MAUD la Fleur des bois

MAUD la Fleur des bois

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Il a fallu se battre avant d’en arriver à ce que les contrées d’Amérique deviennent indépendantes de l’Angleterre.
Voyez comment certaines familles étaient partagées par le camp à choisir.
Pour les Anglais ou pour les Américains ? Être neutre ne semblait pas une option.
Découvrez comment ceux qui ont pu s’en sortir l’ont fait ?

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Voici un extrait :

Anglais ou Américain ?

L’approche de la nuit en mer, ou dans un désert, a toujours quelque chose de plus solennel qu’au milieu des régions civilisées. L’isolement du marin augmente à mesure que l’ombre s’épaissit, et son infatigable vigilance semble déjouée par des ténèbres qui lui ôtent tout moyen de reconnaître l’heure.

Ainsi, dans les forêts ou dans les clairières isolées, l’obscurité accroît les mystères des bois, et rend moins efficaces les précautions prises contre le danger.

Le soir de ce jour, le major Robert Willoughby se tenait à la fenêtre un bras passé autour de la taille élancée de Beulah. Maud restait à l’écart. À mesure que le crépuscule se retirait, laissant d’épaisses masses d’ombres envelopper les bois, et augmentant la tristesse de la solitude, le major en ressentait les pénibles impressions avec une violence dont il n’avait jamais fait l’épreuve.

— Votre résidence est bien isolée, mes soeurs, dit-il d’un air pensif, mon père et ma mère ne parlent-ils jamais de vous ramener dans le monde ?

— Ils nous conduisent tous les hivers à New-York, à présent que mon père est membre de l’assemblée, répondit tranquillement Beulah, nous comptions vous y trouver la saison dernière, et nous avons été bien désappointés en ne vous voyant pas arriver.

— Mon régiment a été envoyé à l’est, vous le savez. Et venant de recevoir mon grade de major, je ne pouvais m’absenter. Voyez-vous quelqu’un ici, outre ceux qui appartiennent à la maison ?

—Oh ! oui, s’écria Maud avec vivacité.

Puis elle s’arrêta, comme si elle eût regretté d’avoir parlé, et poursuivit après un moment de silence et d’un ton plus calme :

— Ce lieu est très retiré, sans aucun doute, mais nous recevons de temps des visites.

— De qui ? de chasseurs, de trappeurs, de colons, de sauvages ou de voyageurs ?

Maud ne répondit pas, mais Beulah prit la parole quand elle vit sa soeur garder le silence.

— Nous voyons un peu de toutes ces classes, dit-elle, principalement de la dernière. Il nous vient un ou deux chasseurs par mois dans la bonne saison. Les colons sont rares, et l’on sait d’ailleurs que mon père n’est pas disposé à vendre.

Les Indiens se montrent plus fréquemment, mais nous en avons eu moins pendant l’absence de Nick que lorsqu’il était avec nous. Toutefois il en passe au moins une centaine par an, en comptant les femmes. Ils arrivent par bandes de cinq à six.

Quant aux voyageurs, ce sont en général des intendants, des chercheurs de terre, ou quelques propriétaires qui vont visiter leur domaine.

— Il est singulier qu’on vienne chercher une terre dans un désert comme celui-ci. Quels propriétaires avez-vous vus ?

— Un vieillard et un jeune homme. Le premier était, je crois, associé de feu sir William, qui avait une concession près de la nôtre. Il s’appelait Fonda. L’autre appartenait à la famille Beckmann, qui a hérité d’un domaine considérable à peu de distance d’ici. Il paraît que sa concession est de 100,000 âcres.

— Mais a-t-elle trouvé le sol ? Il y a bien souvent de la différence entre les espérances et la réalité.

— Nous avons vu ce jeune homme deux fois, à l’aller et au retour. Il était satisfait. La dernière fois il fut retenu par une chute de neige, et passa quelques jours ici. Il partit avec nous pour New-York, et nous avons eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois l’hiver dernier.

— Maud, vous ne m’avez rien dit de tout cela ! Les visiteurs de cette espèce sont-ils assez communs pour que vous n’en parliez pas dans vos lettres ?

— Je n’en ai pas parlé ! Beulah aura de la peine à me le pardonner. Elle croit sans doute plus que moi M. Evert Beckmann digne de figurer dans une lettre.

— Je le regarde comme un jeune homme honnête et distingué, répondit tranquillement Beulah, mais avec une rougeur inusitée que dissimula l’obscurité, je présume toutefois qu’il lui importe peu d’occuper une place importante dans les lettres de vos soeurs.

— Eh bien, j’apprends des nouvelles, dit le major en riant, et maintenant, Beulah, si vous voulez me confier un secret du même genre relativement à Maud, je serai au fait de tous les mystères de la famille.

— De tous ? répéta Maud avec vivacité. N’y aurait-il rien à dire d’un certain major Willoughby, mon frère ?

— Bien absolument. Mon coeur est rude et sain comme le chêne, et j’espère le conserver ainsi. En tout cas, ce que j’aime est dans cette maison. À vous dire vrai, mes amies, un soldat ne peut guère songer qu’à son devoir, surtout au moment où la querelle devient sérieuse entre la mère-patrie et les colonies.

— Pas assez sérieuse, mon frère, dit Beulah, pour amener des catastrophes. Evert Beckmann écrit qu’il y aura des troubles, mais sans graves violences, sans effusion de sang.

— Si je me le rappelle bien, la famille Beckmann est dévouée au roi d’Angleterre. Quelle est l’opinion de cet Evert ?

— J’ose dire que vous le qualifieriez de rebelle, répliqua Maud en riant. Beulah préfère garder le silence. Il n’est pas exalté, mais il se glorifie du titre d’Américain, qu’il oppose à celui d’Anglais. Mais vous-même, Robert, à quel parti appartenez-vous ?

— Moi, je suis à la fois Américain et Anglais. Américain, parce que mon père était du Cumberland et Anglais, en qualité de sujet du royaume.

— Comme saint Paul était Romain, dit Maud. Quant à moi, je n ai qu’un seul caractère. Ou, si j’en ai deux, ce sont ceux d’Américaine et de citoyenne de New-York. Si j’étais homme, si je portais l’uniforme, peut-être aurais-je aussi de la sympathie pour l’Angleterre.

— C’est trop se préoccuper, ma soeur Maud, d’une mésintelligence peu sérieuse. Les paroles aigres ne peuvent enfanter que des paroles plus aigres encore, tel est l’avis d’Evert Beckmann.

— Puissiez-vous prophétiser vrai ! repartit le major d’un air pensif. La solitude de ce bien m’alarme, et je souhaite qu’on puisse décider mon père à passer plus de temps à New-York. Est-ce dans ses intentions, témoigne-t-il parfois quelque inquiétude ?

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LE BOURREAU

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LE BOURREAU et son héritage

Naufrage, fête au village, traversée du col Saint-Bernard, ses chiens, enlèvement d’enfant, criminels, contrebandiers, voilà ce qui vous attend à travers cette magnifique histoire.
Qu’arrive-t-il à quelqu’un qui a hérité de la charge de bourreau ?
Quelle sorte de vie est-il obligé de subir, à lui et à sa famille ?

L’auteur, qui a aussi écrit le « Dernier des Mohicans » et de nombreux autres, vous entraînera à travers une suite d’émotions et d’aventures qui ne pourront que vous captiver d’un bout à l’autre.

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Un aperçu :

Que faire pour s’en sortir ?

— Signor, dit-il en italien, soulevant son bonnet en signe de respect, nous sommes menacés de voir notre voyage qui a commencé sous d’aussi heureux auspices se terminer d’une manière fâcheuse. J’aimerais mieux voir Votre Excellence et toute cette belle et noble société saines et sauves dans la ville de Vevey.

— Voudrais-tu dire que nous avons autre chose à redouter qu’un retard ?

— Signor, la vie d’un marin est parsemée de chances inégales. Tantôt il nage dans un calme indolent, tantôt il est ballotté entre ciel et terre d’une façon à troubler l’âme la plus robuste. Ma science de ces eaux n’est pas grande, mais le ciel là-haut dans la direction du pic du mont Blanc trahit certain signe qui me troublerait si j’étais sur notre bleue et perfide Méditerranée.

— Qu’en pensez-vous, mon père ? Un long séjour dans les Alpes doit vous avoir donné quelque aperçu de leurs orages.

Depuis sa conversation avec Balthazar, l’Augustin était resté pensif, habitué depuis longtemps à étudier les changements de l’atmosphère dans une contrée où les éléments élèvent leur puissance à la splendeur incommensurable de la nature, il avait été frappé lui-même de ces fâcheux pronostics.

— Comme Maso, je souhaiterais que nous fussions arrivés, répondit-il. La chaleur intense qu’une journée comme celle-ci produit dans nos vallées et sur les lacs, absorbe tellement les principes de l’air, que les masses froides qui se rassemblent autour des glaciers descendent quelquefois des hauteurs comme des avalanches pour en combler le vide.

Le choc est violent pour ceux qui les rencontrent dans les cavités et les interstices des rochers, mais la descente d’une trombe d’air sur un des lacs est un phénomène vraiment effrayant.

— Et croyez-vous que nous soyons menacés en ce moment d’une semblable catastrophe ?

— Je ne sais pas, mais j’aimerais mieux nous en voir à l’abri. Cette clarté surnaturelle là-haut, et ici-bas cette tranquillité profonde qui surpasse le calme ordinaire m’ont déjà fait réciter mes prières.

— Le révérend augustin parle comme un livre ou comme un homme qui a consacré son temps dans son couvent des montagnes à l’étude ou à la réflexion, tandis que les observations que je vous présente ont plutôt pris leur source dans la pratique du marin. Un calme comme celui-ci sera suivi tôt ou tard d’une commotion dans l’atmosphère.

Je n’aime pas cette absence de la brise de terre sur laquelle Baptiste comptait avec trop de sécurité. Ajoutant ce symptôme aux menaces de ce ciel en feu là-bas, je m’attends à voir succéder bientôt à ce silence de la tombe le déchaînement des vents. Il n’est pas jusqu’à Neptune, mon chien fidèle, qui n’ait donné des signes évidents d’inquiétude par la manière dont il cherche à respirer l’air par ses naseaux.

— J’avais espéré être à cette heure en sûreté dans le port. Que signifie ce point lumineux là-bas ? Est-ce une étoile au ciel, ou sort-il du flanc de la montagne ?

— C’est le phare de mon vieil ami Roger de Blonay, s’écrie le baron. Il sait que nous sommes sur cette barque, et il fait allumer son fanal afin d’éclairer notre route.

La conjecture paraissait probable, car pendant le jour le château de Blonay, adossé à la rampe de la montagne qui abrite Vevey contre le nord-est, était resté en vue et Adélaïde l’avait montré à Sigismond comme le lieu où l’attendait le repos du voyage.

Le signor Grimaldi apprécia la gravité des circonstances. Il appela auprès de lui ses amis, et leur communiqua les appréhensions du marin et de Maso. Il n’y avait pas dans toute la Suisse un homme plus brave que Melchior de Willading, et pourtant les sombres prédictions du Génois produisaient dans tout son être un tremblement nerveux.

— Ma pauvre faible Adélaïde, dit-il fléchissant sous sa tendresse paternelle, que deviendra cette fleur fragile exposée à la tempête sur une barque découverte ?

— Elle sera avec son père et les amis de son père, répondit la jeune fille, à laquelle quelques paroles surprises par intervalles avaient révélé le sujet de leurs inquiétudes. J’en ai assez entendu pour comprendre que nous pourrions être dans une meilleure situation. Mais ne suis-je pas avec des amis éprouvés ? Je sais déjà ce dont est capable le herr Sigismond pour sauver mes jours, et advienne que pourra, nous sommes sous la sauvegarde de celui qui ne nous laissera pas périr sans se rappeler que nous sommes ses enfants.

— Cette jeune fille nous fait honte à tous, dit le signor Grimaldi. Souvent les êtres les plus fragiles deviennent les plus forts et les plus résolus lorsque les plus orgueilleux commencent à désespérer. Mais n’exagérons pas les causes de nos craintes, qui peuvent après tout passer comme tant d’autres dangers menaçants et nous laisser pour quelques minutes de frayeur des heures de repos et de joie.

— Dites plutôt d’actions de grâces, s’écria le moine, car l’aspect des cieux devient de plus en plus effrayant. Toi qui es marin, mon fils, n’as-tu rien à nous opposer ?

— Nous n’avons d’autres ressources que dans nos rames, mon père, et encore, pour en avoir trop longtemps retardé l’usage, elles ne nous seraient actuellement d’aucun secours. Avec cette barque qui plonge dans l’eau jusqu’aux bords, nous ne pourrions gagner Vevey avant l’orage.

— Mais nous avons les voiles, répliqua le Génois. Elles pourront au moins nous servir lorsque le vent va s’élever.

Maso secoua la tête sans répondre. Après une courte pause, qu’il employa à étudier plus attentivement le ciel, il se dirigea vers l’endroit où le patron était endormi et le secoua rudement.

— Allons, Baptiste, debout ! On a besoin de tes conseils et de tes ordres.

Le propriétaire de la barque, engourdi, se frotta les yeux et se souleva lentement.

— Pourquoi me réveiller, Maso ? Il n’y a pas un souffle d’air. Tu devrais savoir qu’à celui qui travaille, il faut du repos.

— C’est possible. Mais regarde le ciel et dis-nous ce que tu en penses. Crois-tu qu’il y ait assez d’étoffe dans ton Winkelried pour résister à un orage comme celui qui se prépare ?

— Tu parles comme une poule timide qu’effraie le bruit de ses propres poussins. Le lac ne fut jamais si paisible ni la barque plus en sûreté.

— Ne vois-tu pas cette lueur qui brille au-dessus de la tour de ton clocher de Vevey ?

— Oui, c’est une belle étoile et d’un heureux augure pour le marin.

— Idiot ! c’est une flamme rouge qui brûle dans le phare de Roger de Blonay. On commence à s’apercevoir là-bas que nous sommes en danger, et le signal nous invite à ne pas perdre de temps.

— Cet homme est pétrifié, continua Maso se retournant vers la société. Il ne veut pas voir ce qui n’est plus un doute pour personne.

Un long éclat de rire partant de l’avant vint contredire l’opinion de Maso et prouver combien il est facile aux ignorants de conserver leur sécurité, même quand ils touchent à leur perte.

La nature parut saisir ce moment pour lancer un de ses premiers avertissements à la portée des intelligences les plus vulgaires. La voûte entière des cieux était voilée, à l’exception du point déjà mentionné qui dominait les torrents écumeux du Rhône.

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Colorier

Colorier

Oui, c’est la suite de Colorer sa vie.
Je veux vous faire part de mes essais avec ces fameux crayons à colorier.

D’abord mon essai avec les crayons Faber-Castell Germany Polychromes à 2.50$ du crayon individuel (ou 280$ pour 160 crayons dans sa boîte de métal). Ils sont fantastiques ! Rien ne peut les égaler assurément. De type « oil » et dureté 2B. Même à faible intensité, la couleur y est à plein.
Voici à quoi ils ressemblent :

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La qualité que je vous offre sur le site  est semblable à la première, mais sans la boîte de métal. La qualité est excellente. De type « oil » et dureté 2B de qualité Artist. La boîte de Faber-Castell est rouge et l’image pour cette meilleure qualité est une bataille de chevaliers. À ce prix offert ici de 1$ du crayon, c’est un excellent choix. Ils sont beaucoup plus dispendieux en magasin. Ils remplacent en mieux la qualité de nos Prismacolor de l’époque.

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Faber-Castell possède aussi la qualité équivalente à nos fameux Prismacolor. La boîte est rouge avec l’image d’un château. De type « oil » et dureté 2B. Ils s’appliquent tellement bien…

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Cette compagnie allemande produit maintenant ses crayons dans 9 pays différents. Ils s’assurent de leur qualité avant d’y apposer leur nom. Je soupçonne que ceux (oil, de dureté 2B) que l’on retrouve dans une boîte métallique ne sont fabriqués qu’en Allemagne.

Une autre particularité de ces crayons : ils ne sont pas ronds et ne tombent plus de la table sur laquelle on est installé pour colorier.

Juste en-dessous de cette qualité, j’ai découvert la marque Omer de Serres, avec son grand spécial : 60 crayons pour 25$. Je ne sais pas quel sera son prix normal. Ils sont vraiment bien, glissent et colorent bien. C’est le meilleur choix, même s’ils sont de catégorie étudiants. Les meilleurs que l’on puisse trouver à ce prix, à mon avis.

Viennent ensuite les Prismacolor Premier. Je ne suis pas certaine que la qualité soit uniforme d’une boîte de métal à l’autre. Ils sont dispendieux et les prix varient énormément, d’où mon incertude sur la qualité.

Pourquoi ceux fabriqués au Mexique et surtout au Japon sont plus dispendieux que ceux fabriqués en Chine ? Est-ce le même produit ? Ou n’est-ce que la boïte ? Je ne peux pas encore répondre à cette question.

Mais, ce sont probablement de bons crayons à colorier. Mais on ne trouve aucune indication s’ils sont des 1B ou 2B, d’où probablement la différence de prix entre eux.

Mais, vous ne serez pas satisfaits avec les Prismacolor Scholar, malgré son faible prix. Ceux-ci font perdre la crédibilité de la marque Prismacolor, à mon humble avis.

En conclusion, j’aimerais vous dire que je trouve bien dommage qu’on achète de nouveaux crayons à colorier de peu de qualité à chaque nouvelle année scolaire. J’ai gardé mes Prismacolor pour toute la durée de mes études. Ils étaient chers à l’époque, mais ils sont encore adéquats. De plus, ils m’ont sûrement permis de développer mes habiletés artistiques.

De bons outils aident grandement à faire du bon travail, et cela quelque soit la sphère d’activité. Alors, je vous souhaite de vous amuser en retrouvant ces petits plaisirs. 🙂

Jetez-y un oeil :

La Sorcière des Eaux

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La Sorcière des Eaux

ou L’Écumeur des mers

de Fenimore Cooper

 

De la contrebande par bateau, provenant d’Italie, de France ou d’Espagne.

Maintenant sur les côtes de l’Atlantique près de New York.

À une époque où le commerce en était à ses débuts, et que la reine Anne d’Angleterre ne permettait que les produits provenant d’Angleterre.

Ce qui vous attend ? Batailles navales, enjeux politiques, étrangers-contrebandiers et romance, bien sûr.
Fénimore Cooper est aussi l’auteur du Dernier des Mohicans, La Prairie, L’Ontario, L’Espion et bien d’autres.

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Qui se permet de m’épier ?

— Le visage d’un homme est le livre de loch de ses pensées, et celles du capitaine Ludlow semblent agréables ? dit brusquement une voix d’homme pendant que le jeune marin se livrait à la pantomime ci-dessus décrite.

— Qui se permet de m’épier ? dit-il fièrement.

Et il trouva en face de lui l’audacieux matelot qui l’avait bravé le matin même. Maîtrisant son indignation. le capitaine essaya d’imiter le sang-froid de cet étrange personnage, qui, malgré sa condition inférieure, avait quelque chose de réellement imposant.

Il y a, reprit-il, du courage à affronter ses ennemis. Mais il y a de la témérité à provoquer la colère de ses amis.

— Je suis de votre avis, répondit l’homme à la ceinture de cachemire. Mais je ne me crois pas trop téméraire. Le capitaine Ludlow à bord de la Coquette, et protégé par le feu de ses canons, n’est pas le même que le capitaine Ludlow sur une falaise, sans autre défense que ses bras et son courage.

Dans le premier cas, il ressemble à un mât soutenu par des étais, des contre-étais, des bras de vergue et des manoeuvres dormantes. Dans le second cas, c’est le mât seul et nu, ne devant de porter la tête haute qu’à la solidité de ses matériaux. Au reste vous êtes homme à vous passer d’appui quand même les vents souffleraient plus fort que ceux qui gonflent en ce moment les voiles du bac.

À ces mots, Ludlow oublia tout pour ne songer qu’à la Periagua, qui emportait Alida et ses compagnons dans la vaste baie de Rariton.

— En effet, dil-il, ce bateau commence à sentir la violence du vent. Quelle opinion avez-vous du temps, mon camarade ?

— On ne peut juger des femmes et des vents que lorsqu’ils se mettent en mouvement, répondit l’homme au châle. Mais quiconque a consulté aujourd’hui les deux aurait dû préférer le vaisseau la Coquette à ce bac qui danse sur les flots. Et pourtant, la soie flottante que nous voyons dans le bateau nous apprend qu’il y a une personne qui a pensé autrement.

— Vous êtes un homme d’une singulière intelligence, dit Ludlow, et même d’une singulière…

— Effronterie ! reprit l’autre voyant hésiter le commandant. Que l’officier de la reine s’explique franchement. Je ne suis guère qu’un gabier, ou tout au plus un quartier-maître.

— Je ne veux rien vous dire de désagréable, mais je trouve surprenant que vous sachiez que j’ai proposé de conduire cette dame et ses amis à la résidence de l’alderman van Beverout.

— Cela n’a rien de surprenant, puisque j’étais assez près pour entendre et que j’ai même vu plus tard votre physionomie changer comme la conscience d’un député, à l’aspect d’un bout de papier.

— Dont vous ignorez le contenu.

— J’ai pensé qu’il renfermait les ordres secrets d’une dame qui est trop coquette elle-même pour vouloir monter à bord d’un vaisseau du même nom.

— Par le ciel, murmura Ludlow en faisant plusieurs pas sous l’ombre de l’arbre, cet homme a raison dans son inexplicable impudence. Le langage et les actions de la jeune fille sont en contradiction, et je me laisse bafouer par elle, comme un aspirant tout frais sorti du giron maternel. Écoutez, maître… quel est votre nom ?

— Thomas Tiller

— Et bien, maître Tiller, un marin tel que vous devrait éprouver le désir de servir la reine.

— Rien ne me serait certes plus agréable que d’assister une dame dans l’embarras. Mais j’ai des occupations personnelles d’ailleurs. Si elle m’appelait du côté de votre bâtiment, je n’hésiterais peut-être pas à y monter, quoique peu disposé à m’y laisser entraîner par force. Au reste, j’ai la faculté de choisir. Car, si j’en crois mes yeux, ce point blanc qui brille au large est une voile.

— C’est possible, reprit Ludlow après avoir examiné l’horizon. On a des raisons pour attendre sur les côtes un navire qu’il sera bon de surveiller, et peut-être est-ce lui qui arrive.

— Serait-ce donc un pirate ? demanda Tiller avec curiosité.

— À peu près, répliqua le capitaine. C’est au moins un contrebandier. Puisque vous avez navigué si longtemps sur l’Océan, la réputation de l’Écumeur de mer doit vous être connue.

— Non en vérité, dit l’homme au châle. Je viens depuis peu d’une mer lointaine, où l’on m’a raconté beaucoup d’histoires de boucaniers. Mais je n’avais pas entendu le nom de ce corsaire avant de causer avec le maître du bac. Votre Honneur daignera t-il nous donner quelques renseignements au sujet de ce commerçant illégal ?

 

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