Jacques Cartier

Jacques Cartier et la découverte de la Nouvelle-France

 

Jacques Cartier, cet aventurier dont tous connaissons le nom, a eu une vie fort intéressante.

Découvrez vous aussi les aventures de ce grand personnage racontée par des gens qui ont vécu à cette époque ou peu après.

Un être bien apprécié par les Malouins et par nous.

Notre histoire du Canada, d’un autre point de vue, à vous d’en juger.

 

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La débâcle des glaces au Labrador

L’épreuve, au reste, en fut vite faite. Le 27 mai, l’expédition se présentait « à l’entrée de la baye des Chasteaulx »; c’était en réalité un détroit entre Terre-Neuve et le Labrador.

À peine entré dans le détroit de Belle-Isle, Jacques Cartier dut chercher un refuge au havre du Carpont, où la débâcle des glaces le retint bloqué jusqu’au 9 juin et qui lui servit de base d’opérations pour ses découvertes.

Du spectacle impressionnant qui s’offrait à lui, on aura une idée en lisant À travers les mers, de l’amiral Dartige du Foumet. Poussés par le courant qui sort du golfe Saint-Laurent, des centaines d’icebergs encombrent le détroit, tandis que la houle de l’Atlantique déferle sur eux comme sur des falaises.

Une détonation sourde éclate : un des colosses, rongé par la base, vient de chavirer.

De son séjour forcé, Jacques Cartier profita pour dresser l’hydrographie de la côte du Labrador, semée d’iles, que séparaient d’étroits chenaux, les Belles-Isles, l’île Sainte-Catherine, les havres des Buttes et de la Baleine.

Il reconnut une conque sans abri, qui fut appelée l’anse de Blanc-Sablon, sans doute en mémoire d’un combat livré, le 24 avril 1513, au nord de Brest dans la baie des Blancs-Sablons. Acculées contre la plage, les galères de Prégent de Bidoux avaient reçu sans faiblir l’attaque de l’amiral Howard :

« Çà, des araignées ! » disaient en haussant les épaules les Anglais. Des centaines de tués et blessés leur apprirent que les galères n’avaient pas seulement des pattes, qu’elles lançaient aussi du venin.

Dans une île des Oiseaux, des « richars » au bec et aux pieds rouges se terraient comme des lapins. À une lieue de Blanc-Sablon, les Islettes étaient pour la pêche un endroit rêvé : saumons, morues. harengs, maquereaux et loups marins y abondaient.

Un havre s’ouvrit, le 10 juin, au milieu d’un essaim d’ilots. C’est là, dans le havre de Brest, que fut pour la première fois célébrée la messe et que le christianisme prit possession, par le saint sacrifice, des régions désolées du Labrador. Est-ce pour cela qu’il porte aujourd’hui le nom de Bonne-Espérance ?

À un havre que couvrait un « islot rond comme un four », fut imposé le nom de Saint-Servan, car il évoquait le port similaire que couvre le rocher de Saint-Malo. Une croix y fut plantée comme padron, ainsi que le faisaient les Portugais pour jalonner leurs découvertes.

À onze lieues de là, une immense fissure produite dans le roc par quelque convulsion de la nature, un canal naturel aussi profond qu’étroit, donnait accès à « l’un des bons hables du monde ». Jacques Cartier lui imposa son nom. Le havre Jacques Cartier est aujourd’hui Chicataka.

Il reçut presque aussitôt des hôtes, l’équipage d’un grand navire de la Rochelle qui naviguait à l’aventure et que le pilote malouin guida lui-même dans son havre.

Un sol couvert de rochers « mal rabottéz », sans une seule « charetée de terre », de la mousse et des avortons de bois pour toute végétation, firent alors prendre le Labrador pour « la terre que Dieu donna à Cayn ». Moins sévère que Jacques Cartier, Ferland donne une note plus juste :

« À chaque pays et à chaque climat, la Providence a attaché des avantages qui contre-balancent les misères. Le Labrador a ses charmes, non seulement pour ceux qui y sont nés, mais encore pour ceux qui y ont passé quelque temps. La mer, avec l’abondance de son gibier et la richesse de ses pêcheries, avec ses jours de calme et de tempête, avec ses accidents variés et souvent dramatiques.

La terre, avec la liberté, la solitude et l’espace, avec ses chasses lointaines et aventureuses, offrent, toutes deux, des avantages et des plaisirs qu’on abandonne difficilement quand on les a une fois goûtés ».

De cet avis étaient les indigènes qu’aperçut Jacques Cartier. Des sauvages, qu’un rien effarait, péchaient en canots de bois de bouleau. Les cheveux liés sur la tête en tresse de foin, un clou ou des plumes fichés au milieu, des peaux de bêtes sur le corps, plus ajustées pour les femmes que pour les hommes, ces gens « de belle corpulence » étaient peints « de certaines couleurs tannées ».

Ils n’étaient point du pays, mais venaient seulement pour la chasse et la pêche dans ces parages désolés, où abondaient les loups marins et où ils abondent encore.

Du Saint-Laurent à la mer Glaciale, l’été dans le Nord, l’hiver dans le Sud, les loups marins forment la principale nourriture des Esquimaux, au Labrador comme au Groenland.

 

L’exploration du golfe Saint-Laurent

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Des intrigues policières

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Les deux amiraux

Les deux amiraux de Fenimore Cooper

 

La hiérarchie dans la marine ou sur terre, en Angleterre, est d’une grande importance dans les années 1740 et plus.

À cette époque des batailles navales contre les Français, bien sûr, se tramaient également les histoires d’amour et de loyauté envers son pays d’adoption ou d’origine.

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Le précipice

Cependant Dutton avait recouvré les connaissances pratiques de son métier. Si le jeune homme était tombé tout à fait au fond, et même quand il n’y aurait pas de brouillard, on ne pourrait pas le voir, car le rocher projette une saillie en avant. Il faut qu’il se soit arrêté à quelque point intermédiaire et au-dessous de cette saillie.

Stimulés par un sentiment commun, les deux hommes s’avancèrent à l’extrémité du plateau, et il suffit d’un seul coup d’oeil pour leur faire connaître toute la vérité. Le jeune Wychecombe, portant les mains en avant pour saisir une fleur, avait tellement appuyé sur le bout du rocher où reposait son pied, qu’il l’avait brisé, et perdu ainsi son point d’appui.

Une présence d’esprit, qui monta presque jusqu’à l’inspiration, et un courage extraordinaire, l’empêchèrent seul d’être brisé en morceaux. Voyant que le rocher cédait sous lui, il se jeta en avant sur une petite saillie, quelques pieds plus bas et à dix au moins de côté de l’endroit où il était auparavant.

Cette saillie raboteuse n’avait que deux ou trois pieds de large, et n’eût fait que retarder sa chute, si la fortune n’y eût fait naître quelques arbrisseaux. Le jeune homme les saisit des deux mains, et par suite de l’élan qu’il s’était donné, se trouva positivement nageant dans l’air. Heureusement ces arbrisseaux étaient trop forts pour se déraciner, et se pelotonnant sur lui-même avec son adresse de matelot, le jeune homme fut promptement sur ses pieds et relativement en sûreté.

Le silence qui avait si fort alarmé Dutton était la conséquence du choc qu’avait éprouvé le jeune officier en se voyant tout à coup jeté dans cette périlleuse position. La pointe du promontoire surplombait à six brasses au-dessus de sa tête le point d’appui qu’il avait trouvé si à propos.

Il sentit qu’il lui serait impossible de se tirer d’une semblable position sans quelque secours étranger. Il ne fallait rien moins que ses habitudes de marin pour s’y maintenir, et encore ne l’eût-il pu faire deux minutes sans l’aide des arbrisseaux dont nous avons parlé.

Dès que le baronnet et Dutton eurent entrevu la position périlleuse du jeune Wychecombe, ils firent en arrière un mouvement d’effroi, comme s’ils eussent craint d’être eux-mêmes entraînés et précipités sur lui. Le lieutenant ne pouvait les voir, car il avait le dos collé contre la paroi du rocher, et l’étroitesse de son point d’appui ne lui permettait ni de se retourner ni de regarder en l’air.

Cependant Mildred, oublieuse de tout danger personnel, avança la tête jusqu’en dehors du plateau, et plongea dans l’abîme avec un courage et une sûreté que la circonstance pouvait seule lui donner, si bien que le jeune homme put apercevoir ses belles tresses blondes qui flottaient des deux côtés de sa figure.

— Au nom de Dieu, Mildred, s’écria-t-il, n’avancez pas ainsi, je vous vois, et nous pouvons nous entendre sans que vous couriez un danger inutile.

— Que pouvons-nous faire pour votre délivrance, Wychecombe ? demanda avec anxiété la jeune fille. Dites-le-moi, je vous en supplie, car sir Wycherly et mon père n’ont pas la tête à eux.

— Créature céleste ! mais vous, vous êtes tout entière à mon danger. Mais, courage, Mildred ! faites ce que je vais vous dire, et tout ira bien. Vous m’entendez, vous comprenez, n’est-ce pas ?

— Parfaitement. Je ne perds pas un mot.

— Courez donc aux drisses des signaux, larguez-en une, et appuyez sur l’autre jusqu’à ce que toutes deux tombent à terre. Quand cela sera fait, je vous indiquerai autre chose. Mais, pour Dieu, tenez-vous plus loin du bord !

L’idée que ce cordage, tout faible qu’il parût, pourrait être de quelque secours, frappa immédiatement la jeune fille, et en un moment elle était au pied du mât. Maintes fois, quand l’ivresse empêchait son père de remplir son devoir, Mildred avait hissé et amené les signaux à sa place, en sorte qu’elle était habituée au maniement des drisses. En une minute elle les dégagea des poulies, et leur longue ligne s’enroula à ses pieds.

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