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L’Ile d’Orléans

L’Ile d’Orléans

 

Les Soirées Canadiennes sont des histoires captivantes qu’on ne rencontre pas ailleurs.

Vous aimerez revivre de ces époques parfois bien lointaines, mais vécues par nos compatriotes.

Vous apprendrez, entre autres, comment se protéger des feux-follets.

L’Ile d’Orléans a joué un rôle important dans notre histoire, à vous de le découvrir !

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Un extrait :

L’arrivée

Pendant que je me livrais à toutes ces réflexions, le bateau touchait au quai.

Il était alors, une heure et demie. De sorte que ce fut après une demi-heure environ de la plus heureuse des navigations possibles que le débarquement eut lieu. Quel débarquement prosaïque !

Pas de vigie pour nous annoncer d’avance que nous allions toucher au terme de notre course. Pas une seule bouche, chargée de faire entendre à nos oreilles ce mot magique : « Terre ! Terre ! » mot trois fois béni qui caresse si délicieusement l’oreille de tout navigateur.

Parmi cette foule de voyageurs qui encombraient le bateau, pas un seul individu n’eut l’air de se rappeler qu’il allait fouler le sol privilégié de l’Ile de Bacchus, de vénérable mémoire.

Pas un, non plus, qui fit mine seulement de craindre l’apparition soudaine d’un de ces redoutables loups-garous ou feux-follets traditionnels, dont la patrie de ces fiers insulaires a été de temps immémorial, la terre de prédilection.

Au sortir du bateau, ma première visite fut pour les ruines de l’ancien fort des Hurons. Ces ruines furent découvertes en 1856, par M. N. H. Bowen, à une petite distance seulement du quai.

C’est un mur de cinq pieds d’épaisseur, recouvert, lorsqu’on fit les excavations, d’un pied de terre, où poussaient à l’envi les unes des autres, les ronces et les jeunes érables.

Ainsi que je l’ai déjà mentionné en passant, ce fut en l’an 1651 qu’un assez fort parti de Hurons vint se réfugier à l’Anse-du-Fort. Ce parti était composé de cinq à six cents personnes environ.

Aidés de leurs missionnaires, ils se mirent à défricher la terre et à cultiver. Pendant la première année néanmoins, ils vécurent de la charité et des aumônes des Français, auxquels ils témoignèrent toujours la plus vive reconnaissance et l’attachement le plus sincère.

L’année 1652 fut encore pour ces infortunés une année de tristesse et de deuil. Six hommes de leur bourgade avec trois enfants se rendaient dans un grand canot a Tadoussac, où ils allaient vendre leur farine de blé-d’Inde aux Montagnais. Une tempête les surprit dans le fleuve, et engloutit la frêle embarcation avec ses neuf passagers.

En 1653, il y eut une grande assemblée de Sauvages au bout de l’Ile. Une des cinq nations iroquoises, celle des Onnontagués, — se sentant d’humeur à faire la paix, envoya à cet effet une députation aux Hurons de l’Anse-du-Fort.

Le Gouverneur, M. de Lauzon assista officiellement à cette réunion. Il y eut de part et d’autre des discours et des promesses. Le traité fut scellé par l’échange de présents, et le tout se termina par des fêtes et des réjouissances.

Outre le fort dont je viens de parler, et outre les wigwams hurons, le voyageur, à cette époque, aurait pu voir encore s’élançant du milieu des sapins et des érables qui recouvraient la plage, le clocher d’une petite chapelle construite avec les économies des Français, et avec des peines infinies, pour le service de ces pauvres sauvages.

Rien ne saurait égaler la piété toute primitive de ces fidèles chrétiens ainsi que la vivacité de leur foi. À diverses reprises durant le jour, la cloche faisait entendre ses joyeuses volées au milieu des airs, et conviait les fidèles à l’église.

On y récitait des prières publiques. Puis, un choeur de jeunes huronnes chantaient en leur langue, des cantiques composés par leurs dévoués missionnaires.

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Trois légendes de mon pays

Trois légendes de mon pays

 

— L’histoire de L’Ilet au Massacre, la première par ordre de temps, nous montre, touchant à son paroxysme, l’état de féroce barbarie dans lequel étaient plongés les aborigènes de l’Amérique du Nord, avant l’arrivée des missionnaires.
— Le Sagamo du Kapskouk nous fait assister à cette lutte tempétueuse qui se fit dans la nature insoumise des Sauvages, lorsque leur fut exposée la doctrine catholique, avec l’alternative de ses promesses magnifiques et de ses menaces terribles.
— Le Géant des Méchins c’est la dernière étreinte de l’erreur aux prises avec la conscience, et le triomphe final de la Religion.
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En voici un extrait :

3. Sur les pistes

Les Micmacs, restés dans le bois pour observer, avaient pu, faisant usage de leur intime connaissance des lieux et profitant de la confiance des ennemis, qui ne soupçonnaient aucunement la présence de batteurs d’estrade autour d’eux, se rendre un compte parfait de tout ce qu’il importait de savoir.

Dans la nuit du départ des deux courriers envoyés à la bourgade du Bic, les éclaireurs avaient facilement découvert que le parti qu’on avait sur les bras était un parti d’Iroquois, composé d’environ cent guerriers d’élite, ayant livré leur âme au carnage et à la dévastation.

Ces guerriers formaient, en toute probabilité, un groupe détaché d’une de ces grandes expéditions qu’à cette époque, et longtemps après encore, les nations iroquoises envoyaient dans toute la vallée du Saint-Laurent.

Bien rarement les Iroquois prenaient une autre route que celle du fleuve, quand ils venaient porter leurs armes jusqu’en ces endroits, pour la raison qu’ils ne connaissaient pas l’intérieur de la vaste étendue de pays qu’il leur aurait été nécessaire de parcourir et que, de plus, il eût fallu traverser le territoire des Abénaquis, tribu vaillante et aguerrie de la nation algonquine, qui ne laissait pas sur ses terres un facile passage aux ennemis de sa race.

Mais très souvent les Iroquois, après avoir cotoyé les rives du Saint-Laurent, s’engageaient dans le cours des grandes rivières, afin d’aller giboyer, quand les provisions manquaient, ou attaquer les petites bourgades de l’intérieur, et même les familles distribuées par groupes au sein des pays de chasse.

Les Micmacs comprirent que les ennemis qu’ils avaient devant eux avaient dû prendre le haut pays par la grande rivière qu’on appelle aujourd’hui des Trois-Pistoles.

Puis s’engager dans cette autre rivière tributaire de la première et qui a nom Bouabouscache, jusqu’à ce que, voyant se multiplier les portages et trouvant sur les bords de la Bouabouscache le chemin plaqué (*) et récemment fréquenté des Micmacs, ils eussent laissé leurs canots, pour se mettre sur les pistes des familles dont le voisinage était, de cette sorte, clairement démontré.

(*) On sait que le mot plaque signifie, dans le langage des forêts, une marque particulière faite sur les arbres et servant d’indication : un chemin plaqué est un sentier marqué de plaques.

Pour qui connaît l’intelligente faculté d’observation et l’acuité d’intuition des sauvages, il y a dans tout cela quelque chose de si naturel qu’on ne concevrait pas que les coureurs n’eussent pas de suite tout deviné.

Ces reconnaissances faites, les Micmacs se divisèrent en deux petites bandes.

— L’une devait suivre les Iroquois sans se laisser découvrir, afin de prendre les devants à temps pour donner quelques heures d’avertissement, aux habitants des cabanes, de l’arrivée des ennemis, et se joindre aux autres guerriers, chargés de la défense du village.

— L’autre bande, composée de cinq hommes choisis parmi les plus intelligents et les plus vigoureux, devait tourner l’ennemi, observer ses brisées, prendre, si possible, préalable indemnité de vengeance, et assurer les moyens de rendre cette vengeance complète.

Suivons un peu ces derniers dans leur mission, aussi délicate et difficile que dangereuse.

Après une demi-journée de marche forcée dans le chemin parcouru par les ennemis, les cinq Micmacs arrivèrent sur le bord de la rivière Bouabouscache, dans un endroit où les pistes des Iroquois s’arrêtaient tout-à-coup.

Les sauvages s’attendaient à cela ; aussi ne furent-ils nullement surpris. Puis, ils connaissaient si bien cette forêt de leur pays qu’il n’était presque pas possible, pour homme ou bête, d’en remuer une branche sans qu’ils s’en aperçussent.

À la suite d’un examen minutieux des bords de la rivière, ils avaient découvert les traces défigurées d’une descente sur la rive sud de la Bouabouscache, d’où les Iroquois, marchant dans l’eau, avaient atteint un gué de rocailles conduisant au chemin pris par eux pour aller au Bic.

D’autres pistes, rendues méconnaissables pour tout autre que des sauvages, menèrent les Micmacs à un amas de branchages, masqué par des arrachis, au pied d’un petit rocher, sous lequel ils trouvèrent entassés vingt canots iroquois, bien différents par la forme des embarcations de la contrée.

Ces canots étaient là, avec les perches et les avirons ; mais il n’y avait rien autre chose. Cependant, il était impossible que les Iroquois eussent emporté au Bic avec eux tout le bagage et surtout les provisions nécessaires à une expédition lointaine en pays inconnu.

On les avait observés, du reste, et ils n’étaient point surchargés.

C’est la coutume des sauvages, quand ils sont obligés de laisser dans les bois les objets qui leur sont d’une utilité première, de ne pas tout mettre dans le même endroit : — c’est ce qu’on appelle faire plusieurs caches ou cachettes.

Les Micmacs continuèrent donc leurs recherches et finirent par découvrir le lieu d’une autre descente, sur la rive nord de la Bouabouscache, à une assez grande distance de l’endroit occupé par les canots, et par trouver la cache des provisions et bagages des Iroquois.

On a tout vu !

Le conseil maintenant !

Puis de suite l’action !

Les sauvages, — comme tous les hommes contemplatifs, — possèdent cette faculté précieuse de concentration, nécessaire à l’unité de but et à la fermeté d’exécution, qu’on appelle le caractère.

Cette qualité se développe chez l’homme qui se recueille, et voilà pourquoi nos sociétés modernes, les moins recueillies, les plus avides de bruit et de frivolités, les plus répandues au dehors, sont aussi, de toute l’histoire, les plus pauvres en grands caractères.

Mettant à profit, dans ce moment, cette qualité si développée chez le sauvage, nos Micmacs firent taire toutes les inquiétudes qu’ils ressentaient pour tant d’êtres si chers laissés derrière eux, et devisèrent des moyens à prendre, tout comme s’il n’y avait eu au Bic rien autre chose qu’un parti d’ennemis exécrés à détruire.

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Une de perdue Deux de trouvées

Une de perdue Deux de trouvées

Le Capitaine Pierre est un navigateur hors pair. Ce qui ne l’empêche pas d’être attaqué par les Pirates. Voyez comment il se sort de cette situation. À terre, on le piège, on le fait même passer pour mort. Mais ses esclaves noirs lui viennent en aide.

Dans la deuxième partie, il se retrouve en charge d’une immense fortune, avec, entre autres, des plantations aux États-Unis. Voyez le plan qu’il a proposé à ses esclaves noirs pour s’affranchir.

Le capitaine passera dans les villages des Patriotes à l’époque des batailles, toujours à la recherche de quelqu’une. Suivez les évènements qu’il a vécu à Montréal puis à Québec.
Que de péripéties ! Vous aimerez !

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Voici un extrait :

Le Rendez-vous des pirates

Le fameux Lafitte n’existait plus depuis longtemps, mais il avait laissé à sa place, avec le titre de général, son lieutenant Antonio Cabrera, qui ne lui cédait ni en bravoure ni en audace.

Cabrera était le chef et le maître de tous ces pirates. Deux à trois actes de vigueur lui avaient valu l’obéissance la plus passive de leur part. Il avait reçu dans sa jeunesse une éducation distinguée, et était le fils cadet d’une illustre famille de Cadix.

D’un caractère emporté, il avait été obligé de fuir sa patrie, afin d’éviter les rigueurs de la loi pour un duel dans lequel son adversaire fut tué. Après s’être longtemps caché dans les bois, il s’était joint à une bande de brigands, et enfin avait trouvé dans les vaisseaux de Lafitte, le théâtre où il put déployer toute l’énergie de son caractère.

Remarqué par Lafitte pour son courage et par les pirates pour son audace, il remplaça bientôt le lieutenant de Lafitte, qui avait été tué en montant à l’abordage d’un navire marchand.

Quand Lafitte abandonna la vie de pirate et le siège de ses exploits, Cabrera fut unanimement choisi pour chef par tous ceux qui avaient partagé ses périls et admiré son courage, son sang-froid et son admirable présence d’esprit dans les conjonctures les plus désespérées.

Féroce jusqu’à là frénésie durant le combat, il avait souvent montré après la victoire, de ces élans généreux qui quelquefois caractérisent la vie de certains pirates. Ses compagnons l’aimaient pour sa justice impartiale. Jamais il ne voulut prendre plus que la part d’un simple matelot, quand il s’était agi de partager le butin pris en course.

Sévère pour la discipline, aucune faute ne trouvait grâce devant lui. D’une rigueur outrée dans le service, il se fit bientôt des ennemis. Mais sa vigueur sut bientôt mettre fin à tous les murmures.

Un jour que l’un de ses matelots refusait d’accomplir un ordre qu’il lui avait donné, il lui creva la poitrine d’un coup de pistolet. Une couple d’exemples de cette nature eurent bientôt convaincu les mécontents qu’ils avaient trouvé dans Cabrera un autre Lafitte, et tout fut fini.

Quatre vaisseaux étaient mouillés dans l’esterre. Une polacre et une corvette, armées chacune sur le pont de seize caronades et d’un canon de chasse de gros calibre sur l’avant. Et deux petits sloops, montés chacun de six canons. Leurs coques longues et effilées, leurs grandes voiles et la prodigieuse hauteur de leur mâture, annonçaient que tous ces vaisseaux étaient faits pour la course bien plus que pour le transport.

Les divers groupes nonchalamment étendus à l’ombre, savouraient le parfum de leurs cigares. Les uns racontaient les aventures de leur jeune âge, les autres dormaient, ceux ci s’amusaient à boire, ceux-là à des jeux de cartes, de quino et de rouge et noir. Cette vie d’oisive inactivité que les pirates menaient dam l’esterre depuis plus d’une semaine, commençait à les ennuyer.

— Je voudrais bien savoir si le général prétend nous tenir ici encore bien longtemps, demandait un tout jeune homme encore, à un mulâtre d’une taille colossale.

— Piétro, ne t’impatiente pas. Tu en auras bien assez ! Dans dix ou douze jours nous pourrons commencer à nous préparer.

— Quoi ! faut-il attendre encore tout ce temps là ! Ne pourrions-nous pas aller faire une toute petite visite aux environs de la Havane, par exemple, pour voir si nous ne rencontrerions pas quelques-uns de nos bons amis messieurs les Anglais ?

S’ils ne sont pas toujours riches en or, ils ont souvent de certaines gentilles petites créatures, comme celle qui est prisonnière dans la case du général, et qui, depuis une semaine, est assez bête pour se laisser mourir de faim et se dessécher à force de pleurer, plutôt que de…

— Chut ! ne parle pas de la Française. Le général en est fou d’amour, il en est jaloux comme un tigre, et ce qui me surprend, c’est qu’il me semble, foi d’honnête homme, trembler comme s’il avait peur, quand il lui parle.

— Eh bien, parlons d’autre chose, ça vaudra peut-être mieux en effet. Pourquoi le général n’est-il pas venu nous voir depuis deux jours ? Il me semble qu’il ne faut pas tant de temps pour aller à Malance ? Et sa Française, s’il l’aimait tant… Ah !c’est vrai j’oubliais, il n’en faut pas parler ! Mais après tout, nom d’un tonnerre, pourquoi n’en parlerais-je pas moi ? Qui est-ce qui m’empêchera ici ?

— D’abord la prudence. En second lieu le respect pour le sexe. En troisième lieu, et le mulâtre regarda fixement Piétro dans les yeux.

— Et en troisième lieu, quoi ?

—Et en troisième lieu, parce que, entends-tu, je ne veux pas qu’on fasse de réflexions sur la prisonnière du général.

Piétro se mordit les lèvres. Il ne savait que penser du mulâtre. Était-ce obéissance et respect pour Cabrera, ou amour pour la Française qui portait le mulâtre à en agir ainsi. Piétro n’aimait pas Cabrera et encore moins le mulâtre. Il eut donné beaucoup pour connaître les motifs de sa conduite en cette circonstance.

— Mais il me semble, mon cher Burnouf, reprit Piétro après un instant de silence, que le général ne devrait pas être si particulier sur sa Française. Car après tout, ce n’est pas lui qui l’a fait prisonnière ! En bon droit et en stricte justice, elle doit t’appartenir à toi, Burnouf, car c’est toi avec ta polacre qui as attaqué l’anglais. Et quoique Cabrera soit arrivé avec sa corvette quelques minutes après que tu fus monté à l’abordage, c’était encore un de tes gens qui avait empoigné la Française. Cabrera n’avait pas le droit de s’en emparer.

Piétro, en prononçant ces paroles d’un air presque indifférent, n’en avait pas moins suivi avec attention l’expression de la physionomie du mulâtre, dont les épais sourcils s’étaient contractés à mesure que Piétro parlait.

— Les roches entendent, répondit le mulâtre en baissant la voix. Éloignons-nous un peu d’ici.

Et le mulâtre et Piétro allèrent à quelque distance, ce dernier tressaillant involontairement de l’expression féroce du mulâtre.

— Tu penses donc que j’ai droit à la Française ?

— Mais sans doute. Et nous avons tous été surpris de voir que tu te soumettais si bonassement à te la laisser enlever par le général.

— Oui, mais sais-tu que c’aurait été une lutte à mort, entre le général et moi ?

— Tu as donc eu peur, toi Buruouf. Toi qu’on désigne pour notre prochain général, au cas où Antonio Cabrera viendrait à mourir ou à nous abandonner ?

— Peur, nom d’un cratère ! Peur, moi, Jean Burnouf !

— Dame, aussi, pourquoi ne l’as-lu pas disputée au général ?

— Je vais te dire : c’est que je n’étais pas trop sûr que j’eusse le droit de mon côté. Car vois-tu, sans l’arrivée opportune de la corvette, la polacre et son équipage, et moi par-dessus le marché, étions tous flambés. Je craignais que nos gens ne se déclarassent en faveur du général. Ce qui, sans m’avancer, m’aurait rendu tout au moins suspect, pour ne pas dire plus.

Et avec le général il ne fait pas bon de s’y frotter, à moins qu’on ne soit bien sûr de son coup. J’ai mes plans. Je t’en parlerai plus tard. En attendant, il serait à propos d’avoir l’opinion de nos gens.

En ce moment un coup de sifflet se fit entendre sur le roc au-dessus, et se renouvela par trois fois. C’était le signal de l’arrivée de quelqu’un de la bande.

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Évangéline Une légende d’Acadie

Évangéline Une légende d’Acadie

 

Une légende acadienne comme il en existe plusieurs autres. La déportation des Acadiens, racontée du point de vue de quelques familles. Leur première vie très heureuse, puis le déracinement forcé. Les familles dispersées et envoyées en différents endroits. Leur recherche mutuelle, privations, pauvreté, etc.
Une histoire à partir du fameux poème de Longfellow.
Vous allez aimer !

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Un extrait :

Fiançailles

René Leblanc était de haute taille, légèrement courbé par l’âge. Ses cheveux blancs, son front découvert, ses besicles de corne à cheval sur son nez, lui donnaient l’aspect d’un sage des temps anciens. Il était père d’une nombreuse famille, et son plus grand bonheur était d’être entouré de ses petits-enfants, qui se plaisaient à chevaucher sur ses genoux en écoutant le tic-tac de sa grosse montre.

Pendant les dernières guerres, il avait été emprisonné, quatre dures années, dans un vieux fort français, comme soupçonné d’être partisan de l’Angleterre. Cette captivité l’avait rendu d’une excessive prudence ; mais il avait toujours conservé la simplicité d’âme d’un enfant. Il était d’une patience à toute épreuve, et son esprit était aussi droit que sincère.

Tout le monde l’aimait, principalement les petits auxquels il aimait à raconter les contes et les légendes des temps passés. Il leur disait ; — l’histoire du loup-garou dans la forêt ; — celle du lutin qui venait la nuit apporter de l’eau aux chevaux ; — l’aventure du blanc Letiche, fantôme d’un enfant mort sans baptême, et condamné à errer invisible dans la chambre des petits.

Il leur disait comment les boeufs, la nuit de Noël, parlaient dans les étables, et comment l’araignée enfermée dans une coquille de noix guérissait les fièvres.

Il leur parlait du trèfle à quatre feuilles, au pouvoir merveilleux ; du fer à cheval, emblème de bonheur, enfin de tout ce qui faisait le fond des histoires racontées pendant les longues veillées d’hiver. Nul mieux que lui ne connaissait toutes les traditions du village.

Lorsque le notaire se fut assis, Basile le Forgeron se leva de son siège et vint à lui, après avoir secoué les cendres de sa pipe. Puis, étendant la main droite :

— Père Leblanc, dit-il, tu as dû entendre les discours qui se tiennent dans le village. Ne pourrais-tu pas nous dire quelle est la mission des vaisseaux anglais arrivés dans le port ?

À ces paroles, Leblanc répondit d’un air modeste :

— Sans doute, j’ai entendu pas mal de bavardages, mais je n’en suis pas mieux instruit pour cela, et j’ignore, tout autant que les autres, quelle peut être la mission de ces navires. Au reste, je ne suis pas de ceux qui croient qu’un mauvais dessein les amène ici ; car nous sommes en paix, et pourquoi les Anglais viendraient-ils nous inquiéter ?

— Sacrebleu ! s’écria le vif et quelque peu irritable forgeron, faut-il donc, en toutes choses, chercher le comment, le pourquoi et le parce que ? Chaque jour ne voit-on pas des injustices, et le pouvoir n’est-il pas souvent le droit du plus fort ?

Sans s’offenser de cette vive réplique du forgeron, le notaire poursuivit :

— L’homme est injuste, cela n’est que trop vrai ; mais le Seigneur est juste, et la justice finit toujours par triompher des méchants. Permettez-moi, à ce propos, de vous raconter une histoire qui, bien souvent, m’a consolé pendant ma captivité à Port-Royal.

C’était le récit favori du vieillard; et quand quelqu’un de ses voisins se plaignait d’être victime d’une injustice, il aimait à le lui rappeler.

— Jadis, dans une ville ancienne, dont j’ai oublié le nom, une statue de bronze représentant la Justice se dressait au milieu de la place publique. Cette statue tenait de la main gauche les plateaux d’une balance, et de la main droite un glaive, ce qui signifiait que la justice avait sous sa garde les lois du pays, ainsi que les coeurs et les foyers des habitants.

Les oiseaux, sans crainte du glaive qui brillait au-dessus d’eux aux rayons du soleil, avaient construit leurs nids dans les plateaux de la balance.

Dans la suite des temps, la corruption se mit dans les lois du pays ; la force prit la place du droit, et les puissants opprimèrent les faibles. Il arriva alors qu’un jour un collier de perles fut perdu dans le palais d’un gentilhomme de la ville; et presque aussitôt, les soupçons se portèrent sur une pauvre fille orpheline qui était servante dans la maison.

Après un semblant de procès, la jeune domestique fut condamnée à périr sur l’échafaud, et elle subit avec résignation l’injuste sentence.

À peine cette inique exécution était-elle accomplie, qu’un orage éclata sur la ville, le tonnerre frappa la statue de bronze, et arracha violemment les plateaux de la balance, qui vinrent se briser sur le pavé. Dans le creux de l’un de ces plateaux, on trouva le nid d’une pie, et on fut stupéfait en apercevant le collier de perles enlacé dans les brins de bois qui avaient servi à la construction du nid.

Ce conte fini, le forgeron restait muet, mais il n’était pas convaincu. Il voulait parler, mais il ne trouvait pas de mots pour s’exprimer. Ses pensées paraissaient figées sur son visage, semblables aux vapeurs qui, en se congelant, forment en hiver des dessins fantastiques sur les carreaux de nos fenêtres.

À ce moment, Évangéline alluma la lampe de bronze qu’elle posa sur la table ; puis elle remplit la cruche d’étain d’une bière brune brassée à la maison et renommée pour sa force dans tout le village de Grand-Pré.

Pendant ce temps, le notaire ayant tiré de sa poche ses papiers et son écritoire, inscrivit, d’une main sûre, les noms et l’âge des fiancés ; puis il mentionna la dot de la future, qui consistait surtout en troupeaux de moutons et en bétail ; enfin, quand tout fut réglé et bien arrêté, il posa le grand sceau royal en marge du contrat.

Alors Bénédict tira de son sac de cuir et déposa sur la table une somme représentant les honoraires triplés du notaire public. Celui-ci se leva et bénit les jeunes fiancés, puis, élevant son verre plein de bière, il but à leur félicité.

Ensuite, il prit congé, salua profondément et partit, tandis que les autres restaient assis au coin du feu, l’esprit agité d’une foule de pensées diverses.

Enfin Évangéline alla chercher le damier, .et aussitôt Bénédict et Basile entamèrent leur partie accoutumée. Les deux vieillards, dans cette lutte amicale, riaient à chaque heureux coup, ainsi qu’à toute manoeuvre sans succès.

Pendant ce temps, Évangéline et Gabriel, assis dans l’embrasure de la fenêtre, échangeaient à voix basse de douces paroles, et s’entretenaient de leurs projets d’avenir, éclairés par la douce lumière de la lune qui se levait en ce moment sur la mer et sur la brume argentée étendue sur les prairies. Les étoiles brillaient à la voûte céleste, et semblaient s’associer à cette scène de bonheur intime.

Ainsi s’écoula cette heureuse soirée, où deux coeurs s’étaient unis pour toujours. Et puis, la cloche du beffroi sonna neuf coups : c’était pour le village l’heure du couvre-feu. Sur-le-champ, Basile et son fils se levèrent pour partir, et la maison devint toute silencieuse.

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Aimez-vous lire ?

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Moi aussi, bien sûr !

Surtout éditrice (Les productions luca), mais aussi auteure et traductrice, j’aimerais vous présenter le travail produit.

Plusieurs livres sont du domaine public, mais croyez-le ou non, j’ai tout lu, et j’ai dû corriger les fautes d’orthographe et de frappe.

J’ai tout formater, j’ai créé les couvertures et je les ai publiés.

Tout cela, en pensant à vous, lecteurs, pour que votre lecture soit plus fluide, donc plus facile à lire.

J’ai remarqué que l’introduction est quelquefois trop longue, mais ensuite, on se retrouve avec un livre qu’il nous faut lire jusqu’au bout tellement il est intéressant.

J’ajoute que si ces livres méritaient d’être publiés à l’époque, ils méritent aussi d’être lus.

En plus des livres de la page précédente, voici la liste des publications :

Lucie Brodeur

Lire, c’est amusant !

Je soigne mon diabète Trucs Santé de LUKA

Mes chansons de Terrains de Jeux de Lucie Brodeur

Coloration, APPRËTS de Lucie Brodeur

De Ralph Waldo Emerson

Amitié, Amour

La campagne Canadienne de Adélard Dugré, S. J.

Notre premier romancier Québécois : Philippe Aubert de Gaspé

Notre premier roman Québécois : Les anciens Canadiens

Les Mémoires de Philippe Aubert de Gaspé

L’influence d’un livre de Philippe-Aubert de Gaspé (fils)

Un oeil sur la Franc-maçonnerie Joseph de Maistre

GLISSADE de Edith Wharton

Des légendes canadiennes de Honoré Beaugrand

Les Campagnes du Canada de Honoré Beaugrand

6 mois dans les Rocheuses de Honoré Beaugrand

Contre-Guérilla de Honoré Beaugrand

Notre historien Francis Parkman de H. R. Casgrain

Notre Historien National F. X. GARNEAU de H.R. Casgrain

Le Royaume du Saguenay de Eugène Achard

Récits laurentiens du Fr. Marie-Victorin

Missionnaire chez les Amérindiens

Missionnaire au pays des Esquimaux

François de Bienville de Joseph Marmette

Trois Héros de la colonie de Montréal de Paul Dupuy (1831-1891)

Élisabeth Impératrice d’Autriche de Maurice Paléologue

Montferrand l’athlète canadien de Benjamin Sulte

La Bataille de Châteauguay de Benjamin Sulte

AU COIN DU FEU Des histoires courtes Benjamin Sulte

L’expédition militaire de Manitoba 1870 de Benjamin Sulte

Voyage à Terre-Neuve Comte Arthur de Gobineau

La Nation Canadienne de Charles Gailly de Taurines

Le notaire Jofriau de Adrienne Senécal (1897-1940)

Forestiers et Voyageurs de J.-Charles Taché

Les îles du Golfe Saint-Laurent  de Narcisse-Henri-Édouard Faucher

Journal d’un vicaire de campagne de Joseph Raîche

Albani (Emma Lajeunesse) de Napoléon Legendre

Duel au balai de Ch. Wilhelm

Le maître de forges de Georges Ohnet

La Niania de Henry Gréville

L’ingénue de Henry Gréville

Péril pour la famille de Henry Gréville

Douce Carmen (ou Cité Ménard) de Henry Gréville

Douce Carmen de Henry Gréville

Nikanor de Henry Gréville

Angèle L’enfant du village de Henry Gréville

Marier sa fille de Henry Gréville

Un crime inattendu de Henry Gréville

Idylles d’une époque Des histoires courtes de Henry Gréville

Clairefontaine de Henry Gréville

Dosia la mal élevée de Henry Gréville

La seconde mère de Henry Gréville

Croquis Des histoires courtes de Henry Gréville

L’expiation de Savéli de Henry Gréville

Le mors aux dents de Henry Gréville

Louis Breuil Un pantouflard ? de Henry Gréville

Blanche imperturbable de Henry Gréville

LUCIE et le libre arbitre de Henry Gréville

Suzanne et son père de Henry Gréville

Xénie et son drôle d’héritage de Henry Gréville

Les Koumiassine Tome I de Henry Gréville

Les Koumiassine Tome 2 de Henry Gréville

La maison de Maurèze de Henry Gréville

Le moulin Frappier de Henry Gréville

Chénerol père et fils de Henry Gréville

Le vaillant Don Quichotte, Tome I, de Cervantès

Le vaillant Don Quichotte, Tome II, de Cervantès

Nos Patriotes de 1837-1838 de Laurent-Olivier David

Nos hommes et nos croyances de Laurent-Olivier David

Le tourbillon de neige de Alexandre Pouchkine

L’exil d’un Patriote de Auguste Fortier

La maison du coteau de Joseph Provost

Croquis laurentiens du Fr. Marie-Victorin

Le Chef Hélika L’Indien blanc de Charles DeGuise

Le trésor de Montcalm de H. de la Blanchère

La fille du brigand de Eugène L’Écuyer (1822-1898)

La légende de l’isle aux Démons de Louis-H. Taché

Le rebelle de Régis de Trobriand

Testament politique de Louis-Joseph Papineau

Sabre et scalpel de Napoléon Legendre

Vieux Doc Au temps du curé Labelle de Edmond Grignon

Si les Canadiennes le voulaient ! de Laure Conan

Originaux et Détraqués / 12 types Québecquois de Louis Fréchette

MUSIQUE Vol 1 / 2 de Léo-Pol Morin

MUSIQUE Vol 1 / 2 de Léo-Pol Morin

La légende du Chien d’or Notre histoire de William Kirby

Jacques Cartier et la découverte de la Nouvelle-France de Charles de la Roncière

L’horloge qui chante de Albert Aubert

Plus fort que la haine de Léon de Tinseau

Le Cap au Diable de Charles DeGuise

Missionnaire en Colombie Britannique A.-G. Morice.  O.M.I.

Le fratricide de J.-F. Morissette

Chasse au cheval blanc  Le cheval sauvage de Thomas Mayne-Reid

Le futur avocat de Mme Leprohon

La fille des Indiens Rouges de Émile Chevalier

Les Nez Percés de Émile Chevalier

L’île de Sable de Émile Chevalier

L’Enfer et le paradis de l’autre monde de Émile Chevalier

La fille du pirate à Montréal de Émile Chevalier

La Tête-Plate de Émile Chevalier

Les derniers Iroquois de Émile Chevalier

La capitaine de Émile Chevalier

Aventuriers à la Baie d’Hudson de Émile Chevalier

La Huronne 1 / 2 de Émile Chevalier

La Huronne 2 / 2 de Émile Chevalier

Le Gibet de Émile Chevalier

Peaux-Rouges Peaux-Blanches de Émile Chevalier

Le Chasseur Noir de Émile Chevalier

Poignet-d’Acier de Émile Chevalier

Les Français au Canada Historique de cette colonie de F. Teissier

Fleurs Champêtres de Robertine Barry

Le major Anspech de Marc Fournier

Capitaine Pierre en mer et sur terre 1 de Georges de Boucherville

Capitaine Pierre en mer et sur terre 2 de Georges de Boucherville

Le Grand Meaulnes Illustré de Alain-Fournier

Le Roi des Étudiants de W.-E. Dick

Pour la Patrie de Jules-Paul Tardivel

Le Dragon Royal de Julie Mendès

Des créatures de ce temps de Jules et Edmond Goncourt

Bataille d’âmes de Pamphile Lemay

Picounoc le maudit de Pamphile Lemay

Léontine la fille chérie de Pamphile Lemay

ROUGE et BLEU de Pamphile LeMay

SOUS LES BOIS et EN LIVRÉE de Pamphile LeMay

Fêtes et Corvées de Pamphile LeMay

La cour du grand-duc (Illustré) Nouvelle de Eugène Guinot

Mémoire de Littérateurs de J.-H. Rosny aîné

Fascination de Sabattis  (La Fascination de la Ville)

La Vénérable Jeanne D’Arc de L. Petit de Julleville

La vengeance des Trépassés F.G.

Les aveugles célèbres de Le Vicomte de Broc

IVANHOÉ (Illustré) par Walter Scott traduit Alexandre Dumas

Les Grands Froids L’Histoire sous un autre angle par Émile Bouant

Des histoires de la Hollande de Nicolaas Beets

Stello Le patient du docteur noir de Alfred de Vigny

Histoire des JACOBINS Ces illuminés de 1799 à 1820 par l’auteur de l’Histoire des sociétés secrètes

L’Agence Barnett et Cie de Maurice Leblanc

Ariane Jeune fille Russe de Claude Anet

La fiancée du Rebelle de Joseph Marmette

Le mystère de la chauve-souris de Gustave Toudouze

Le curé médecin de Ernest Legouvé

Antoinette et les soirées à Montréal de R. E. Leprohon

Un pèlerin d’Angkor de Pierre Loti

Mon frère Yves de Pierre Loti

Pêcheur d’Islande de Pierre LOTI

Ramuntcho le montagnard de Pierre LOTI

LA TRAITE DES BLANCHES Le Chemin de Buenos Aires Albert Londres

La femme en blanc 1 / 2 de Wilkie Collins

La femme en blanc Tome 2 / 2 de Wilkie Collins

Le dernier chevalier de Paul Féval

À quoi tient l’amour de Émile Blémont

Sur la côte nord du Saint-Laurent de Napoléon-A. Comeau

1- Ma jeunesse dans la nature

2- Trappeur

3- Chasse et pêche

4- Chasse aux oiseaux

Histoire du Canada

Mémoire d’un pays Vol 1 / 4 (1492-1689) Histoire du Canada de F. X. Garneau

Mémoire d’un pays Vol 2 / 4 (1690-1755)

Mémoire d’un pays Vol 3 / 4 (1755-1792)

Mémoire d’un pays Vol 4 / 4 (1792-1840)

Traduit

SATANSTOË de Fenimore Cooper

Le métier du PORTE-CHAÎNE de Fenimore Cooper

Le domaine RAVENSNEST de Fenimore Cooper

Procès d’une Mystérieuse Inconnue de Fenimore Cooper

Le Feu Follet Français contre Anglais

Sur Mer et sur Terre

Le Camp des Païens

Les lions de mer

Les deux amiraux

LA PRAIRIE de Fenimore Cooper

Le colon d’Amérique de Fenimore Cooper

Voyage chez les Anglais au 17e siècle de Fenimore Cooper

Lionel Lincoln L’Anglais Américain de Fenimore Cooper

L’Ontario de Fenimore Cooper

Le pilote de Fenimore Cooper

L’ESPION de Fenimore Cooper

LE BOURREAU et son héritage de Fenimore Cooper

La Sorcière des Eaux (L’Écumeur de mer) de Fenimore Cooper

MAUD la fleur des bois de Fenimore Cooper

Le Corsaire Rouge de Fenimore Cooper

Série VOYAGES par J. F. de la Harpe

Christophe Colomb 1, Crimes et découvertes 2

Cortez découvre 3, Cortez au Mexique 4

La prise de Mexico 5, Les peuples du Mexique 6

Les peuples du Pérou 7, Chili et Buénos Ayres 8, La nature en Amérique du Sud 9

Brésil 10, Guyane 11

La série TÖPFFER, Créateur de la BD (Illustrée) :

Töpffer No 1 Le jeune Rodolphe, Töpffer No 2 L’adulte

Töpffer No 3 Des nouvelles genevoises

Töpffer No 4 Essai de Physiognomonie

Töpffer No 5 Voyage en zigzag

Töpffer No 6 Réflexions d’un peintre genevois

Töpffer No 7 Réflexions d’un peintre genevois (suite)

Monsieur Pencil     Monsieur VieuxBois

Série La Magie au 19e siècle, de Gougenot des Mousseaux

Les faits No 1, Les anges No 2, Les démons No 3

Les Revenants No 4,   L’âme de la Magie No 5,   L’Invisible No 6

JOHN FISKE

From Cartier to Champlain 1, The beginnings of Quebec 2

The lords of Acadia – Later History of Champlain 3

Wilderness and Empire 4, Witchcraft in Salem Village 5

The Great Awakening 6, Norridgewock and Louisburg 7

The beginnings of the Great War 8

Crown Point, Fort William Henry, and Ticonderoga 9

Louisburg, Fort Duquesne, and the Fall of Quebec 10

English

A Treatise on the Six-Nation Indians by J. B. Mackenzie

Pioneers of France in The New World by Francis Parkman

The Moccasin Maker by E. Pauline Johnson

The Shanty Sled by Hulbert Footner

Sinfully Rich by Hulbert Footner

Easy to Kill by Hulbert Footner

The Velvet Hand New Madame Storey Mysteries  by Hulbert Footner

THE DOCTOR WHO HELD HANDS by Hulbert Footner

THE UNDER DOGS With Mme.Storey by Hulbert Footner

Orchids to Murder by Hulbert Footner

JACK CHANTY by Hulbert Footner

Mme. Storey Investigation I and II

Mme. Storey Investigation III and IV

The Almost Perfect Murder by Hulbert Footner

Echoes of the Jazz Age by Scott Fitzgerald

The Transplanted by Frederick John Niven

Rainbow Valley by Lucy Maud Montgomery

The Dark Road by Harold Bindloss

Goodbye, Stranger by Stella Benson

The Miracle Man by Frank L. Packard

Power of Beauty and a Plain Man’s Love by N.P. Willis

The Path of a Star by Everard Cotes

The Inevitable Millionaires by E. P. Oppenheim

Murder at Monte Carlo by E. P. Oppenheim

Pigeons from Hell by Robert E. Howard

VULMEA The Pirate by Robert E. Howard

WORMS OF THE EARTH  A Short Story by Robert E. Howard

The Story of Edith Percival by M. A. Fleming

The Actress’ Daughter by M. A. Fleming

Gipsy’s Story (Sharing Her Crime) M. A. Fleming

The Giant Atom by Malcolm Jameson

The Tragedy of the Sioux Chief Standing Bear

The British Barbarians by Grant Allen

 

Think and Heal your Diabetes by LUCA

 

Vous pouvez aussi tous les retrouver sur http://www.livesenligne.ca

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Voici donc la longue liste des titres et auteurs, les meilleurs qui soient :

Louise Alarie

S.O.S. TERRE, La vie à l’intérieur de la Terre, JORDAN la victime, Les cavaliers noirs, La sauvageonne, Venue de loin, La grotte secrète, Un chien peu ordinaire

Le retour des Atlantes, Le calvaire des Atlantes, Oh Dieu ! Aide-moi !

J’arrête de boire ! Du théâtre, La petite planète verte, Il était une fois … Jérémie,

Une belle histoire, Les Vies Passées Existent, La Maquette, Les Bébés Éprouvettes, Le Caméléon, Tu m’appartiens, Kidnapping, La Grange, Un tueur en série, Les rideaux jaunes, Drame à l’interne, Le Serpent Celui qui se venge, LA DRAGONNE,

L’EFFET BOOMERANG

Série Enquête Soeur Jeanne, Série Enquête Enlèvement

Série Enquête Prédateur Sale Affaire

Zeke et Mirco Les protecteurs, Soléa La planète des protecteurs

Sirfla La fille des protecteurs

Mutants de la Série Traverse, Chaines de la Série Traverse

Guides de la Série Traverse

Jeunes : Maxime et le chêne

En anglais : An extraordinary dog

Normand Jubinville

MOESS-1 L’Initiation , MOESS-2 L’Arbre de Vérité, ou Tyad le Zeol

MOESS-3 Le Vortex , MOESS-4 De feu et de glace

Entre les comètes, Le rêve d’un apprenti détective, L’homme congelé

Les légumes d’Antoine, La sorcière du lac Brais, L’incendiaire de Sherbrooke

SOS Catou, Louis L’Ours, Fausses pistes, Le Chamane Sanglant, La louve de Coaticook, La femme secrète, La femme secrète 2 Danger ! Pirates, LES GUÊPES

De la série Exploration ou MOESS :

Planète sans oxygène, Derrière les interdictions

Les couloirs de transfert, Feu et Glace

Joelle Jay

Santé au naturel et Anatomie ou

LA MISE AU POINT Votre clé santé

L’intoxication Base de la maladie, Les glandes, source des malaises

La ménopause, La magie de l’argile, Les vaccins

 Les enzymes,

Hyperactivité vs Ritalin

Trucs Santé No 1 L’Acidité, Trucs Santé No 2 La peau

Trucs Santé No 3 Menstruations et Ménopause

Trucs Santé No 4 Le système immunitaire

Recommandations alimentaires et Substituts

Trucs Santé No 5 Les allergies, Trucs Santé No 6 La fatigue,

L’agriculture et l’élevage Pour la santé, L’indice glycémique,

Lise Bellavance

Guérir du passé Tome 1 / 2, Guérir du passé Tome 2 / 2

LE TROISIÈME MONDE

RÊVES Trois nouvelles

Claire Hamelin Manning

Terra Cotta Le futur de l’humanité ou L’horrible face de la planète bleue

Le legs du millionnaire Sam Wilcox

L’ADN ultime

Quand l’Diable s’en mêle

Le Programmeur, Y a-t-il une app pour ça ? Projet Copie Carbone,

or The horrible fate of our Blue Planet

or in 3 parts of Life Survival :

Point of no return 1, The Dream 2 and Journey to New Earth 3

The will of Sam Wilcox

The Ultimate DNA

The Forbidden Book

The Programmer, Is there an App for That?

Project Carbon Copy

Raynald Collard

Série « Les 3 automnes »

L’automne de Tsunamia 1, L’automne de Leana 2

L’automne de Sara 3

Claude Yvan Mézières

Série « L’essentiel »

L’Ermite 1, Ado à Paris 2, Une histoire au Vatican 3

Laurence Billaud

L’enfant du Mistral, Prime Device contre rebelles,

L’héritage inattendu,

Paris-Québec ou un amour infini, Les Terroristes du Bien

Marcel Robillard

Épaves et trésors

Les secrets d’un pirate Les vies antérieures existent-elles ?

Wrecks and Treasures, Secrets of a pirate Is there earlier life?

Nicolas Vidril

La légende, Le Maître Guerrier, ASILE, L’apprenti-magicien

La mer des ténèbres, Schubert vous connaissez ?

Une histoire sans fin

Gérard Caron

L’enfant transpersonnel et son tempérament

L’enfant transpersonnel et son apprentissage

Vers l’intériorité La connaissance de soi, Comment atteindre l’intériorité

Clara Franceschetti Cancline

La Saga Julius Caesar

ou

Ma Jeunesse No 1, Famille Sexe et Voyages No 2

Prisonnier des Pirates No 3, Amour Orgies et Vie publique No 4

Grand Pontife No 5, Guerres et Amant(e)s No 6

Tentative de paix No 7, Encore du sang No 8

La saga Cléopâtre No 9, Roi ou Caesar No 10

Yves Fiset et Franz Alberts, Louise Morin, Marie-France Carpentier

De la série « Invention »

Du génie ça se paie, Écologie, L’éducation, Le piège

Lady Sylvana ou Au port de Montréal de Louise Morin

Née poète de Marie-France Carpentier

Autres

Petit LEXIQUE Santé et Services sociaux, Petit LEXIQUE Santé et Services sociaux Alphabétique de Julia Tinnion

Se transformer pour guérir de Racheal D.

Transform Yourself to Heal by Racheal D.

Jac et Mo dans l’Intracoastal de André Sylvestre et Gordon Collins

La fabuleuse deécouverte du Professeur Lou Foc de André Sylvestre

Jac et Mo L’avenir de la fabuleuse découverte du Professeur Lou Foc de André Sylvestre

LE RETOUR DU VÉRITABLE CRÉATEUR de Isaac Kahuma Mupenda

 

La suite s’en vient… Elle est ici:

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À quoi tient l’amour

À quoi tient l’amour (Illustré)
Des histoires courtes
Contes de France et d’Amérique

Émile Blémont

Un pur délice ! Des histoires courtes qui vous étonneront. Elles vous amèneront dans des univers bien différents car très variés. Vous apprécierez assurément !

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Voici un court extrait :

LE PÉCHÉ

À Biarritz, par une belle nuit de septembre, sur cette terrasse du vieux Casino d’où l’on domine si bien la vaste et merveilleuse étendue de la mer et de la plage, une élégante société de dames françaises et espagnoles respiraient indolemment la brise tiède encore.

Un vieux monsieur, le visage rose avec la barbe et les cheveux blancs, très correct, mais assez libre d’allure sous l’indispensable smoking, mêlait un peu de gravité mondaine à ce groupe charmant et léger.

On eut vite épuisé les sujets de conversation fournis par l’actualité. Le vieux monsieur blanc et rose fit venir des glaces panachées. Tout en savourant avec délice la fraîcheur fondante du citron ou de la framboise, les dames se lançaient, entre deux petites cuillerées, entre deux mignonnes dégustations, une question ou une réponse en l’air.

La femme du préfet se mit à parler politique, comme une vraie perruche. Une personne mûre, épouse d’un membre de l’Institut, hasarda un brin de philosophie.

Les Espagnoles, qu’ennuyaient ces exercices peu récréatifs, et qui, tout d’abord, avaient longuement discuté le chapitre des chiffons et le chapitre des chapeaux, tournèrent insensiblement la causerie vers les choses de la religion, ou plutôt de la religiosité. Elles racontèrent des légendes, des superstitions, des apparitions.

La vision de Bernadette fut passionnément commentée; on attaqua et on défendit ces statuettes de la Vierge qui paradent aux piliers des églises d’Espagne, en vêtements de soie et d’or, en parures de perles et de pierreries, telles que de riches et célestes poupées.

Puis la confession fut en jeu. On chercha si telle ou telle liberté est un péché ou non, et comment on peut distinguer un péché véniel d’un péché mortel. On demanda l’avis du vieux monsieur rose et blanc, qui renvoya les dévotes filles d’Ève aux Contes drolatiques de Balzac.

Et comme ses interlocutrices, un peu lasses, le laissaient discourir à son aise, comme il aimait à parler aux femmes, surtout à leur parler de lui-même, il finit par leur faire sur le Péché une petite conférence intime :

— Le Péché ! ce mot, je l’avoue, n’a plus guère de sens pour moi aujourd’hui, il sonne creux à ma pensée, où il n’évoque aucune idée vive, aucun sentiment direct et actuel, vocable nul, inanimé, aboli, ne répondant à rien de présent, à rien de vrai, mais seulement à des conceptions surannées, à des chimères d’antan, à de vains fantômes nocturnes dès longtemps balayés par la lumière du jour.

Il me semble tout à la fois enfantin et vieillot, ecclésiastique et féminin, soit dit sans vous offenser ! Cette fleur vénéneuse, fleur de rêve et fleur du mal, que j’ai vu fleurir jadis, avec une vague odeur d’encens, à la lueur mystique des cierges pâles, dans la pénombre des confessionnaux, elle ne m’apparaît plus, maintenant, que fanée, flétrie, comme une vieille fleur artificielle de coquetterie et de dévotion. Elle n’a plus ni couleur, ni parfum. Elle n’a plus d’âme.

Peut-on croire au Péché, sans avoir la foi, la foi des enfants, des femmes, des prêtres ?

Or, je n’ai plus la foi. Il m’arrive de la regretter. Mais que faire ? Ce souffle céleste, cette essence subtile, s’envole pour toujours, lorsque le coeur se brise et que l’esprit s’ouvre. On a beau rappeler à soi le mirage évanoui, il ne revient pas.

La vie, hélas ! y perd son élément divin, son charme extatique et ingénu. Heureux le monde privilégié, où l’on peut dire avec conviction, quand on trouve tel plaisir un peu fade :

Quel dommage que ce ne soit pas un Péché !

Fautes, erreurs, sottises, vilenies et crimes, que de tristesses subsistent et subsisteront toujours autour des vivants ! Mais de Péchés, en ce qui me concerne du moins, jamais plus !

Si le spectre du Péché ne me dit rien, absolument rien, pour le temps présent ni pour le temps futur, il réveille en moi, d’ailleurs, avec une précision et une intensité singulières, certains souvenirs de ma première jeunesse, certains rayons des belles aurores évanouies, certaines sensations printanières du familial Éden que j’ai perdu.

Oui, dès que ce mot traverse ma pensée, je crois entendre encore la voix de ma petite amie d’enfance, Josette-Marie. Et je retrouve alors jusqu’aux moindres intonations qu’elle mettait à son air favori, à cet air si léger, si finement parisien, dont j’aimais la frivolité inoffensive et gracieuse :

« Est-ce un péché d’aimer à rire,
À folâtrer un petit brin ?
Les gens méchants, laissez-les dire !
Votre plaisir fait leur chagrin. »

Pauvre chère petite Josette-Marie ! Elle ne supposait pas, elle ne pouvait pas supposer, que ce fut un si grand crime d’ouvrir son coeur innocent à toutes les allégresses, à toutes les espérances ! Elle ne pécha pas plus que tant de jolies demoiselles devenues de belles dames, à qui la fortune prodigue infatigablement ses plus brillantes faveurs ?

Pourquoi donc le destin a-t-il mis un tel acharnement à la persécuter ? Pourquoi donc lui vinrent, après sa pâle adolescence de Cendrillon parisienne, toutes ces douloureuses épreuves.

L’aimé, le fiancé, reconnu indigne d’elle la veille même du jour fixé pour les noces. Un nouveau mariage accepté par désespérance. Et les lendemains sans amour vrai, sans bonheur sincère, entre un mari indifférent et des enfants terribles. Et le vide de l’existence mal dissimulé par les faux plaisirs de la routine mondaine.

Et cette mort prématurée, terminant brutalement les longues heures de maladie implacable et de souffrance sinistre. Et cette funèbre messe noire, pendant laquelle je me rappelle avoir été hanté par la claire chanson de l’âge heureux. Est-ce un péché ?

Parfois il se trouve une autre série de souvenirs, plus lointains et moins tristes, que l’idée du Péché ranime au fond de ma mémoire. Rajeuni soudain de quelque quarante ans comme par une baguette magique, tout d’un coup je redeviens l’enfant qui, par un doux soleil matinal d’avril, rêvait jadis sous les grands arbres de Judée fleuris, dans le vert jardin de la pension, en attendant l’heure sacrée où il allait communier pour la première fois.

Quelle douceur et quelle angoisse en cette rêverie merveilleuse ! Quelle fièvre d’attente, quel émoi farouche, quel trouble mystique ! J’allais recevoir le sacrement suprême. Le ciel allait s’ouvrir sur ma tête, Dieu même allait descendre en moi.

Et je n’osais penser à rien, je n’osais rien regarder, rien écouter, rien désirer, rien faire, de peur que l’ombre d’un Péché ne vint, entre l’absolution et l’approche de la sainte table, ternir mon âme tremblante, mon âme purifiée, mon âme toute blanche ! C’était délicieux et terrible.

Tout mon être se divinisait, mais avec une appréhension lancinante de commettre, par distraction, par oubli, par infirmité humaine, le plus épouvantable des sacrilèges. Je me sentais au seuil du paradis. Et une minute, une seconde de vertige pouvait me précipiter dans le gouffre de l’enfer béant à mon côté.

Telle est la sensation poignante du Péché, qui, à certains moments, renaît encore en mon coeur vieilli. Et je ne saurais mieux la comparer qu’à cette friandise chinoise qu’on appelle une « glace frite », et qui, tout ensemble, vous gèle et vous incendie, ainsi que les boissons américaines à la mode.

Mais il a une souveraine puissance de rêve et de béatitude, cet élan de l’âme enfantine vers l’infini ! Que les choses raisonnables paraissent froides ensuite !

Avec toutes ses philosophies, tous ses enthousiasmes, toutes ses grandeurs, toutes ses généreuses facultés de progrès, la Révolution n’a pas encore remplacé cela. Et, comme Danton se plaisait à le dire, en fait d’institutions humaines ou divines, on n’abolit sans retour que ce qu’on remplace avantageusement.

— En fait d’amour aussi ! soupira la plus belle des dames espagnoles, la brune Asuncion. Puis elle se leva pour le départ, en modulant à mi-voix l’air de la marchande de fleurs :

« Tengo dalia,
Clavel y rosa… »

 

Fin de Le Péché

 

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Le dernier chevalier

Le dernier chevalier

 

Une Nouvelle-France en Inde ? Toujours la France contre l’Angleterre. En Inde aussi, des guerres entre l’Inde alliée à l’Angleterre et celle amie de la France. Que font les gens en peine d’affaires avec les bureaux officiels ? Et ceux en peine d’amour ? Des personnages attachants…

 

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L’ŒIL DE POLICE

La chose appelée œil de police par les gens du métier et aussi regard, n’est pas du tout une invention moderne. On en trouve des traces assez nombreuses dans l’antiquité, où l’espionnage se pratiquait honorablement aussi bien dans les monarchies que dans les républiques. En fait d’ombrageuses défiances, pourtant, les républiques ont généralement remporté les premiers prix.

À Sparte, c’étaient de simples trous, à cause de l’austérité qui régnait dans cette patrie du vice rogue et tout hérissé de vanité stoïque. Ils y servaient surtout à surveiller les études des jeunes voleurs exercés aux frais de l’État.

Quelle que fût sa forme ou sa dimension, tout œil de police était construit d’après ce principe, qu’étant donné deux pièces contiguës, l’une sombre et l’autre éclairée, l’intérieur de la première échappe à la vue de la seconde, tandis que tout regard partant de la première est maître des moindres détails de sa voisine.

La contiguïté des deux pièces n’est même pas indispensable, quand on se sert de miroirs obliques. Mais à l’ordinaire, dans les auberges, on n’y mettait point tant de façons, et l’œil de la rue Pierre-Lescot, que j’ai vu et touché, consistait tout uniment en un trou carré, masqué, du côté de la chambre obscure, par une planchette, peinte ou plutôt souillée dans le ton exact de la muraille.

Immédiatement au-dessus de la planchette du côté de la chambre éclairée, se trouvait un rayon de sapin, soutenu par deux consoles du même bois. Le tout, vieux et vermoulu, encadrait et dissimulait très suffisamment le regard à travers lequel, malgré la poussière accumulée, on voyait comme s’il n’y eût pas eu de cloison.

Il en était ainsi dans la chambre noire de la veuve Homayras. Son écumoire, placée là peut-être en d’autres temps, dans un but d’espionnage politique, ne servait plus qu’à la cueillette des nouvelles à la main. Et encore fallait-il que ce bon M. Marais fût bien au dépourvu pour venir chercher ses prétentaines dans un quartier si démodé.

Son flair de limier ne l’avait pas trompé tout à fait. Il y avait bien là une aventure. Mais, au lieu d’une comédie à l’eau de rose, il tombait au plein d’un gros drame où il y avait des larmes et du sang.

Voici, en effet ce qu’il vit, et ce que vit Madeleine, inquiète à juste titre pour la bonne renommée de son garni :

Au milieu de la chambre voisine, éclairée par deux bougies et où brillait en outre un feu ardent qui remplissait la cheminée, se trouvait une table, couverte de papiers en désordre.

Par-dessus les papiers, une carte géographique de très grandes dimensions, dessinée et coloriée à la main, était étendue. Elle couvrait presque tout le carré de la table et se déroulait jusqu’à terre, de sorte que l’un de ses angles disparaissait sous le corps d’un homme de 60 ans à peu près, tout sanglant et gisant sur le carreau entre le foyer et la table.

Elle était enluminée si violemment, cette carte, et tracée en traits si distincts, que le regard de Marais et aussi celui de la veuve allaient à elle, bon gré, mal gré, en dépit du cadavre taché de rouge qui en froissait un des coins.

Et, tout en restant fascinés par le tragique spectacle inopinément offert à leurs yeux, ils étaient contraints de lire ces mots, tranchants comme si on les eût écrits avec du feu liquide : Carte des conquêtes de la France… et ce nom, qui flamboyait autour d’une tache pourpre, en forme d’étoile : Madras.

L’homme ne bougeait plus. Il était couché sur le dos, les jambes écartées, la tête renversée dans la forêt de ses cheveux touffus et grisonnants. Mais, loin d’avoir la pâleur de la mort, sa figure, frappée à revers par les chauds reflets du foyer, semblait écarlate.

L’immobilité suprême avait évidemment saisi ses traits dans les contractions d’une puissante colère. Ils étaient beaux, énergiques surtout, malgré les sillons convulsifs, creusés autour de la bouche par un courroux terrible ou une poignante douleur.

Auprès de lui, un couteau, tout mouillé de rouge, jouait avec la flamme de l’âtre comme un long rubis affilé que la langue du feu aurait léché. Au-delà du couteau, une main, si crûment blanche qu’on l’eût dite taillée dans l’albâtre, se tendait immobile, mais crispée et souillée d’une large maculature de sang, vers l’arme qu’elle touchait presque.

Cette main, merveilleusement belle, tenait, par un bras demi-nu et de proportions exquises, au buste gracieux d’une jeune fille, vêtue de noir et bien plus pâle que le prétendu mort.

L’inspecteur et la veuve n’avaient pas de peine à la reconnaître pour celle qui était venue, tout à l’heure, demander M. Joseph. À la vérité, ils n’avaient point vu alors son visage, mais le costume et la tournure suffisaient à lever tous les doutes.

Vous vous souvenez que M. Marais, comme un poète qu’il était (tous les policiers le sont un peu), avait dit que la beauté de cette jeune fille perçait son voile. Le fait est que cette beauté éblouissait.

 

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La collection WOW

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La Collection WOUF

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J’aimerais vous présenter deux collections uniques et originales pour les amoureux des chiens entre autres : la Collection (OUCH) et WOUF.

D’abord, d’où vient ce WOUF ? D’un langage universel de téléphonie, employé par l’aviation, l’armée et tous les secteurs où la communication ne peut être modifiée ou trompeuse. Pour tous les pays, un seul code !

Ainsi WOUF sera traduit par : Whisky Oscar Uniform Foxtrot.
Et OUCH par : Oscar Uniform Charley Hotel.
Voici comment on peut afficher notre amour pour les chiens :

 

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