IVANHOÉ

IVANHOÉ de Walter Scott et traduit par Alexandre Dumas

Au temps de Robin des Bois et de Richard Coeur de Lion, on retrouve également le vaillant Ivanhoé.
Voyez comment les combats se faisaient à cette époque. IVANHOEFF

Découvrez ces hors-la-loi qui habitaient les forêts et ce que l’on leur reprochait.
Voyez pour quelles femmes Ivanhoé a dû se battre et ce qu’il a subi durant ces batailles.
Revivez cette époque, vous apprécierez très certainement !

 

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En voici un extrait :

 

Vers les cellules

Il trouva dans l’antichambre le serviteur Anwold, qui, après avoir pris la torche des mains de la jeune fille, le conduisit avec plus d’empressement que de cérémonie dans une partie écartée et peu commode du manoir, où un grand nombre de petites chambres ou cellules servaient de dortoir aux domestiques de bas étage et aux étrangers de la dernière classe.

— Dans laquelle de ces chambres couche le juif ? demanda le pèlerin.

— Ce chien de mécréant, répondit Anwold, niche dans la cellule à côté de Votre Sainteté. Par saint Dunstan ! comme il faudra la gratter et la nettoyer pour qu’elle puisse servir à un chrétien !

— Et où couche le porcher Gurth ? demanda l’étranger.

— Gurth, répliqua le serf, dort dans la cellule à votre droite, comme le juif dans celle à votre gauche. Vous servez de séparation entre l’enfant circoncis et l’objet de l’abomination de sa tribu… Vous auriez pu occuper une chambre plus honorable, si vous aviez accepté l’invitation d’Oswald.

— C’est bien ainsi, dit le pèlerin. La société même d’un juif ne saurait être contagieuse à travers une cloison de chêne.

En parlant ainsi, il entra dans la cellule qui lui était désignée, et prenant la torche aux mains du domestique, il le remercia et lui souhaita le bonsoir.

Ayant refermé la porte de sa cellule, il plaça la torche dans un chandelier de bois et examina sa chambre à coucher, dont l’ameublement était de la plus simple espèce. Il se composait d’un grossier tabouret de bois et d’un lit encore plus mesquin, rempli de paille propre, sur laquelle on avait posé deux ou trois peaux de mouton en guise de couverture.

Le pèlerin, ayant éteint sa torche, se jeta tout habillé sur cette couche grossière et dormit, ou du moins demeura couché jusqu’à ce que les premiers rayons du jour pénétrassent à travers la petite fenêtre grillée qui servait à donner accès à la fois à l’air et à la lumière dans cette triste cellule.

Il se mit alors sur son séant, récita ses matines, et ayant arrangé sa toilette, il sortit et entra dans l’appartement du juif Isaac, en levant le loquet aussi doucement que possible.

Le juif était étendu sur une couche pareille à celle du pèlerin. Son sommeil était agité. Ses vêtements, qu’il avait ôtés la veille, étaient disposés soigneusement sous lui, de manière à empêcher qu’on ne les emportât durant son sommeil.

On voyait sur son front une agitation qui touchait à l’agonie. Ses mains et ses bras se tordaient convulsivement comme ceux d’un homme en proie au cauchemar, et, outre plusieurs exclamations en langue hébraïque, on entendit distinctement les phrases suivantes en anglo-normand, la langue mêlée du pays.

— Pour l’amour du Dieu d’Abraham, ayez pitié d’un malheureux vieillard ! Je suis pauvre, je suis sans un penny ! Lors même que vos fers m’arracheraient les membres, je ne saurais vous satisfaire.

Le pèlerin ne voulut pas attendre la fin du rêve du juif. Il le secoua du bout de son bâton de pèlerin. Cet attouchement s’associait probablement avec quelques-unes des terreurs, objets de son rêve, car le vieillard se redressa.

Ses cheveux gris se hérissèrent sur sa tête, et se hâtant de se couvrir d’une partie de ses vêtements, dont il retenait les diverses pièces avec la ténacité d’un faucon, il fixa sur le pèlerin ses yeux noirs et pénétrants avec une expression de sauvage étonnement et de timidité nerveuse.

— Ne craignez rien de ma part, Isaac, lui dit le pèlerin. Je viens en ami.

— Que le Dieu d’Israël vous récompense ! s’écria le juif grandement soulagé. Je rêvais. Mais, qu’Abraham en soit loué ! ce n’était qu’un rêve.

Ensuite, se recueillant, il ajouta d’un ton de voix ordinaire :

— Et vous-même, que désirez-vous, à cette heure matinale, d’un pauvre juif ?

— C’est pour vous apprendre, dit le pèlerin, que, si vous ne quittez pas cette maison à l’instant, et si vous ne vous hâtez pas, votre voyage pourra vous faire courir de grands dangers.

— Père éternel ! dit le juif, qui pourrait trouver du profit à mettre en péril un être aussi misérable que moi ?

— C’est à vous de deviner leurs intentions, dit le pèlerin. Mais comptez sur ceci : lorsque le templier a traversé la salle hier au soir, il a dit à ses esclaves musulmans quelques mots en langue sarrasine, que je comprends parfaitement. Il leur a enjoint de guetter ce matin le départ du juif, de s’emparer de lui à quelque distance du manoir, et de le conduire au château de Philippe de Malvoisin ou à celui de Réginald Front-de-Bœuf.

Il serait impossible de dépeindre l’extrême terreur dont le juif fut saisi à cette annonce. Il paraissait avoir perdu toutes ses facultés. Ses bras pendaient le long de son corps, et il laissa tomber sa tête sur sa poitrine. Ses genoux plièrent sous son poids. Tous ses muscles semblèrent se raccourcir et perdre de leur vigueur.

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