La Saga Julius Caesar renaît

À la découverte de cette entrevue de 1h37 réalisée par l’auteure Clara Franceschetti, pour la sortie de son livre imprimé Sévilia ou Les Mémoires de Jules César, je n’ai pu résisté à vous présenter ce magnifique livre : La Saga Julius Caesar.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue.

 

Suivez la vie complète de Jules César, racontée à la première personne. Ses amours, sa vie publique, ses batailles, etc. C’est comme si vous y étiez !

Ce livre (Servilia ou Les mémoires de Jules César) et son auteure ont gagné le Prix International Jean Monnet en 1999. C’est une oeuvre magistrale et vous l’apprécierez assurément !

Vous retrouverez aussi Clara Franceschetti Cancline sur www.livresenligne.ca

La Saga Julius Caesar

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En voici un extrait :

Mes douze ans

Le problème de ma carrière se posa très tôt et bien entendu, personne ne pensa à me consulter.

Après quelques années d’éclipsé, l’oncle Marius était revenu à Rome avec fracas et s’était mis tout de suite à quereller son ex-questeur, Lucius Cornelius Sylla.

Du fait de la personnalité de ces deux hommes, leur dispute, qui à l’origine n’était qu’une banale question d’intérêt, prit bientôt l’allure d’un conflit civil. La vie à Rome en devint précaire et compliquée, car personne ne savait plus qui tenait pour l’un et qui pour l’autre.

La famille et la parenté se maintenaient péniblement en équilibre grâce à un jeu hasardeux de contrepoids, faisant valoir tantôt les liens des Auréliens avec les amis de Sylla, tantôt ceux des Juliens avec Caius Marius.

Le sang coula avec tant d’abondance et si peu de discrimination, qu’il finit par souiller les toges et les sandales de mes augustes parents. Un oncle fut assassiné.

Mon père se faisait de plus en plus maussade, ses tempes se dégarnissaient. Sans doute, les émotions de ces années-là le vieillirent-elles précocement et contribuèrent-elles à hâter sa mort.

Ma mère, au contraire, semblait dévorée par un feu interne. Elle était devenue plus maigre, mais les éclairs de ses yeux montraient bien qu’elle tenait la situation en mains.

Dans de telles circonstances, il parut opportun de me mettre à l’abri en me tournant vers une carrière apolitique, mais d’un certain prestige. Je me préparai à être flamine de Jupiter.

J’avais douze ans à cette époque. Les charges religieuses entraient dans les traditions de notre famille. Celle envisagée pour moi montrait que la parenté m’acceptait comme un membre digne de considération.

Pour mon père, cela signifiait que je resterais loin de l’arène politique, cause de tant de ses angoisses. Que je jouirais, sans effort, de ce respect qui, il faut l’admettre, lui avait manqué.

Pour ma mère, si pragmatique et si exempte de scrupules, c’était, en revanche, elle me le dit plus tard, le moyen de me mettre provisoirement à l’abri. Qui aurait porté la main sur un adolescent destiné au sacerdoce ?

Sans compter que ce choix soulignait notre appartenance à ce cercle restreint d’aristocrates d’où était issu Sylla lui-même, car seuls les patriciens étaient admis à devenir flamines.

Naturellement, mes opinions religieuses n’avaient aucune importance. J’étais habitué à entendre parler des charges religieuses comme d’une prérogative de notre classe, qui savait d’ailleurs dûment s’en servir !

Une telle attitude était tellement ancrée en nous, que ma mère ne trouva pas nécessaire de me prodiguer des conseils pour me persuader.

Mon éducation religieuse n’alla pas au-delà de la simple curiosité historique. Les dieux étaient des alliés utiles dans les relations quotidiennes avec les esclaves et la populace. Preuve en étaient les fréquentes références qu’on y faisait en parlant.

Jupiter lié à mon pénis ?

Personnellement, je considérais les dieux avec un certain ennui, comme des rivaux ou des trouble-fête. Jupiter, en particulier, était lié à mon pénis par un sentiment d’inimitié.

Durant la sieste de l’après-midi, à l’âge de quatre ans, j’avais trouvé une manière simple et originale de passer le temps pendant lequel j’étais éveillé, sans trop m’ennuyer.

Mais un après-midi de printemps, l’entrée brusque d’une jeune servante, au lieu de mon habituelle et plus lente nourrice, avait mis fin à mon passe-temps. Je fus accablé de remontrances, dans lesquelles revenait sans cesse le nom de Jupiter.

Mon embarras atteint son comble quand ma nourrice, attirée par cette série d’invocations, entra derrière la jeune fille et se mit en devoir d’unir ses cris aux siens. Alertée par tant de vacarme, ma mère arriva enfin, les fit taire brusquement, et les jeta dehors.

Néanmoins, depuis ce jour, je ne pus m’empêcher de considérer que Jupiter et mon pénis avaient quelque chose à voir l’un avec l’autre. Jupiter étant le père des dieux, tous les dieux devaient être d’horribles trouble-fête.

En matière de religion, mon père, comme les autres amis de son cercle, semblait enclin à prendre plus au sérieux des théories venant de l’Orient et qui étaient basées sur la réincarnation.

Quand je compris de quoi il s’agissait, l’idée me plut et je décidai qu’avant d’être un Julien, j’avais été pharaon d’Egypte. Et encore avant, un grand sage. Très satisfait de tels antécédents, je cessai, dès lors, de m’occuper des problèmes de l’esprit.

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