine à la reconnaître pour celle qui était venue, tout à l’heure, demander M. Joseph. À la vérité, ils n’avaient point vu alors son visage, mais le costume et la tournure suffisaient à lever tous les doutes.

Vous vous souvenez que M. Marais, comme un poète qu’il était (tous les policiers le sont un peu), avait dit que la beauté de cette jeune fille perçait son voile. Le fait est que cette beauté éblouissait.

 

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LES GUÊPES

LES GUÊPES Roman policier

 

Une intrigue policière comme vous les aimez. Cette histoire vous conduira où vous ne vous y attendiez pas. Attaquer par des guêpes ? Quelle sorte de guêpe peut tuer un homme ?

De plus, l’auteur a eu le courage de le publier au fur et à mesure de son écriture sur ce site, mais le voici complété et bien captivant, à vous d’en juger…

Vous pouvez aussi retrouver Normand Jubinville, l’auteur de Fausses Pistes, La Femme secrète, Chamane Sanglant et bien d’autres, sur www.livresenligne.ca

 

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7. Des guêpes partout !

— Comme je vous l’ai expliqué, commença Pierre Brault, nous étions sur la terrasse pour célébrer le retour de la sœur de ma conjointe. J’ai pris quelques photographies pour immortaliser l’évènement, dont une juste avant de voir le sac de plastique rouler dans le restaurant.

Pierre sortit son smart phone et montra l’image à l’inspecteur. Elle présentait les visages souriants de deux jeunes femmes.

— Si j’agrandis l’image et que l’on regarde entre les deux personnes, on peut apercevoir le phare avant d’une motocyclette en arrière-plan, du moins il me semble. Il faisait nuit, la photo est sombre et floue, mais j’ai l’impression que le passager tient un sac blanc et qu’il le lance par-dessus sa tête. Voyez-vous la même chose ?

Boileau ajusta ses lunettes et s’approcha de l’écran. Aussitôt, il décrocha le téléphone et composa.

— Mademoiselle Fontaine, pouvez-vous venir à mon bureau ?

— (…)

— Oui maintenant.

— (…)

— Merci, dit-il en raccrochant le combiné.

Julie Fontaine se présenta quelques secondes plus tard. Boileau lui montra la photographie.

— Peut-on l’améliorer afin de discerner l’arrière-plan ?

— On peut toujours essayer, confirma-t-elle. Si monsieur veut bien venir avec moi, je vais transférer une copie du fichier sur mon ordinateur, avec votre permission, bien sûr.

L’homme accepta d’un signe de tête et suivit Julie.

— Merci Monsieur Brault, lui dit Boileau. Vous nous avez peut-être apporté une pièce significative de ce puzzle.

L’enquêteur Steve se présenta dans l’embrasure de la porte.

— Est-ce que je peux vous déranger ?

— Entrez. Qu’y a-t-il de neuf dans le dossier ?

— Malheureusement rien. Nous avons visité une trentaine de maisons, mais n’avons rien trouvé. Par contre, à plusieurs reprises personne ne répondait à la porte. Les occupants étaient absents, probablement au travail.

— Il est aussi possible que notre suspect demeure dans l’une de ces habitations et, dans ce cas, il ne se montrera pas.

— Nous devrons donc procéder par élimination. Alors, j’ai besoin de votre autorisation pour effectuer des heures supplémentaires afin de compléter notre enquête ce soir.

Je vais encore défoncer mon budget ! se dit Boileau.

— C’est bon. Fais ce qu’il faut.

— Merci Monsieur l’Inspecteur. J’ai autre chose à vous communiquer.

Boileau adopta une posture d’écoute, Steve continua :

— Les patrouilleurs routiers m’ont signalé qu’il s’est produit un accident sur l’autoroute, en direction de Montréal. Selon le premier constat, une dame a soudainement changé de voie et frappé un autre véhicule qui allait la dépasser. Les deux se sont retrouvés dans le fossé. Il n’y a pas de blessures graves, seulement des ecchymoses. La conductrice affirme qu’elle a perdu le contrôle de son automobile en tentant de chasser une guêpe ou une abeille s’étant introduite dans l’habitacle.

— Ça ressemble à un simple accident de la circulation. En quoi sommes-nous concernés ? objecta Boileau.

— Je vous rappelle que nous avons demandé à être informés de tout incident impliquant des abeilles ou des guêpes.

— Tu as raison, avoua Boileau. J’espère seulement que nous ne serons pas débordés par des rapports sans liens avec notre mandat et nos dossiers.

L’inspecteur s’affaira à noircir quelques formulaires tout en essayant de ne plus penser à ses enquêtes. Il appelait ça « recharger ses neurones ». Ayant terminé sa journée, il décida de prendre un apéritif quelque part avant de rentrer. Machinalement, il se dirigea vers le resto-bar « Le Papillon ».

Ce n’est peut-être pas la meilleure façon de relaxer, pensa-t-il, se moquant de lui-même.

En s’approchant, il nota que les paniers de fleurs décorant la terrasse avaient disparu. En prenant une table, il remarqua un avis inscrit sur un tableau noir :

« Attention aux guêpes !
Couvrez vos verres. »

Décidément, le patron devient paranoïaque, mais c’est compréhensible après ce qui est arrivé…

Un vieux monsieur très digne s’occupait du service. Boileau commanda une bière qu’on lui servit avec deux sous-verres en carton, l’un en dessous et l’autre par-dessus.

— C’est une façon originale de présenter les consommations, commenta Boileau.

— Les guêpes adorent la bière, rétorqua le serveur. Elles viennent se noyer dans les verres. Si vous en avalez une par mégarde et qu’elle vous pique dans la gorge, ce peut être très dangereux.

— Je comprends. C’est juste qu’on ne voyait pas ça avant.

— C’est vrai, avoua le serveur, mais il y a davantage de guêpes cette année. Il vaut mieux se méfier.

Boileau entreprit de déguster son breuvage à petites gorgées, tout en replaçant minutieusement le couvercle de carton. Regardant autour de lui, il constata que les autres clients attablés à la terrasse suivaient aussi la consigne de sécurité. Par contre, il ne vit aucun insecte ailé.

J’entends beaucoup parler de guêpes ces jours-ci. Y a-t-il vraiment un plus grand nombre de ces bestioles dans la nature ?

Il se souvint à ce moment que l’entomologiste retraité, rencontré à l’hôpital, lui avait offert de répondre à ses questions, le cas échéant. Il consulta son carnet et composa le numéro de Victor Beauregard.

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DRAME À L’INTERNE

Drame à l’Interne est le dixième roman policier écrit par Louise Alarie dans la Série Enquête.

Les deux enquêteurs en ont plein les bras avec des gens qui ne cessent de disparaître ou même de se faire tuer.
Deux policiers du Centre opérationnel semblent impliqués dans une affaire louche.
De quoi s’agit-il ? Cela a-t-il un rapport avec les meurtres ?
Et surtout, quelle est la cause de tout cela et comment le prouver ?
N’arrivant pas à mettre le doigt dessus, ils déploient leurs hommes dans le but de mettre la main sur le chef des criminels.
Y arriveront-ils ou seront-ils obligés de faire appel à des forces policières supérieures ?

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En voici un extrait :

LA MAUVAISE NOUVELLE

Pendant ce temps à la maison, Kean reçut un appel. Croyant que c’était sa femme, il répondit. Il eut la surprise d’entendre la voix de Cynthia.

— Kean, c’est moi, Cynthia. Écoute, il n’y a rien qui presse mais j’aimerais te parler de quelque chose qui m’intrigue depuis un certain temps.

— Cynthia, je suis sur mon patio en train d’écouter chanter les petits oiseaux, ça te dirait de passer me voir ?

— Avec plaisir, un peu de soleil ne me fera que du bien. Ma mère est sortie et je suis libre comme l’air. J’arrive !

Cynthia, sergent-détective dans le même Centre opérationnel que Kean et Max, est une jeune femme de trente-deux ans qui possède un diplôme en sociologie. Elle a choisi d’aller vivre avec sa mère après que cette dernière eut une attaque. Elle vit maintenant dans une jolie propriété sur Pie IX, qui appartient à sa mère médecin.

Vingt minutes plus tard, elle se gara devant la résidence de Kean en prenant soin de se placer derrière sa Lexus afin de laisser la place libre pour la voiture d’Elwin.

Elle fit le tour de la maison sachant que Kean se trouvait sur le patio. En l’entendant arriver, il se leva, défroissa son short, posa sa pipe et Cuicui sur la table. L’oiseau rouspéta et s’enfuit se coller au cou de Youston, le Golden des Butler.

En entendant venir une étrangère, ce dernier se tint debout complètement éveillé se préparant à aboyer. Kean lui fit un signe de paix que le chien comprit.

Cynthia apparut dans le soleil avec ses multiples frisettes et secoua la tête pour les dégager de son front.

— Viens, jolie Cynthia, lui dit Kean en souriant.

Elle s’avança tout en jetant un regard d’envie sur ce si bel homme. Un léger trouble se logea dans son ventre.

— Viens t’asseoir, prendrais-tu un jus ou un thé glacé ? Du thé, j’en ai de prêt.

— Un thé glacé ferait bien mon affaire. Il fait si bon aujourd’hui. Quel temps superbe !

— Je reviens tout de suite.

Pendant ce temps, elle se pencha vers Youston afin de le gratter entre les oreilles. Et quelle ne fut pas sa surprise de sentir un petit oiseau jaune gigoter sous ses doigts.

— Seigneur ! Il y a un oiseau dans ton pelage !

Youston fit un drôle de mouvement avec ses sourcils comme pour lui accuser réception. L’oiseau se déplaça à peine en lui lançant une série de trilles. Au même moment Kean revint avec les breuvages.

« Dieu qu’il a de belles jambes, cet homme ! » se dit-elle en acceptant le verre.

— Alors, Cyn, qu’est-ce qui t’amène ? lui demanda Kean complètement inconscient de l’attrait qu’il lui inspirait.

Elle se concentra et se rembrunit avant de répondre.

— Il y a quelque chose de pas net au poste.

Kean fronça les sourcils, cessa de boire avant de demander :

— Qu’est-ce qui n’est pas net ?

— Peut-être que je me trompe mais j’ai entendu une conversation entre deux policiers qui m’a mis la puce à l’oreille.

— De quoi s’agissait-il ? s’informa Kean calmement.

— D’un chargement. Les deux hommes parlaient d’un paiement important qui leur reviendrait. Je n’en sais pas plus. Je me suis retrouvée un instant dans leur vestiaire, je cherchais Claude, j’ai ouvert la porte et avant d’appeler, j’ai entendu un peu de leur conversation. Ils ne m’ont pas vue, j’en suis sûre.

— Qui étaient ces hommes ?

— L’agent Sergio Carpini et l’inspecteur Garry Cournoyer.

— Gary Cournoyer ? Tu en es sûre ?

— Oui, c’était bien lui. Je l’ai vu de dos mais je connais bien sa voix et sa stature.

— Dieu du ciel ! J’espère que tu as mal entendu.

— Je… je ne crois pas, Kean, répondit la jolie petite policière. J’ai parfaitement compris qu’il s’agissait de recevoir de l’argent d’un chargement. Un chargement de quoi ? Cela, je l’ignore.

— Je connais Carpini qui ne m’inspire guère confiance. Il cherche toujours à m’éviter en tant qu’agent. Il a reçu plus d’une plainte de la part du public. Mais l’inspecteur Cournoyer a toute ma confiance, du moins, il l’avait.

Pendant un moment, Kean ne dit plus rien. Il se représentait simplement l’homme en qui il croyait.

— C’est pareil pour moi. J’ai eu à travailler avec Carpini et son attitude est vulgaire et indécente. Il se fait une spécialité de blesser les gens, de ne pas les écouter lorsqu’ils racontent et de les regarder avec dédain. Surtout les immigrés, il les bafoue copieusement et les traitent de bougnouls devant eux.

J’ignore pourquoi on ne se débarrasse pas de cet individu.

— À cause de son père qui est représentant à la ville. Malgré les nombreuses plaintes, les semonces et les punitions, nous n’arrivons à rien avec cette tête brûlée.

— Son père n’est qu’un conseiller municipal, il n’est tout de même pas le maire ! S’il est embringué dans une sale affaire, nous devrons agir cette fois sans s’occuper du père.

— Tout ce que je peux te dire c’est que nous le surveillerons jusqu’à ce que nous ayons des preuves contre lui ou contre l’inspecteur. Un simple petit bout de conversation ne nous mènera pas loin.

— Non, je le conçois très bien. Je tenais tout de même à te le dire.

Après le départ de Cynthia, Kean se mit à réfléchir :

« Je ne serais pas vraiment surpris que Sergio Carpini soit un policier ripou. Je l’ai si souvent vu mal se comporter. Mais l’inspecteur Cournoyer, j’ai du mal à croire qu’il se soit lié à lui. Je vais demander à Claude de faire quelques vérifications bancaires. Oui, c’est la meilleure façon de procéder avant d’alerter mon chef. God ! comme si nous avions besoin de ça ! »

Désormais, le patio, le soleil, la pipe ne l’intéressait plus. Il se sentait incapable de penser à autre chose. Sergio Carpini, un flic ripou dans nos rangs.

Il décida de faire un saut au Centre opérationnel et de parler de vive voix à Claude Surrey. Il fit entrer le chien et l’oiseau dans la maison et partit malgré les vives objections de Youston.

Une fois au Centre, il se dirigea vers le bureau de Claude.

— Salut, vieille branche !

— Ma biche, que fais-tu ici en cette magnifique journée de congé ?

Il raconta à Claude ce que Cynthia lui avait appris.

— Oh, que c’est une très mauvaise nouvelle, ça ! s’ébaudit Claude les yeux écarquillés.

— Si tu vérifiais ses finances, nous aurions peut-être un début de quelque chose.

— Oui, je peux le faire mais ce n’est pas très orthodoxe. Tu crois que l’inspecteur Cournoyer pourrait être de mèche avec Carpini ?

— Je n’en sais rien, Claude. Je ne fais que répéter ce que Cynthia est venue me dire. Mais j’ai confiance dans le flair de cette femme.

— Bon, d’accord, je vais faire une petite recherche. Si tu passais devant la maison de Carpini, question de voir comment il vit.

— Ce n’est pas une mauvaise idée, s’il vit au-dessus de ses moyens, cela pourrait être un début de preuve. À ce que je sache, ce type n’est pas né avec une cuiller en argent dans la bouche…

— Non, ma biche, ce n’est pas comme toi !

Kean se contenta de sourire, chercha l’adresse du policier et la trouva.

Il se dirigea vers la propriété de Sergio. En passant devant chez lui, il eut la surprise de découvrir une superbe maison de deux étages tout en pierre véritable. Un aménagement floral digne d’un jardinier chevronné sur un immense terrain de pelouse si verte qu’on la croirait artificielle. Une piscine creusée et un jacuzzi, le tout d’une valeur inestimable à cause de ce quartier très cher dans Ville Saint-Laurent.

Garé devant chez lui, il téléphona à Claude afin de lui décrire l’endroit.

— Cherche s’il a reçu un héritage ou si sa femme vient d’une famille riche. Oh, en parlant de sa femme, elle vient de sortir de sa maison.

— Décris-la moi, veux-tu ?

— C’est une très belle blonde, mince, pas très grande, joliment vêtue, longues jambes, environ vingt-cinq ans. Maquillage vulgaire, elle fait un peu poupée. Un homme l’attend de l’autre côté de la rue. Elle monte dans sa voiture et… Oh, my God ! Ils s’embrassent à pleine bouche et je te jure qu’il ne s’agit pas de Sergio.

L’homme a une superbe voiture sport. Une Lamborghini de l’année. Le peu que je puisse voir, il semble très jeune.

— À tout hasard, prends le numéro de sa plaque.

— C’est déjà fait, t’inquiète.

— Es-tu sûr que ce soit sa femme ? Sergio est tout de même âgé d’une cinquantaine d’années.

— Non. Je vais sonner afin de m’en assurer.

Il le fit mais personne ne vint ouvrir.

— Peut-être que madame a des exigences que notre pauvre Sergio ne peut y faire face.

— Bon, je repars. Cherche bien et tiens-moi au courant. Je retourne à la maison consoler mon Youston.

Claude partit d’un grand éclat de rire.

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