Le Grand Meaulnes

Voici comment Alain-Founier voyait le grand Meaulnes : Meaulnes, le grand Meaulnes, le héros de mon livre est un homme dont l’enfance fut trop belle. Pendant toute son adolescence, il la traîne après lui. Par instant, il semble que tout ce paradis imaginaire qui fut le monde de son enfance va surgir au bout de ses aventures, ou se lever sur un de ses gestes. Mais il sait déjà que ce paradis ne peut plus être. Il a renoncé au bonheur. Il est dans le monde comme quelqu’un qui va s’en aller. C’est là le secret de sa cruatuté. Il découvre la trame et révèle la supercherie de tous les petits paradis qui s’offrent à lui. Et le jour où le bonheur indéniable, inéluctable, se dresse devant lui, et appuie contre le sien son visage humain, le grand Meaulnes s’enfuit, non point par héroïsme mais par terreur, parce qu’il sait que la véritable joie n’est pas de ce monde. Extrait d’un lettre écrite à Jacques Rivière par Alain-Fournier le 4 avril 1910. En voici un extrait : INTRODUCTION Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189… Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne…