Les Anciens Canadiens

Les Anciens Canadiens

par Philippe Aubert de Gaspée pour les Soirées Canadiennes.

 

Êtes-vous curieux de voir comment cela se passait à cette époque, en Nouvelle-France ?

Rencontrez des personnages attachants et vivez leurs périodes heureuses et d’autres plus malheureuses. Vous en ressortirez enrichis.

 

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PROLOGUE

M. Philippe Aubert de Gaspé, l’auteur de ce très beau roman, est né à Québec le 30 octobre 1786 et mort au même endroit le 29 janvier 1871. Il a été le dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli.

Notre premier romancier québécois a écrit notre premier roman québécois : Les Anciens Canadiens, que je vous présente ici.

Cette oeuvre a eu beaucoup de succès puisque l’on compte une trentaine de retirages. Elle fut traduite en anglais, en espagnol et fut portée à la scène.

M. de Gaspé a eu un de ses fils qui a porté le même nom que lui, Philippe-Ignace-François Aubert de Gaspé, et qui est né en 1814. Il a été journaliste à The Quebec Mercury et Le Canadien. Il est l’auteur du premier roman canadien français publié au Canada : L’influence d’un livre publié en 1837 dans le journal Le Populaire. Il meurt à Halifax en 1841 à l’âge de 26 ans.

Je ne vous présente ici que le roman complet de Philippe Aubert de Gaspé (père), le dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli. Je n’ai pas inclus les 100 pages supplémentaires de notes à propos des différents chapitres.

M. de Gaspé a fait ses études au petit Séminaire de Québec de 1798 à 1806. Il devient avocat en 1811. Il était un grand conteur. Il a exercé plusieurs métiers, dont avocat, lieutenant de milice et shérif. Il a dû faire de la prison, trahi par ses amis, pour un manque de fonds.

Le seigneur de Saint-Jean-Port-Joli a donc connu des moments difficiles avant de pouvoir retourner s’installer dans son manoir.

Vous allez d’abord trouver ce qui a amené M. de Gaspé à écrire un roman à l’âge de 76 ans. Un récit intéressant qui nous permet de mieux comprendre l’homme, son caractère et les moeurs de cette époque.

Vous allez revivre certains épisodes de la conquête de la Nouvelle Angleterre sur la Nouvelle France, qui avait eu lieu quelque trente ans avant sa naissance, donc toujours présente dans l’esprit de ces Anciens Canadiens.

Note à propos de la couverture : Gravure du Château Saint-Louis à Québec (1620-1834) et les habitants de la Nouvelle France en 1780.

INTRODUCTION

Ce chapitre peut, sans inconvénient, servir, en partie, de préface ; car je n’ai nullement l’intention de composer un ouvrage secundum artem ; encore moins de me poser en auteur classique.

Ceux qui me connaissent seront, sans doute, surpris de me voir commencer le métier d’auteur à 76 ans. Je leur dois une explication. Quoique fatigué de toujours lire, à mon âge, sans grand profit, ni pour moi, ni pour autrui, je n’osais cependant passer le Rubicon ; un incident assez trivial m’a décidé.

Un de mes amis, homme de beaucoup d’esprit, que je rencontrai, l’année dernière, dans la rue Saint-Louis de cette bonne ville de Québec, me saisit la main d’un air empressé, en me disant :

– Heureux de vous voir. J’ai conversé ce matin avec onze personnes. Eh bien ! mon cher, tous des êtres insignifiants ! Pas une idée dans la caboche !

Et il me secouait le bras à me le disloquer.

– Savez-vous, lui dis-je, que vous me rendez tout fier, car je vois, à votre accueil chaleureux, que je suis l’exception, l’homme que vous attendiez pour…

– Eh oui ! mon cher, fit-il sans me permettre d’achever ma phrase, ce sont les seules paroles spirituelles que j’aie entendues ce matin.

Et il traversa la rue pour parler à un client qui se rendait à la cour : son douzième imbécile, sans doute.

Diable ! pensais-je, il parait que les hommes d’esprit ne sont pas difficiles, si c’est de l’esprit que je viens de faire. J’en ai alors une bonne provision, je ne m’en étais pourtant jamais douté.

Tout fier de cette découverte, et me disant à moi-même que j’avais plus d’esprit que les onze imbéciles dont m’avait parlé mon ami, je vole chez mon libraire, j’achète une rame de papier foolscap, c’est-à-dire, peut-être, papier-bonnet ou tête de fou, comme il plaira au traducteur. Et je me mets à l’oeuvre.

 

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