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LA PRAIRIE

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LA PRAIRIE de Fenimore Cooper

L’auteur du Dernier des Mohicans nous raconte dans La Prairie la vie d’un vétéran de la forêt.

Il avait commencé sa carrière près de l’Atlantique, mais il s’est vu forcé, par la marche progressive de la population, avançant toujours rapidement sur ses pas, de chercher un dernier refuge contre la société : les plaines vastes et inhabitées de l’ouest.

Il y rencontrera différentes tribus d’indiens mais aussi une famille de squatters (américains vivant aux limites des populations).

Des intrigues et des aventures assurées.

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Attaquer les blancs ?

Toutes les dispositions furent faites par Mahtoree en personne. Il indiqua lui-même le poste précis que chacun devait occuper, comme un homme qui connaissait à fond les qualités respectives de ses compagnons, et on lui obéit à l’instant avec cette déférence que les Indiens montrent toujours aux ordres de leur chef dans les moments décisifs.

Il détacha les uns à droite, d’autres à gauche. Sitôt qu’il avait fait un signe, l’homme désigné partait d’un pas rapide, mais sans faire aucun bruit, et bientôt chacun fut à son poste, à l’exception de deux guerriers qui restèrent près de la personne de leur chef.

Dès qu’il se vit seul avec ces compagnons de son choix, Mahtoree se tourna vers eux, et leur annonça par un geste expressif que le moment critique était arrivé de mettre à exécution le plan qu’ils avaient concerté ensemble.

Ils commencèrent tous trois par déposer le petit fusil de chasse que, sous le nom de carabine, ils portaient en vertu de leur rang. Puis se débarrassant de toutes les parties de leur costume qui pouvaient gêner leur mouvements, ils restèrent un instant immobiles, ressemblant assez à ces statues antiques à peine drapées, qui représentent des héros célèbres.

Mahtoree s’assura alors que son tomahawk était bien à sa place, et que son couteau tenait bien dans sa gaine de peau. Il serra sa ceinture, et arrangea le lacet de ses brodequins ornés de franges, qui aurait pu entraver sa marche. Toutes ces dispositions une fois faites, le chef teton, prêt à tout entreprendre, donna le signal d’avancer.

Les trois guerriers se dirigèrent vers le camp des voyageurs de manière à le prendre en flanc. À peine les prisonniers pouvaient-ils les apercevoir encore, lorsqu’ils s’arrêtèrent, et regardèrent autour d’eux comme des hommes qui délibèrent et qui pèsent mûrement les conséquences avant de prendre un parti décisif. Alors s’enfonçant ensemble dans l’herbe de la Prairie, ils disparurent entièrement aux regards.

Il n’est pas difficile de se figurer l’anxiété terrible avec laquelle Hélène et ses compagnons regardaient ces divers mouvements, dont le résultat les intéressait si particulièrement. Quelque raison qu’elle pût avoir de ne pas porter un attachement très vif à la famille dans laquelle elle a d’abord été vue par le lecteur, la pitié naturelle à son sexe, et peut-être un sentiment de bienveillance plus prononcé, agissaient puissamment sur son cœur.

Plus d’une fois elle se sentit tentée de braver le danger terrible et immédiat qui la menaçait, et d’élever sa faible voix, tout impuissante qu’elle était, pour pousser le cri d’alarme. Entraînée même par une impulsion aussi forte que naturelle, il est probable qu’elle aurait fini par y céder, sans les représentations muettes, mais énergiques, de Paul Hover.

Le jeune chasseur d’abeilles se trouvait livré lui-même aux sensations les plus diverses. La plus vive, la plus puissante sans doute était celle que lui inspirait la position critique de la jeune fille placée sous sa protection.

Mais à cette anxiété déchirante se joignait l’intérêt profond qu’il ne pouvait s’empêcher de prendre à ce spectacle, et qui, pour ce cœur impétueux et sauvage, ne laissait pas que d’avoir des charmes.

Quoique les sentiments qu’il avait manifestés pour les émigrants ne fussent pas équivoques, et qu’ils fussent loin de leur être aussi favorables même que ceux d’Hélène, il brûlait d’entendre le bruit de leurs fusils, et si l’occasion s’était offerte, il aurait été volontiers des premiers à voler à leur secours.

Lui-même il éprouvait parfois le désir, presque irrésistible, de s’élancer pour éveiller les imprudents voyageurs. Mais un coup d’œil jeté sur Hélène suffisait pour rappeler sa prudence prête à l’abandonner, en le faisant souvenir qu’elle serait victime de sa témérité.

Le Trappeur seul était calme en apparence, observant tout aussi froidement que s’il n’eût pas eu un intérêt direct à la tournure que prendraient les choses. Son regard vigilant semblait être partout. C’était celui d’un homme trop habitué aux scènes de danger pour se laisser aisément émouvoir, et qui ne pensait qu’aux moyens de trouver ses gardiens en défaut, et de tromper leur vigilance.

Pendant ce temps les guerriers tetons n’étaient pas restés oisifs. À la faveur de l’herbe touffue accumulée dans les bas-fonds, ils s’étaient frayé un chemin à travers cette couche épaisse, comme autant de serpents perfides qui se glissent vers leur proie, jusqu’à ce qu’ils fussent arrivés à un point où il devenait nécessaire de redoubler de précaution avant d’avancer davantage.

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