Chien d’or

La légende du Chien d’Or Notre histoire

Je suis un chien qui ronge l’os
En le rongeant je prend mon repos
Un tems viendra qui nest pas venu
Que je morderay qui maura mordu

Cette légende a servi de base au roman « The Golden Dog » de William Kirby.
Il met en scène la rivalité entre la compagnie mercantile de l’intendant Bigot et le citoyen Philibert, chez qui cette enseigne était affichée.
Des relations amoureuses entre personnages fort différents.
Tout cela juste avant la chute de la Nouvelle-France.
La morale du « Chien d’Or » serait que la vengeance conduise à la tragédie. À vous d’en juger.

 

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MOT AU LECTEUR
[Édition 1926]

Rarement, croyons-nous, éditeurs ont-ils avec plus d’enthousiasme, de satisfaction, d’orgueil, de confiance entrepris d’éditer un livre.

Nous avons conscience, en publiant « Le Chien d’Or » de rendre justice au public, à l’auteur, au traducteur, à nos concitoyens, à nous-mêmes.

Depuis longtemps le public lecteur de cette province réclamait qu’on sortît de l’oubli ce roman du « Chien d’Or, » qui fit les délices de la génération d’il y a quarante ans, et dont le texte français n’apparaît que peu souvent chez les bouquinistes, et s’y vend fort cher.

« Le Chien d’Or » est une légende historique de l’ancien régime, digne d’être fixée dans notre littérature nationale par la traduction de Le May, comme elle l’est déjà dans le parler anglais par le texte de Kirby.

Le May, dans les dernières années de sa vie, s’était amoureusement occupé à retoucher et polir sa version française. Benjamin Sulte, dans une préface fort intéressante, y avait inséré une biographie inédite de l’auteur William Kirby, et une page révélatrice de l’origine du chien qui ronge l’os. En appendice, il avait ajouté des notes historiques sur les principaux personnages du grand roman. Cette publication rend donc justice à Kirby, à Sulte et à Le May.

Les citoyens de Québec ont tout autant intérêt que les touristes à connaître la légende du « Chien d’Or ». Si le texte de Kirby suffit aux visiteurs anglophones, la traduction de Le May est nécessaire aux nôtres et nous la leur donnons.

PRÉFACE

« Ce roman est un superbe hommage rendu aux ancêtres des Canadiens-Français, et d’autant plus précieux qu’il vient d’un homme appartenant par le sang et les croyances à une nation qui fut l’ennemie séculaire de notre race…

Mais, il y a plus : nous avons trouvé dans ce livre une si riche collection de nos traditions nationales et religieuses, une peinture si vraie de nos moeurs et de nos coutumes canadiennes, un tableau si frappant et si complet de ce que présente notre histoire à cette époque mémorable (1748), que nous le croyons tout à fait propre à inspirer du goût pour l’étude de l’histoire du Canada, et même à faire connaître une foule de traits qui, à la simple lecture de l’histoire, échappent à l’attention.

LES HOMMES DE L’ANCIEN RÉGIME

— « Voir Naples et mourir ! »

C’était là, comte, un fier dicton que nous entendions souvent quand, nos voiles latines déployées, nous croisions dans les parages de la célèbre baie toute étincelante des feux du Vésuve. Nous étions alors convaincus de la justesse de cette orgueilleuse parole, comte, mais aujourd’hui je dis, moi : « Voir Québec et vivre à jamais ! »

« Je contemplerais sans fatigue, pendant toute une éternité, cet adorable panorama. C’est un matin de l’Eden que ce brillant matin du Canada, et l’admirable paysage qui se déroule sous nos yeux est digne du soleil qui se lève pour l’éclairer. »

Ainsi parlait un grand et superbe vieillard. Peter Kalm, gentilhomme suédois, et l’enthousiasme faisait briller l’azur de ses yeux, resplendir sa figure.

Il s’adressait à Son Excellence le comte de la Galissonnière, gouverneur de la Nouvelle-France, qui se trouvait auprès de lui, sur un bastion des remparts de Québec, en l’an de grâce 1748.

Des officiers français et des Canadiens portant l’uniforme militaire de Louis XV, groupés dans la grande allée pierreuse qui longe les murs, et appuyés sur leurs épées, causaient gaiement ensemble. Ils formaient l’escorte du gouverneur.

Les citoyens de Québec et les habitants des environs, mandés expressément, étaient accourus travailler à la défense de la ville, et M. de la Galissonnière examinait les travaux qu’ils avaient faits pendant la nuit.

Quelques dignitaires de l’Église, vêtus de la soutane noire, se mêlaient volontiers à la conversation des officiers. Ils accompagnaient le gouverneur, tant pour lui témoigner du respect que pour encourager, par leur présence et leurs paroles, le zèle des travailleurs.

La guerre se faisait alors sans merci entre la vieille Angleterre et la vieille France, et la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre. Et depuis trois ans, les deux nations rivales épouvantaient, par de cruelles hostilités cette vaste région de l’Amérique du Nord qui s’étend, dans l’intérieur et au sud-ouest, depuis le Canada, jusqu’à la Louisiane*.

(* Le Canada comprend aujourd’hui, à l’exclusion de l’Alaska, tout le continent américain, de l’Atlantique au Pacifique, au nord de la ligne 45e de latitude.)

Parmi les Indiens, les uns suivaient les étendards de la France, les autres, les drapeaux de l’Angleterre, et tous trempaient avec bonheur leurs mocassins dans le sang des blancs. Les blancs, à leur tour, devenaient aussi cruels et faisaient une guerre aussi impitoyable que les Sauvages eux-mêmes.

Louisbourg, boulevard de la Nouvelle-France ; ce bras cuirassé qui s’étendait hardiment sur l’Atlantique, Louisbourg avait été rasé par les Anglais. Et maintenant, l’armée anglaise envahissait l’Acadie, menaçant Québec par terre et par mer.

Une rumeur rapide, la rumeur d’un danger prochain, passa comme un souffle sur la colonie, et le vaillant gouverneur, voulant mettre la ville en état de défense, donna aux habitants des ordres qui furent reçus avec enthousiasme. Le peuple accourut pour jeter le défi à l’ennemi.

 

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